De visite auprès de son oncle, le descendant du Baron Otto Van
Kleist essaye d'en savoir un peu plus sur la malédiction qui
pèse sur celui qui terrorisait la région en son temps.
Armé d'un vieux parchemin, il se met en tête d'aller invoquer
l'âme de son lointain ancêtre en compagnie de la jolie étudiante
qu'il vient à peine de rencontrer.

Après s'être
perdus de vue depuis le tournage de QUANTE VOLTE
QUELLA NOTTE,
un film érotique, Mario
Bava retrouve le producteur Alfredo
Leone pour la mise en chantier de nouveaux films dont GLI ORRORI
DEL CASTELLO DI NORIMBERGA. Malgré son titre, le film n'a
pas vraiment de rapport, en dehors de quelques points communs, avec
LA
VERGINE DI NORIMBERGA réalisé une dizaine d'années
auparavant par Anthony
Dawson (alias Antonio
Margheriti) et plus connu en France sous son patronyme de LA
VIERGE DE NUREMBERG. Au passage, le DVD de GLI ORRORI DEL
CASTELLO DI NORIMBERGA arbore comme titre français un BARON
VAMPIRE qui lui fut donné seulement lors de sa sortie très
anecdotique dans quelques salles provinciales, quitte à semer
la confusion. En effet, un autre film était déjà
sorti en France auparavant avec LE
BARON VAMPIRE comme titre (notez la subtilité du "LE"
!). Le film de Mel
Welles datant de la fin des années 60 quant à lui
exploite d'ailleurs le thème du vampirisme, ce qui n'est pas
du tout le cas du film de Mario
Bava. Finalement, c'est le titre anglais qui se veut le plus proche
de la réalité avec un BARON BLOOD que l'on pourrait
traduire, comme dans le film, par le "Baron Sanguinaire".

BARON BLOOD n'est
pas un film qui innove. Tout au plus, il s'amuse à transposer
à notre époque une histoire où le gothisme baroque
d'un château médiéval est le centre. C'est ainsi
qu'aux détours d'un couloir trône fièrement un distributeur
de Coca Cola ou que le nouveau propriétaire du château
s'empresse d'installer un système sonore pour recréer
les cris des suppliciés d'une chambre des tortures qu'il affectionne
tout particulièrement. De petites notes amusantes qui participent
au charme du film. Toujours dans cette même idée de placer
côte à côte dans un même film les vieilles
légendes et le progressisme contemporain, les personnages principaux
ont bien du mal à avaler cette histoire de malédiction.
D'ailleurs, Peter Van Kleist n'y croit pas vraiment lorsqu'il cherche
à invoquer l'âme du Baron, un peu comme un ado qui s'amuserait
à se faire peur et qui emmènerait au passage sa copine
qu'il vient, ici, à peine de rencontrer. Même son oncle,
un professeur à l'esprit cartésien, réfute cette
idée tout comme le fera la police. Ce n'est que bien plus tard
que les trois personnages principaux seront bien obligés de se
rendre à l'évidence. Le tout n'est pas amené de
façon très subtile mais permet de faire avaler la possibilité
du surnaturel dans une époque contemporaine et donc crédibiliser
le retour du baron sanguinaire auprès du spectateur ! Pas si
bête même si les héros suspicieux à l'encontre
du surnaturel étaient déjà légion au cinéma
et dont on ne pourra s'empêcher de citer celui de l'excellent
RENDEZ-VOUS
AVEC LA PEUR.

Les couloirs sombres d'un
vieux château, les sorcières et les tortures, Mario
Bava connaît ! Et pour cause
Son tout premier film en
tant que réalisateur n'est autre que LE
MASQUE DU DEMON. Une uvre impérissable et chaudement
recommandée ! Le réalisateur italien se cite d'ailleurs
lui-même dans BARON BLOOD avec la résurrection du
baron ou alors le visage d'une victime trouée par une vierge
de fer. Pas beaucoup de surprises à ce niveau-là mais
l'homme connaît bien son affaire et, si le spectacle ne bénéficie
pas d'un scénario mirobolant, il réussit tout de même
à aligner un grand nombre de séquences mises en image
avec un très grand soin (la poursuite nocturne, les jeux de lumière
sur les visages
). Voilà qui est assez suffisant pour redorer
le blason d'un BARON BLOOD qui ne devait sûrement être
à la base qu'un film de commande.

