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 FILM INFOS

 Titre original

 ZINDA LAASH

 Autres titres

 LIVING CORPSE

 Année

 1967

 Nationalité

 Pakistan

 Réalisation

 Khwaja Sarfraz

 Scénario

 Naseem Rizwani
 Mushir Kazmi

 Musique

 Tassadaque Hussain

 Acteurs

 Rehan {1}
 Habib {1}
 Alauddin
 Nasreen {1}
 Deeba {1}
 Yasmeen {1}
 Asad {1}
 Talish {1}

 

 DVD INFOS

 

Editeur

Mondo Macabro

Format Disque

Simple Couche

Durée

103 minutes

Format Image

Format Sonore

Urdu

Sous-titrages

English

 

 SUPPLEMENTS

 •Commentaire audio de Pete Tombs et Omar Khan Documentaires£
 • South Asian Horror (23mn54)
 • Dracula in Pakistan (12mn28)§
 • Bande-annonce
 • Kahe Peehoo Bole (lost scene audio)
 • Reviving the Corpse (texte)
 • Galerie de photos£
 • Poster & Censor report
 • Colorised Lobby Cards
 • B&W Stills§

 

 ON AIME

• Une rareté exotique et intéressante
• Une excellente édition

 ON N'AIME PAS

• Un film un peu lent, tout de même...

 THE LIVING CORPSE

 ZINDA LAASH

Le docteur Tabani, suite une exprience sur l'immortalit, est devenu un vampire buveur de sang. Lorsque le docteur Aqil vient lui rendre visite, il dcide d'en faire sa proie...

Photo : THE LIVING CORPSE (ZINDA LAASH)

Au vu de ces prmices, on pourrait penser que ZINDA LAASH est un film de vampires comme les autres. Et pourtant, il se singularise par ses origines : il s'agit d'un des rares films d'horreur pakistanais. L'diteur Mondo Macabro nous propose de le dcouvrir (sous le titre anglophone THE LIVING CORPSE) dans une magnifique dition.

Photo : THE LIVING CORPSE (ZINDA LAASH)

En 1947, lorsque l'Inde acquiert son indpendance, une part de son territoire devient un tat musulman autonome : le Pakistan. Si sa capitale est Islamabad, une autre de ses grandes villes, Lahore, alias Lollywood, est un centre de production cinmatographique actif depuis les annes 1920. Le premier film pakistanais, TERI YAAD, y est ainsi tourn en 1948. L'industrie du cinma tente de s'panouir dans ce pays, mais le dynamisme de son colossal voisin indien cause bien des soucis. Pour lutter contre cet impitoyable concurrent, diverses mesures protectionnistes vont tre employes, comme la taxation des films imports, la tentative d'interdire la diffusion des films indiens ou l'imposition d'un quota d'oeuvres pakistanaises diffuses dans les salles (85 pour cent en 1963, par exemple). Qui plus est, les producteurs, manquant de fonds, sont la merci des distributeurs qui leur imposent des formules toutes faites, combinant plagiats de succs trangers ou nationaux, chansons, numros de danse, squences de bagarre, romances et prsence de stars populaires.

Plutt port sur le mlodrame et la comdie, ce cinma ne parat pas, ds lors, prt de s'ouvrir un genre tel que l'pouvante. Toutefois, le succs de PSYCHOSE donne l'lan ncessaire la ralisation du premier film d'horreur pakistanais : DEEWANA, narrant les mfaits d'un tueur psychopathe ayant perc le secret de l'invisibilit. L'acteur Habib incarne le policier charg d'enquter. Habib aura peu aprs l'ide de produire ZINDA LAASH, une autre oeuvre d'horreur, s'inspirant du roman "Dracula" et des films de vampires de la Hammer, qui triomphaient travers le monde au cours des annes 1960. Ralis en langue ourdou (langage officiel du Pakistan) par Khwaja Sarfraz, il bnficie d'acteurs clbres dans leur pays, comme Rehan (dans le rle du savant-vampire) ou Alauddin. Certains comdiens de DEEWANA sont nouveau runis : Habib incarne un Van Helsing local ; Nasreen est la fiance vampirique de Tabali ; et Deeba interprte une jeune femme dont la destine mle les ennuis classiques de Lucy Harker et de son amie Mina.

