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 FILM INFOS

 Titre original

 MARTIN

 Année

 1978

 Nationalité

 Etats-Unis

 Réalisation

 George A. Romero

 Scénario

 George A. Romero

 Musique

 Donald Rubinstein

 Acteurs

 John Amplas
 Lincoln Maazel
 Christine Forrest
 Elayne Nadeau
 Tom Savini
 Sarah Venable
 George A. Romero

 

 DVD INFOS

 

Editeur

Wild Side

Format Disque

2 DVD

Durée

91 minutes

Format Image

Format Sonore

English

Francais

Sous-titrages

Francais

 

 SUPPLEMENTS

 •ù2Commentaire audio de George A. Romero
 • Entretien avec George A. Romero (18mn30)
 • Entretien avec Olivier Père (12mn20)
 • Tournage de Martin : Souvenirs (9mn26)
 • George A. Romero vu par...£
 • Alain Schlokoff et Jean-Baptiste Thoret (26mn30)
 • Thierry Frémaux (16mn34)§
 • Galeries photos
 • Bande-annonce et Spot TV
 • Filmographie de George A. Romero

 

 ON AIME

• Une réussite de George Romero

 ON N'AIME PAS

• Nous aurions préféré le film dans son cadrage 1.33
• Nous aurions aimé disposer, en plus, de la piste anglaise mono d'origine

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 Bande-annonce

 
 MARTIN

 

Si le succès LA NUIT DES MORTS-VIVANTS vaut à son jeune metteur en scène George Romero une grande renommée, la suite de sa carrière n'est pas jouée d'avance. Suite à un imbroglio juridique, le film ne lui rapporte pas réellement d'argent. Il tourne alors un drame (THERE'S ALWAYS VANILLA) et deux films plus orientés vers le fantastique : SEASON OF THE WITCH (titre DVD français) et LA NUIT DES FOUS VIVANTS. Aucun d'entre eux ne marche commercialement…

Photo : MARTIN

En 1972, George Romero s'associe au producteur Richard Rubinstein avec lequel il forme Laurel Group, une compagnie indissociable de la carrière du metteur en scène - jusqu'au milieu des années 80 en tous cas. Au sein de cette firme, Romero commence par produire une série de documentaires nommée "THE WINNERS", dédiée à des sportifs célèbres et destinée à la télévision. Ce n'est qu'en 1977 qu'il se remet à tourner un film pour le cinéma : MARTIN...

Romero doit à nouveau composer avec un budget de série B et tourner dans la ville de Pittsburgh où il travaille depuis des années. Le film se fait en 16mm et il donne leur chance à plusieurs personnes qui vont devenir ses collaborateurs réguliers jusqu'au JOUR DES MORTS-VIVANTS - et jusqu'à son échec, échec qui provoquera une rupture réelle dans sa carrière.

Photo : MARTIN

Ainsi, nous rencontrons dans MARTIN un jeune comédien nommé Tom Savini, lequel propose à Romero de s'occuper aussi des effets spéciaux sanglants. Tom Savini deviendra sans doute le plus célèbre des maquilleurs "gore" de l'histoire du cinéma par la suite ! Romero confie la caméra à un débutant nommé Michael Gornick, lequel sera son chef-opérateur attitré pour plusieurs années. L'actrice Christine Forrest, qui joue la cousine de Martin, deviendra madame Romero. Le compositeur Donald Rubinstein, dont c'est la première composition professionnelle, collaborera encore par la suite avec le metteur en scène... Le comédien John Amplas, repéré dans un théâtre de Pittsburgh, reviendra régulièrement dans ses films. Bref, MARTIN marque le début d'une "famille Romero" soudée autour de la compagnie Laurel, famille qui va rester unie jusqu'au milieu des années 80, nous offrant des titres classiques tels que ZOMBIE, CREEPSHOW ou LE JOUR DES MORTS-VIVANTS...

