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 FILM INFOS

 Titre original

 ILS

 Autres titres

 THEM

 Année

 2005

 Nationalité

 France

 Réalisation

 David Moreau
 Xavier Palud

 Scénario

 David Moreau
 Xavier Palud

 Musique

 Ren-Marc Bini

 Acteurs

 Olivia Bonamy
 Michael Cohen
 Adriana Moca
 Maria Roman {1}
 Camelia Maxim
 Alexandru Boghiu

 

 DVD INFOS

 

Editeur

Format Disque

Double Couche

Durée

74 minutes

Format Image

Format Sonore

Francais

Francais

Francais

Sous-titrages

English

 

 SUPPLEMENTS

 •Making Of (26mn42)
 • La Torture de Clémentine (7mn13)
 • Rencontre avec René-Marc Bini (10mn16)
 • 19 juillet 2006 : ILS arrivent au cinéma (3mn08)
 • Galerie d'affiches

 

 ON AIME

• Un film réellement stressant !
• Une vraie réussite à la française

 ON N'AIME PAS

• Jaquette erronée

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 ILS

 

Clémentine et Lucas se sont installés en Roumanie pour raisons professionnelles. Clémentine enseigne le français dans un lycée de Bucarest alors que Lucas peut travailler sur son roman. Perdu au milieu des bois, ils vivent paisiblement dans une grande demeure. Mais, une nuit, d'étranges événements vont les plonger dans l'horreur...

Photo : ILS

Il y a des films sur lesquels on ne serait pas prêt à parier. Et d'ailleurs, la sortie de ILS dans les salles françaises en plein été 2006 ne l'a sûrement pas aidé non plus à se faire des amis. De surcroît, il s'agit d'un film tourné en DV ce qui a dès le départ un côté repoussoir surtout dans le domaine du Cinéma Fantastique. Un format qui a poussé pas mal de journalistes à comparer le film de David Moreau et Xavier Palud au PROJET BLAIR WITCH. D'autant plus dommageable car les deux français ont pondu un film avec une véritable mise en scène ce qui n'est pas du tout le cas du projet marketing de Eduardo Sanchez et Daniel Myrick. Autre casserole d'a priori que doit traîner ILS, la seule présence de deux acteurs pour combler sa durée. Autant dire que ILS part mal !

Photo : ILS

Et pourtant, ILS est une grosse claque. Oui, une claque, une vraie ! Car le film de David Moreau et Xavier Palud atteint ses objectifs. C'est à dire nous coincer face à leur film qui va nous transmettre stress et frissons durant une grande partie de sa longueur. Pour arriver à un tel résultat, il faudra compter sur plusieurs paramètres. Le premier, c'est le spectateur lui même qui ne peut être insensible à une situation déjà vécue. Celle de se retrouver seul et isolé en pleine nuit dans une maison en rase campagne alors que des bruits environnants provoquent un inévitable sentiment paranoïaque. Ajoutons à cela l'idée d'une intrusion inconnue à l'intérieur de son propre chez soi, cocon en apparence sécurisé. Voleur ? Fantômes ? Qu'importe, tant que la menace reste invisible ou intangible, l'imagination fonctionne à plein régime nous ramenant au plus près de nos peurs enfantines !

Photo : ILS

Mais cela ne suffit pas. D'autres cinéastes s'essaient sans arrêt à jouer avec nos peurs au cinéma sans parvenir pour autant à déclencher le stress ou des sueurs froides chez le spectateur. Ici, la machine fonctionne à plein régime et c'est assurément à cause de sa réalisation et de son scénario. Ce dernier est simpliste et linéaire, aucun oripeaux inutiles ne viendra biaiser l'idée d'origine. Nous sommes en plein exercice de style sur la peur au cinéma, maîtrisé avec talent par les deux cinéastes français. Pour parfaire le tout, les images sont accompagnées d'une musique très inquiétante de René-Marc Bini qui se mêlent à une ambiance sonore très travaillée. Alors, bien sûr, ILS ne fonctionne pas à l'originalité mais à la pure efficacité renforcée par l'image brute du tournage vidéo. La seule ambition de ILS est de vous foutre la trouille et il faut reconnaître que cela fonctionne !