Photo : THE LIVING CORPSE (ZINDA LAASH)

Le docteur Tabani a mis un point un srum qu'il suppose capable de lui procurer l'immortalit. Avant de le consommer, il recommande vivement son assistante de mettre son corps dans un cercueil, dans la cave de la demeure, s'il prit au cours de l'exprience. Effectivement, l'absorption du breuvage le laisse raide mort. Mais, la nuit tombe, il se rvle tre devenu un vampire, un cadavre vivant se nourrissant du sang de ses victimes humaines. Quelques temps plus tard... Le docteur Aqil se rend la demeure de Tabani pour y passer la nuit. Son hte l'accueille courtoisement dans son antre lugubre. Mais, une fois le soir venu, Aqil rencontre l'assistante de Tabani (devenue, elle aussi, une vampire). Elle le sduit par une danse lascive et tente de le mordre. Tabani intervient et chasse la monstresse... pour mieux se repatre lui-mme du sang de son invit. Inquiet de la disparition de son ami Aqil, un jeune docteur explore, en plein jour, la demeure de Tabani et dcouvre les cercueils des vampires. Il avertit la famille de la fiance d'Aqil, et sollicite leur aide pour dtruire le vampire...

Photo : THE LIVING CORPSE (ZINDA LAASH)

De 1945 (LA MAISON DE DRACULA, dernier film d'horreur gothique srieux de la Universal) 1958 (LE CAUCHEMAR DE DRACULA de Terence Fisher, premier film de vampires de la Hammer), le front du vampirisme cinmatographique avait t assez calme. Par contre, le succs international de l'oeuvre de Fisher entrana, durant plus d'une dcennie, la multiplication de suites officielles (LES MATRESSES DE DRACULA et DRACULA, PRINCE DES TENEBRES dans un premier temps), ainsi qu'une profusion d'imitations travers le monde entier. Une pidmie sanglante se dclenche, qui provoque l'apparition de nombreux vampires sur les crans internationaux. Sont atteints : la France (LE VIOL DU VAMPIRE de Jean Rollin...), l'Italie (DES FILLES POUR UN VAMPIRE de Piero Regnoli), l'Allemagne (LE VAMPIRE ET LE SANG DES VIERGES de Harald Reinl...), la Belgique (LES LEVRES ROUGES de Harry Kumel...), le Japon (LE LAC DE DRACULA...), l'Espagne (MALENKA LA VAMPIRE d'Armando de Ossorio...), la Core du sud (AKKEAH KOTS...)... A cette longue liste, il faut, bien entendu, ajouter des pays ayant lgrement devanc l'appel, ds 1957, comme le Mexique avec LES PROIES DU VAMPIRE ou la Malaisie avec PONTIANAK.

Photo : THE LIVING CORPSE (ZINDA LAASH)

Avec ZINDA LAASH, le Pakistan rentre dans cette ronde de l'horreur, en choisissant l'option la plus classique : une adaptation du roman "Dracula" de Bram Stoker. Que cette transposition ait t officielle est assez douteux (on ne voit aucune mention de l'crivain sur les affiches anglophones d'poque), mais le DVD s'ouvre sur un carton (vido) indiquant bien cette source littraire. Aprs un prologue, dans la tradition classique des films de savants fous, toute une premire partie du film propose sa version de la trs classique arrive de Harker (ici, Aqil) dans l'antre du vampire. Apparemment trs influenc par LE CAUCHEMAR DE DRACULA, ZINDA LAASH va jusqu' en plagier des squences au cadrage prs (l'apparition de Tabani, grand, brun, la cape ferme, comme Christopher Lee ; le combat de fauves entre le vampire et sa fiance...). Ce n'est pas la seule fois que le film de Fisher sera mis contribution, et toutes les scnes horrifiques fortes du mtrage en ont des rminiscences : la dcouverte des cercueils par Aqil ; la visite du vampire la jeune fille ; l'affrontement dans le cimetire ; le dnouement nergique...

Photo : THE LIVING CORPSE (ZINDA LAASH)

Tourn en noir et blanc, ce film voque aussi, bien entendu, le DRACULA de Tod Browning, notamment dans l'usage d'clairages expressionnistes (l'arrive d'Aqil dans la demeure de Tabani). Toutefois, la stylisation de l'ambiance, que ce soit au niveau des dcors, souvent trs dpouills, ou des lumires, globalement assez sobres, parat trs en retrait, et ne cre que l'amorce d'une atmosphre inquitante. La ralisation souvent trs statique, ainsi que l'abus de bavardages (notamment au sein de la famille de la fiance d'Aqil) paraissent vite rbarbatifs et pesants.

Photo : THE LIVING CORPSE (ZINDA LAASH)

Comme dans tous les films populaires indiens ou pakistanais de l'poque, la prsence d'interludes chants et danss, plus ou moins bien insrs l'intrigue, apporte un indniable parfum d'exotisme et une originalit certaine cette production. Dpaysants et rafraichissants, ils ont le mrite de ne pas empiter sur les squences inquitantes. Hlas, ils ont tout de mme tendance ralentir le rythme de ce film, dj assez languide l'origine. Les scnes de terreur sont en gnral assez soignes et parviennent dispenser une ambiance trange et envotante, notamment grce la prsence de Rahen, un excellent vampire dans la tradition de Christopher Lee. Quelques squences d'horreur graphique sont signaler, bien qu'elles soient trs timides. Enfin, la scne d'action finale, aussi invitable dans un film d'Asie du Sud de cette poque que les numros musicaux, est tout fait remarquable. Nerveuse, longue, spectaculaire, elle propose une alternative intressante au duel cinglant du CAUCHEMAR DE DRACULA.

