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 FILM INFOS

 Titre original

 HARD

 Année

 1998

 Nationalité

 Etats-Unis

 Réalisation

 John Huckert

 Scénario

 John Huckert
 John Matkowsky

 Musique

 John Huckert

 Acteurs

 Noel Palomaria
 Malcolm Moorman
 Charles Lanyer
 Michael Waite
 Paula Kay Perry
 Alex DePedro
 Bob Hollander
 Steve Andrews
 K.D. Jones
 Ken Narasaki
 Steve Gonzales
 Mitchell Grobeson

 

 DVD INFOS

 

Editeur

REV

Format Disque

Double Couche

Durée

102 minutes

Format Image

Format Sonore

English

Sous-titrages

Aucun

 

 SUPPLEMENTS

 •Commentaires de John Huckert et Noel Palomaria
 • Cinq interviews publiques en Festivals
 • Scènes coupées (18)
 • Audition originale de Malcolm Moorman
 • Bandes annonces
  • Hard
  • Strangers On Line

 

 ON AIME

• Un film tendu
• Une édition richement dotée de bonus

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• Pas de sous-titres

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 HARD

 

La jaquette indique un croisement entre LE SILENCE DES AGNEAUX et CRUISING. Vendeur, certes, mais trompeur. HARD se situe aux antipodes des œuvres des deux cinéastes hétérosexuels (Demme et Fridekin), lorgnant plus du côté du réalisme et de l’ambiguïté que du nauséeux ou du spectaculaire (bien que non dénués d’effets gore !). John Huckert (qui réalise, co-écrit, produit, et monte son film quasi seul) indique s’être inspiré des nombreuses disparitions de jeunes prostitués à Los Angeles qui n’attirent pas l’attention ni des média ni de la police, pour qui ces disparitions et meurtres n'ont que peu d’intérêt. Homosexualité et film de genre (thriller ou horreur) n’est pas une combinaison courante. Le piège était de parler d’un tueur en série gay et de ne pas tomber dans les travers tendancieux du SILENCE DES AGNEAUX et spectaculairement grotesques de CRUISING.

Photo : HARD

Gay et au placard, l’inspecteur Vales (Noel Palomaria, également co-producteur) est fraîchement nommé à Los Angeles dans un commissariat enclin à l’homophobie ambiante. Une série de meurtres abominables a lieu dans les bas-fonds de la ville, sans que personne ne semble s’en soucier. Au hasard de ses rencontres, Vales croise la route et le lit de Jack (Malcom Moorman), un déséquilibré. Le tueur va ainsi faire une fixation sur le flic, connaissant son identité et son secret. Marchant dans la faible ligne entre ordre moral et pulsions personnelles, l’enquête ne progressera qu’avec les provocations du tueur et sa livraison de corps mutilés sous les (beaux) yeux de l’inspecteur.

Photo : HARD

Si le tueur se rend malade des tortures qu’il inflige à ses victimes croyant leur faire le cadeau ultime en les sauvant d’une vie de déchéance, le jeune inspecteur possède lui aussi son chemin de croix. Notamment en butte aux remarques humiliantes et aux agressions homophobes de la part de ses collègues. Deux vies chaotiques mises en parallèle, des deux côtés de l’ordre moral et qui, d’une certaine manière essaient de se sauver l’un l’autre sans jamais y parvenir. Curieusement, le film se pose plus comme une histoire d’amour entre le flic et le tueur. Une lutte d’influences, mêlée de désir de soumission, de violence et de tendresse. Ceci est d'ailleurs parfaitement sensible dans la scène d’amour entre les deux protagonistes.

Photo : HARD

La personnalité du tueur s’avère tout aussi complexe, rendue de manière prédatrice par son interprète, Malcom Moorman. Entre répression de tout sentiment et violence éruptive, il semble incapable de s’attacher à quoique ce soit sauf par manipulation. Il réussit à séduire un père de famille et à le réduire à un simple objet sexuel pour lui servir de couverture et d’asile de manière à commettre ses atrocités en toute tranquillité. Intelligent, il se sent également investi d’une mission de nettoyage et de sauvetage des jeunes âmes à la dérive dans un Los Angeles poisseux. La barrière morale ainsi érigée n’a que peu de valeur quant au duel engagé avec le détective Vales.