Photo : MARTIN

Martin, un adolescent timide, agresse des personnes isolées, leur injecte un sédatif puis les tue en les vidant de leur sang ! Sang dont il se sustente goulûment ! Grâce à un modus operandi soigneusement élaboré, il ne s'est jamais fait capturer par la police. Mais l'oncle de Martin est convaincu que le jeune homme est un vampire, espèce répandue au sein de leur famille. Il accueille le jeune homme dans sa maison et envisage de l'exorciser...

Photo : MARTIN

MARTIN met donc en scène un vampire des temps modernes, un personnage buvant du sang humain. Le jeune homme est convaincu qu'il a besoin de s'en abreuver pour survivre et nous annonce même qu'il a 84 ans, quand bien même il paraît en avoir moins de vingt ! Toutefois, nous ne sommes plus à l'ère de la Hammer. Certains films comme ROSEMARY'S BABY, L'EXORCISTE ou LA NUIT DES MORTS-VIVANTS ont bouleversé les codes de l'épouvante gothique, faisant basculer ses grandes mythologies dans un cadre réaliste. Avec MARTIN, Romero fait de même. Toutefois, il ne s'agit pas de prendre un vampire classique et de lui faire vivre des aventures dans les années 70, comme cela pouvait être le cas avec DRACULA 73, BLACULA et autres COUNT YORGA, VAMPIRE. Romero dépasse le simple changement de décor et porte un regard nouveau, acerbe sur le mythe des buveurs de sang...

Photo : MARTIN

En effet, MARTIN nous apparaît comme un vampire pathologique. Son reflet apparaît dans les miroirs, il ne craint pas les crucifix. Il ne s'agit donc pas d'une créature surnaturelle… Il est en fait un être traumatisé par les superstitions de son entourage, et notamment celles de son oncle. Leur famille, émigrée d'Europe, a apporté aux Etats Unis ses croyances et ses mythologies irrationnelles. Martin, personnage timide et renfermé, se replie alors sur ces superstitions pour se forger son identité, identité vampirique qu'il va même exhiber dans des shows radios auquel il participe par téléphone - anonymement bien sûr…

Tout cela impliquerait que MARTIN ne soit pas vraiment un vampire, mais plutôt un fou. Théorie vers laquelle se tourne volontiers George Romero depuis la sortie du film. Pourtant, il a aussi avoué que, durant le tournage de MARTIN, il ne savait pas trop lui-même si ce personnage était ou non vraiment un vampire... Les deux solutions restent possibles, et c'est au spectateur de se faire son idée, selon sa sensibilité et son point de vue.

Photo : MARTIN

MARTIN est aussi et avant tout un film d'ambiance, un film dont se dégage une atmosphère poétique et urbaine des plus insolites. La ville où habite l'oncle est une friche industrielle désolante, surmontée par des clochers d'église anachroniques et les cheminées des usines abandonnées. Tout le monde semble y vivre dans la tristesse. Martin ne parvient à faire l'amour qu'à des femmes qu'il a préalablement endormies. Les autres couples "classiques" qu'il rencontre sont en fait en crise, malheureux ou sur le point de se séparer. Les hommes ne parviennent pas à trouver de travail et ne songent qu'à quitter cette zone industrielle abandonnée.

En fin de compte, dans cet environnement sordide, Martin, quand bien même il est un criminel se livrant à des meurtres particulièrement odieux, nous fait pitié. Coincé entre le passé culturel de sa famille, qui ne voit en lui que l'héritier d'une lignée maudite, et un avenir glauque, pour ne pas dire une absence d'avenir, il tente d'exister comme il peut. C'est-à-dire mal… Fragile, sensible, mélancolique, Martin nous paraît la victime la plus à plaindre du film. Et sans doute est-ce la vraie réussite de ce long métrage : tracer le portrait de ce garçon solitaire et en mal d'amour. La mise en scène et le travail d'écriture de George Romero, comme toujours soignés et imaginatifs, participent à la précision de ce portrait. Mais la belle musique triste de Donald Rubinstein joue aussi un rôle très important dans l'atmosphère de MARTIN et dans la définition de son personnage principal. Surtout, l'interprétation rêveuse de John Amplas, parfait équilibre entre ironie et spleen, s'avère très au-dessus de ce que nous croisons en général dans les séries B américaines. Il trace un portrait de vampire inédit et attachant, et fait de Martin un personnage devenu emblématique au sein du cinéma vampirique...