Photo : ILS

ILS connaît tout de même une petite baisse de régime dès que ses personnages s'éloignent de la maison. Un peu comme si la suppression des murs venait retirer une part de l'oppression qui caractérisait jusqu'ici le film. C'est aussi un peu le cas lorsque le «Ils» est révélé ce qui enlève toute trace de mystère à une menace qui prend des allures très définies mais pas forcément moins inquiétante. S'il y a bien une baisse de régime, le film retrouvera assez vite du nerf en enfermant une nouvelle fois ses protagonistes dans un lieu clos. Il est amusant, au passage, de constater que la seule grande scène de frousse du PROJET BLAIR WITCH avait lieu à l'intérieur d'une tente alors que le reste du métrage se déroulait en pleine forêt. Le secret serait il tout simplement d'enfermer ses personnages pour distiller la peur ? Ce serait trop simple et, surtout, cela viendrait enlever du mérite face au travail accompli par David Moreau et Xavier Palud.

Photo : ILS

ILS met en avant deux personnages qui auront la tâche d'être à l'écran, quasiment seuls, une bonne partie du film. Une tâche assez difficile à assumer mais Olivia Bonamy et Michaël Cohen relève le défi sans aucun problème en prenant leur tâche au sérieux. Ainsi, l'interprétation s'avère plutôt juste et évite toutes formes de cabotinage. A ce niveau, nous sommes carrément loin du très moyen BLOODY MALLORY, dans un registre totalement opposé il est vrai, où Olivia Bonamy bottait le derrière de vilains démons. Toutefois, si les deux acteurs sont mis en avant, il ne faudrait pas non plus oublier que ILS place aussi à l'image d'autres acteurs, la plupart pris directement sur le lieu de tournage, à savoir en Roumanie.

Photo : ILS

Bien que le film ait été tourné en vidéo, le cadrage cinéma est en format large (2.35). Cela s'avère assez surprenant puisque ce format cinéma, type CinémaScope, paraît assez antinomique avec l'aspect brut de la vidéo. En tous cas, le transfert du film sur DVD a dû poser pas mal de problèmes. En effet, les fourmillements de tous les instants de l'image n'ont pas dû aider la compression. Si l'on notera des défauts, il sera donc assez difficile de trancher pour savoir s'il s'agit d'un problème dû à la source d'origine ou bien à des défauts numériques qui se sont invités au moment de compresser l'image. L'un dans l'autre, cela n'est pas bien grave puisque le résultat est réussi et retranscrit cet aspect brut de l'image un peu comme cela pouvait se ressentir, à leurs façons, sur des films à petit budget tournés en 16mm dans les années 70.

Photo : ILS

Dès que l'on s'intéresse à la partie sonore, on se rend compte que la jaquette est carrément erronée. Il n'y a pas deux pistes sonores sur le DVD mais trois. On peut ainsi trouver une piste DTS (en 5.0 très efficace) non indiquée sur la jaquette en plus des pistes Dolby Digital 5.1 et stéréo. Toutes les trois sont en français et on recommandera l'usage, à fort volume, du DTS ou du Dolby Digital 5.1 pour profiter pleinement du travail accompli sur les pistes sonores. Une grande part de l'ambiance flippante du film vient en effet de sa bande sonore. Autre oubli de la jaquette, le disque propose un sous-titrage anglais qui, espérons le, donnera un surplus de vente à l'exportation pour ce DVD.

Photo : ILS

La section des suppléments propose son lot de vidéo en tout genre. Cela commence par un Making Of qui donne la parole aux deux réalisateurs mais aussi aux acteurs le tout entrecoupé d'images de tournage. On retrouve d'autres images de tournage dans un segment particulièrement dédié à une scène du film («La Torture de Clémentine»). Même si découvrir l'envers du décor est intéressant, le résultat est un peu décevant. L'interview de René-Marc Bini s'avère un peu plus passionnante puisque le compositeur y explique sa méthode de travail. Ensuite, on peut suivre les deux réalisateurs durant la première journée de sortie du film dans les salles françaises. Trois petites minutes qui nous révèles l'attente des chiffres de fréquentation des cinéma lors de cette première journée généralement décisive. Enfin, on peut encore visionner la bande-annonce mais aussi les projets d'affiches du film ainsi que celles utilisées dans d'autres pays. On aimerait voir cela bien plus souvent. Par contre, ce que l'on aimerait voir moins souvent, ce sont les jaquettes qui annoncent n'importe quoi (spécificités audios incomplètes et sous-titrage non précisé).

Antoine Rigaud

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