Photo : HARD

Doté d’un budget misérable, (100.000 $), la mise en image reflète la pauvreté des moyens mis à disposition, lui donnant parfois la patine digne d’un téléfilm. Ceci est compensé par une mise en scène directe, brutale, au diapason d’un scénario lui aussi riche en thèmes et en ressorts dramatiques. Les éclairages complètent cette brutalité, en offrant des lumières blafardes alternant avec la violence des rouges et bleus dans les scènes nocturnes. Ménageant le suspense doté d’un final inattendu et bienvenu, le film est rythmé par les la découverte des meurtres des jeunes victimes. Mélange de bondage, torture et mutilations en tous genres, le tueur aime la mise en scène ainsi que regarder les forces de police s’agiter autour de la scène du crime. Les meurtres se déroulent tous pratiquement hors champ, là où l’imagination va bon train. Quelques plans gores finaux complètent le tableau. Si la première partie du film s’avère routinière, ne se détachant pas spécifiquement du reste de la cohorte de film sur les tueurs en série sauf sur son aspect politique et social, il n’en va pas de même dès l’agression du détective. Le final, particulièrement baroque, joue la carte du grand guignol et de la violence à tout va.

Photo : HARD

Le film ajoute au réalisme ambiant en faisant jouer un véritable flic, Mitchell Grobeson, qui a la particularité d’être le premier policier gay a être sorti du placard à Los Angeles. Il suggère d’autre part qu’une homophobie intérieure combinée à une hyper masculinité peut mener à des effets dramatiques. Il faut cependant être conscient que pour le spectateur hétérosexuel mâle, la vision de scènes de sexe entre hommes, de viols et tortures décrits dans ce film pourra apparaître parfois choquante. Cette édition contient ainsi la version non coupée (classée NC-17 aux USA).

Photo : HARD

Le nouveau télécinéma réalisé pour l’occasion demeure hélas de qualité médiocre, du certainement à la qualité intrinsèque du support d’origine. John Huckert explique dans les commentaires que les laboratoires De Luxe ont refusé de tirer des copies du film, les employés ayant été choqués du sujet et des images vues, privant ainsi le réalisateur des troisième et cinquième bobines contenant de la nudité masculine et de la violence. Se retrouvant coincé, il se tourna alors vers Technicolor, qui refusa pour le même motif. Finalement ce fut Foto-Kem qui accepta sans ambages, au prix toutefois d’un stock de qualité moyenne. Du grain apparaît ainsi ça et là le long du film, ce qui n’est pas aidé par les séquences nocturnes dont le contraste demeure contestable. Côté sonore, une piste stéréo sur deux canaux offre peu d’intérêt malgré une volonté évidente de créer un espace sonore urbain malsain.

Photo : HARD

Aux regards des bonus présents, on peut aisément dire qu’il s’agit d’une édition complète ! Pas moins de cinq entretiens directs émanant de présentations aux divers festivals où le film fut en compétition (OutFest à Los Angeles, etc). La qualité du visuel est plutôt désastreuse, mais suffisamment intéressante de par son côté pris sur le vif. On y voit par exemple John Huckert et Noel Palomaria violemment pris à parti par un critique révolté par le film, et de réagir de manière plutôt placide.

Photo : HARD

Entre l’intervention d’un policier consultant sur le tournage et celles de John Huckert devant le public, on aboutit à plus d’une heure supplémentaire de renseignements et d'anecdotes précieuses. C’est sans compter les commentaires sur l’autre piste sonore du film, en compagnie du réalisateur, de l’acteur principal et du conseiller technique sur le tournage. Entre bonne humeur, souvenirs de tournage, précisions sur la mise en scène et difficultés rencontrées sur plus d’un an pour boucler le film, ces commentaires ne sont clairement pas passés à la moulinette du politiquement correct (à l’image du film, ceci dit). La promenade des bonus se poursuit par dix-huit scènes coupées (avec ou sans commentaire de John Huckert), deux bandes annonces ainsi que l’audition originale pour le rôle de Jack.

Photo : HARD

Le film ne sortira pas indemne d’une comparaison avec ses illustres aînés comme SE7EN (d’où le choix initial des laboratoires De Luxe pour le tirage des copies !), dont il ne sera que l’ombre. Néanmoins, la nouveauté du propos, la brutalité de la mise en image et l’insistance avec laquelle le réalisateur/scénariste/musicien/producteur met pour souligner son propos à la fois social, politique et policier peut faire la différence.

Francis Barbier

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