John, officier de carrière dans la Marine, revient chez lui à
Noël. A la gare, il attend sa femme et son enfant, mais ils n'arrivent
pas. Un terrible accident est survenu et l'enfant n'a pas survécu.
Pour surmonter cette épreuve, le couple décide de partir
en mer sur un voilier. L'occasion, espèrent-ils, d'oublier un
peu la tragique mort de leur enfant. Mais leur solitude est bientôt
troublée par la survenue d'un étrange bateau.

On est surpris par les premières
minutes du film, qui montrent des images qu'on n'a pas coutume de voir
au cinéma. La mort de l'enfant fait froid dans le dos, le décor
est posé, on s'attend à passer un moment difficile. En
effet, l'ambiance du début tend à mettre le spectateur
dans le bain tout de suite : ça ne va pas être tendre.
On sait d'ores et déjà qu'il va se passer quelque chose
de terrible, lorsqu'on voit John à la gare, cherchant du regard
son épouse qui n'arrive pas et constatant que deux policiers
viennent à sa rencontre. La scène suivante se passe à
l'hôpital, comme dans un mauvais rêve. John, accompagné
d'un médecin, traverse les couloir jusqu'à une pièce
où il découvre sa femme, grièvement blessée.
Ensuite, un flash-back dans la mémoire de Rae nous la montre
au volant de sa voiture, sous une pluie battante, poussant la chansonnette
à son enfant, installé à l'arrière. Le drame
survient de manière crue et choquante. On s'arrête là,
pour retrouver le couple en pleine mer, tentant de vaincre son désespoir
en se ressourçant dans l'immensité de l'océan pacifique.

On ne manquera pas de remarquer
la maîtrise de Billy
Zane dans ce thriller pour le moins inquiétant. Il abuse
de son sourire parfait et de sa gueule d'amour et se transforme à
l'envi, dans la seconde, en fou dangereux, ceci avec une aisance redoutable.
Ce qui est étonnant, c'est qu'on se laisse souvent attendrir
par la fragilité qui se dégage du personnage, oubliant
presque les atrocités dont il s'est rendu coupable. C'est le
cas par exemple dans la scène où il voit Rae en larmes
: il est particulièrement tendre avec elle, ses gestes se font
extrêmement doux, ce qui contraste incroyablement avec la sauvagerie
dont il a fait preuve seulement quelques secondes plus tôt.

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L'idée originelle
de ce film n'est pas sans rappeler celle de THE HITCHER, où
un homme, mû par on ne sait quelle pulsion, assassine froidement
toutes les personnes qui se mettent en travers de sa route alors qu'il
semble lier une étrange relation avec celui qui l'a pris en auto-stop.
La motivation n'existe pas de façon explicite. Ici, on comprend
vaguement que ce qui a servi de détonateur à cette violence
est l'humiliation qu'il aurait subie pendant sa croisière. En
effet, le photographe n'hésite pas à le remettre à
sa place en public, devant les ravissantes jeunes femmes qui participent
au voyage. On sent qu'il ne supporte pas d'être la risée
de l'équipe, que son ego en prend un coup. Le résultat
est là : un homme qui passe "de l'autre côté",
subitement, comme ça arrive parfois, sans qu'il y'ait de véritable
raison, sans que l'entourage en voie, en tous cas.
On ne manquera pas de remarquer
que le fil conducteur du scénario consiste à démonter
le mécanisme qui pousse un homme à commettre les pires
actes. Combien de personnes ayant subi des vexations sont devenues des
forcenées, lorsqu'elles ne se sont pas purement et simplement
donné la mort ? Qu'est ce qui pousse un bon père de famille
à tuer sauvagement femme et enfants, un soir comme tous les autres
soirs, en rentrant chez lui ? Doit-on chercher une explication rationnelle
à de tels actes ? Dans DEAD CALM, on devine plus qu'on
ne voit réellement ce bouleversement, grâce à la
vidéo tournée sur l'Orpheus. Les images sont saccadées,
entrecoupées de plans sur le visage effaré de John, qui
réalise plus ou moins ce qui s'est passé sur le bateau.
Les voix de la vidéo sont indistinctes, on perçoit des
rires, des cris, tout ceci créant une sorte de malaise chez le
spectateur, qui ne découvre que par bribes les raisons qui ont
poussé Hughie à quitter cet endroit. Clairement, ce dernier
fuit ses actes, mais il est poursuivi par ces horreurs qu'il a commises,
il veut fermer les yeux, il se saoule de musique, il danse, comme pour
exorciser ce passé si proche. Il veut aller très loin,
tout recommencer, repartir à zéro, comme il le dit à
Rae.

Ce huis-clos est rendu encore
plus inquiétant grâce à la musique de Graeme
Revell et à une mise en scène maîtrisée
dont les images sont retranscrites fidèlement sur ce DVD. L'un
des meilleurs films de Phillip
Noyce, marquant le début de l'ascension de Nicole
Kidman au rang de star.
Nadia
Derradji
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