ZINDA LAASH laisse donc assez partag. Elle contient des moments tonnants, propose une interprtation solide et un exotisme dpaysant. Toutefois, sa technique brouillonne, sa faon un peu agaante de dcalquer certains passages de clbres films antrieurs et son rythme lent peuvent irriter. Cette authentique raret a nanmoins sa place dans les collections de tous les passionns de vampires en gnral et de Dracula en particulier.

Photo : THE LIVING CORPSE (ZINDA LAASH)

A sa sortie, ZINDA LAASH connat des problmes avec la censure. Celle-ci retirera d'abord quelques mtres de pellicules (des mouvements de hanche "vulgaires" trois moments danss du film ; et la mention de "Saint-Joseph" dans une scne de dialogue (?!)). Puis, elle affligera le film d'une classification l'interdisant strictement aux mineurs. Ce serait le premier et dernier long-mtrage pakistanais avoir subi cette mesure ! ZINDA LAASH rencontre un beau succs, terrifiant efficacement le public (une femme serait morte de peur au cours d'une projection !). Toutefois cette oeuvre n'aura pas vraiment d'influence sur la suite de la production pakistanaise, les censeurs ayant envoy aux producteurs du pays des lettres dans lesquelles ils dconseillaient vivement toute tentative de faire un nouveau film d'pouvante.

Photo : THE LIVING CORPSE (ZINDA LAASH)

ZINDA LAASH tombe ensuite un peu dans l'oubli. Nanmoins, le journaliste Omar Kahn, marqu dans son enfance par ce film, parvient en retrouver le ngatif en 2001. Celui-ci est restaur, puis une dition DVD sort chez Mondo Macabro (multizone, NTSC), en 2003.

Le film est propos dans son cadrage 1.33 d'origine, en noir et blanc. Outre les coupes de la censure, une scne musicale a t perdue, dont on peut tout de mme consulter, dans les bonus, la piste sonore, repique sur un disque vinyl. Certes, l'image est loin d'tre excellente. La fixit est parfois un peu instable. On note des salets, des cassures, des problmes d'exposition... La compression a tendance s'agiter dans les scnes sombres. Nanmoins, l'ensemble est tout de mme d'une qualit plus que correcte pour un film d'une aussi exceptionnelle raret.

La bande-son est en version originale uniquement, en mono et en langue ourou. Nos lecteurs pakistanais seront ravis d'apprendre que le sous-titrage (anglais uniquement) est amovible !

Photo : THE LIVING CORPSE (ZINDA LAASH)

Le point le plus fort de ce DVD est sans doute l'excellente qualit de son interactivit. Les festivits commencent par un commentaire audio des journalistes Pete Tombs et Omar Kahn. Ce dernier apporte l'essentiel des nombreuses et passionnantes informations, retranscrivant le contexte conomique et culturel de la production et de la ralisation du film.

Photo : THE LIVING CORPSE (ZINDA LAASH)

Un documentaire de 24 minutes, ralis par l'quipe de Mondo Macabro, nous difie sur le cinma d'Asie de sud, en se focalisant sur trois thmes particuliers : les films d'pouvante indiens raliss Bombay dans les annes 1980 ; le cinma populaire pakistanais des annes 1990 ; le cinma mythologique hindouiste d'Inde du Sud la fin des annes 1990. Tout cela n'a que peu de rapports avec ZINDA LAASH, mais c'est tout de mme bigrement passionnant !

Un autre documentaire de 12 minutes runit des interviews rcentes de journalistes, du ralisateur Khwaja Sarfraz, des acteurs Rehan et Habib... propos du film lui-mme. Si certaines informations font un peu double-emploi avec le commentaire audio, il s'agit tout de mme d'un excellent bonus. On trouve encore une courte bande-annonce. Puis, la visite s'achve par une section contenant des textes sur la redcouverte du film et de ses lments ; la chanson de la squence musicale perdue ; des affiches ; des photos de plateau en noir et blanc ; des photos d'exploitation colories ; et mme le certificat de censure du film.

Photo : THE LIVING CORPSE (ZINDA LAASH)

La rdition de ce Dracula pakistanais, dans une dition absolument remarquable, mrite d'tre salue avec enthousiasme. On attend donc avec impatience les prochains DVD de Mondo Macabro, le plus globe-trotter des diteurs cinphiles...

Emmanuel Denis

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