Certes, à force de vouloir préciser le contexte social et familial de son personnage, MARTIN s'avère parfois monotone, bavard. Il affecte une lenteur qui pourra révulser certains spectateurs. Néanmoins, Romero fait aussi preuve d'un vrai talent de mise en scène lors des séquences de suspens et d'agression : le premier meurtre dans le train, ou l'attaque du couple adultère, longue séquence au cours de laquelle Martin met implacablement au point son piège, piège qui se referme impitoyablement sur ses proies…

Photo : MARTIN

Tourné avec très peu de moyens, approchant un sujet difficile, oscillant habilement entre drame, horreur et comédie, MARTIN s'affirme comme une réussite, une réussite que Romero a souvent considérée comme son film préféré parmi ceux qu'il a réalisés. Il est indéniablement son long métrage le plus touchant, le plus humain. En grande partie, répétons-le, grâce à l'interprétation exceptionnelle de John Amplas...

Photo : MARTIN

Wild Side sortant ces jours-ci LAND OF THE DEAD, cet éditeur en profite aussi pour proposer MARTIN, pour la première fois en France, dans une luxueuse édition double DVD. Toutefois, MARTIN est un film appelant des commentaires particuliers, pour des soucis de format d'image. Il a été tourné en pellicule 16mm, format impliquant en principe un cadrage 1.33. Puis il a été gonflé en 35mm pour être distribué en salles. Dans un premier temps, il est sorti en DVD aux USA chez Anchor Bay dans un cadrage 1.33. Ensuite, l'éditeur Lions Gate l'a ressorti cadré en 1.85. En Grande-Bretagne, le film est sorti chez Arrow en 1.33. mais cet éditeur annonce une nouvelle sortie en édition spéciale dans les semaines à venir, édition qui devrait inclure une copie "16/9", donc cadrée aux environs du 1.85.

Photo : MARTIN

Sur le DVD Wild Side, nous trouvons aussi MARTIN en 16/9, cadré en 1.77. Or, il paraît évident, à de nombreuses reprises, que ce cadrage ne correspond pas à celui d'origine. Cela est flagrant dans un plan où nous voyons Martin et son oncle sortir d'un passage en forme d'arcade. Nous pourrions encore citer un autre cadrage suspect : celui où Martin enfonce un pieu dans le cou d'une de ses victimes. A priori, pour nous, le cadrage 1.33 correspond au format correct de MARTIN. Le comparatif proposé ici semble aller dans notre sens : http://dorian.gray.free.fr/phpBB2/viewtopic.php?t=33

En ce qui concerne la qualité de l'image elle-même, elle s'avère bonne. La copie est propre, et, même si un traitement numérique destiné à "nettoyer" l'image de son grain 16mm paraît sensible (noirs un peu bouchés, définition limitée), le film est toujours plaisant à l'oeil.

En bande-son, nous trouvons la version française dans son mixage mono d'origine, ainsi que la version remixée en 5.1. Si, maniaques que nous sommes, nous aurions aussi aimé disposer du mixage mono anglais d'origine, il faut reconnaître que cette piste est excellente, pour ne pas dire très impressionnante au vu des conditions de production de MARTIN. Jamais démonstrative, elle joue avant tout les cartes de la clarté et d'une douceur tonale toujours agréable. Un sous-titrage français est livré, mais il n'est pas amovible. Il s'agit de la seule édition au monde proposant des sous-titres et un doublage en français...

Photo : MARTIN

Pour les suppléments, Wild Side s'est montré généreux, reprenant notamment les bonus du DVD Lions Gate. Nous retrouvons ainsi, dûment sous-titré, le commentaire audio réunissant George Romero, Richard P. Rubinstein, Donald Rubinstein, Tom Savini et Michael Gornick. Une sympathique réunion baignant dans la bonne humeur et, il faut bien le dire, un brin de nostalgie… En tout cas, les informations et les anecdotes sont plutôt nombreuses, et le ton n'est jamais ennuyeux...

Photo : MARTIN

Sur le second disque, dédié au bonus, nous trouvons d'autres suppléments. Provenant aussi du disque américain, la featurette "Tournage de martin - souvenirs" réunit grosso modo les mêmes intervenants que le commentaire et nous propose encore d'autres informations, au pas de charge, durant une dizaine de minutes. Moins directif, nous trouvons un entretien avec George Romero, entretien exclusif à cette édition française et réalisé à l'occasion de sa venue en France pour la promotion de LAND OF THE DEAD. Ce supplément laisse à Romero l'opportunité de s'exprimer plus librement sur la genèse de son film, durant 19 minutes, ce qui en fait un supplément intéressant et complémentaire des bonus américains.

Pour le reste des suppléments, nous tombons dans le travers très français des bonus interrogeant des "spécialistes", des journalistes, universitaires ou autres... Si cette démarche peut se justifier pour un film très ancien, dont les créateurs sont morts depuis longtemps, elle paraît plus discutable en l'espèce. L'équipe de MARTIN étant en grande partie encore bien vivante, elle pourrait nous apporter des témoignages de première main, plus prioritaires à recueillir, nous semble-t-il...

Le premier de ces bonus consiste en un entretien avec Olivier Père, ancien journaliste des "Inrockuptibles" travaillant actuellement à la programmation de la Cinémathèque Française. Il propose, durant 13 minutes, une vision assez globale de la carrière de Romero : monotone, ce supplément sera peut-être utile aux cinéphiles totalement novices dans le cinéma de Romero. Les autres n'y apprendront rien de bien nouveau.

Puis, un bonus met en parallèle les interventions de Jean-Baptiste Thoret (rédacteur en chef de "Panic", et de feu "Simulacres", entre autres) et d'Alain Schlockoff (rédacteur en chef de "L'écran fantastique"). Ce dernier ayant suivi Romero depuis la sortie de LA NUIT DES MORTS-VIVANTS, son témoignage s'avère avant tout intéressant historiquement, riche en anecdotes et en remarques précises sur la carrière du metteur en scène. Thoret travaille plus dans l'analyse, se livrant parfois à des réflexions très globalisante (les références à la théorie du Nouvel Hollywood) et avançant quelques arguments parfois tirés par les cheveux ; mais le propos est passionné, tandis que la plupart de l'argumentation reste pertinente et approfondie. La combinaison des deux témoignages offre en tout cas un bonus suffisamment dynamique pour se suivre sans ennui durant 27 minutes.

Le dernier bonus donne la parole à Thierry Frémeaux, travaillant pour le festival de Cannes, qui a présenté dans ce cadre des extraits de LAND OF THE DEAD en avant-première : 17 minutes d'ennui et de platitude, ressassant des banalités sur Romero, la série B et le cinéma de genre en général... Nous trouvons encore une grande et belle galerie, réunissant de très nombreuses photographies de plateau et de tournage, ainsi que quelques visuels publicitaires. Puis, nous repérons encore une filmographie de George Romero, la bande-annonce du film et deux spots TV (tous au format 1.33).

Photo : MARTIN

Bref une édition qui appelle des commentaires partagés. D'un côté, elle enrichit nettement l'édition américaine parue chez Lions Gate. D'autre part, son interactivité profuse est parfois discutable. Reste, de plus, le problème du cadrage... Malheureusement, aucune édition proposant MARTIN en 1.33 n'offre un doublage ou des sous-titres français. De plus, l'édition anglaise 1.33 disponible chez Arrow risque de bientôt disparaître pour céder la place à une nouvelle édition annoncée en 1.77. La seule manière de se procurer le film en 1.33 risque donc de devenir le marché de l'occasion…

Emmanuel Denis

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