Bloqué dans un fauteuil
roulant, Joseph Cotten
est celui qui réussit à s'imposer le mieux dans BARON
BLOOD. Après être passé devant la caméra
de Orson Welles
(CITIZEN KANE et LA SPLENDEUR DES AMBERSONS, quand même
!), il apparaîtra dans toutes sortes de films aux genres aussi
variés que le drame, le western ou le polar sans oublier le cinéma
fantastique. Dans le genre qui nous intéresse, il tourne pour
Richard Fleischer
(SOLEIL
VERT), Irwin
Allen (LA
CITADELLE SOUS LA MER), Robert
Fuest (L'ABOMINABLE
DOCTEUR PHIBES) ou Sergio
Martino (LE
CONTINENT DES HOMMES POISSONS)... Sans complexe, il passe ainsi
de productions Hollywoodiennes de renom, à la télévision
ou au cinéma Bis européen jusqu'à tourner pour
Ruggero Deodato,
célèbre réalisateur de CANNIBAL
HOLOCAUST, dans S.O.S. CONCORDE, film catastrophe qui
a surtout comme qualité son casting généreux. Pour
en revenir au fantastique, il fera sa dernière incursion dans
le genre avec un rôle minuscule du SURVIVANT
D'UN MONDE PARALLELE.
A ses côtés,
Elke Sommer joue
la touche féminine et sexy. BARON BLOOD ne sera pas sa
seule collaboration avec Mario Bava puisque dès l'année
suivante, il lui propose d'être le personnage central de LISA
ET LE DIABLE. Autre actrice, c'est la sur d'un certain
Ivan Rassimov
(AU PAYS DE
L'EXORCISME
) qui interprète une médium qui
nous vaut d'ailleurs une séquence de spiritisme très réussie
visuellement.
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Vous dire que
l'image proposée sur ce DVD est exceptionnelle serait un mensonge.
L'éditeur qui en est conscient nous prévient d'ailleurs
avec un carton juste avant le film. Quelques défauts de pellicule
font inévitablement leur apparition mais ce n'est pas ce qui
dérange le plus. Image granuleuse à souhait passée
dans un réducteur de bruit, le résultat délivre
quelques passages peu réussis et surtout des mouvements rarement
naturels sur presque l'intégralité du film ! Le rendu
s'aggrave par un contraste assez étrange qui donne souvent l'impression
de regarder une image un peu brûlée.

Vous avez le choix entre
la version anglaise ou la version française. Dans les deux cas,
il ne s'agit pas de versions originales puisque le film a été
post-synchronisé après coup, ce qui est une pratique courante
dans le cinéma italien de cette époque. A cet effet, il
y a un passage dans la version française où la bande sonore
prend de l'avance sur l'image sans que cela ne soit explicable (entre
les chapitre 3 et 4). Ou un autre où se produit une sorte de
décalage donnant l'impression qu'il manque une ligne dite par
Joseph Cotten,
ce qui est présent sur les deux pistes sonores (à environ
[0'50'10]). D'un point de vue qualité, ce sont de toutes façons
deux pistes mono. La version anglaise bénéficie d'une
musique un peu en retrait alors que la version française est
bien plus claire.

Pour les suppléments,
vous aurez le droit à une petite galerie d'affiches suivie d'une
autre où vous pourrez découvrir deux jaquettes vidéo.
A la limite, il n'aurait pas été plus mal de mettre tout
au même endroit, non ?

Les adeptes des tortures
vont être heureux de découvrir des textes sur celles présentées
ou évoquées dans le film. Un peu de patience car sur chacune
d'elle, il faut attendre au moins une trentaine de seconde avant que
le texte ne se mette à défiler et découvrir un
petit texte replaçant la torture dans son contexte historique
puis en citant quelques films la mettant en scène. Les plus impatients
passeront donc à côté en pensant qu'il ne s'agit
que de la reprise d'une séquence du film et rien d'autre !

Dans le genre bonus incongru,
le court-métrage QUE FAIRE QUAND TOUT EST NOIR se pose
là ! Si son titre est une question, je répondrais que
lorsque tout est noir, on arrête son lecteur de DVD et cela nous
évite de se taper les quelques minutes bavardes et dénuées
d'intérêt de ce court. A la limite, nous sommes content
de trouver des courts-métrages sur des éditions DVD mais
dans le cas présent, celui-ci fait un peu tâche car il
n'est ni dans le ton du film et loin d'être aussi joli esthétiquement
parlant qu'un film de Mario
Bava. Alors, que fout-il là ?

Histoire de faire la promotion
du reste de la collection, le DVD contient des extraits de LISA
ET LE DIABLE ainsi que de UNE
HACHE POUR LA LUNE DE MIEL. Vous trouverez aussi des bandes-annonces
mais pour une collection n'ayant rien à voir ! Enfin, des biographies
bien écrites, quoique en bon pinailleur il est bon de remarquer
que OPERAZIONE
PAURA n'a rien d'un film d'espionnage, viennent compléter
cette édition.

Très connu, BARON
BLOOD est pourtant un film mineur dans la filmographie de Mario
Bava. Ca ne lui retire en rien toutes les qualités plastiques
que le réalisateur à su lui insuffler et à elles
seules, il faut bien le dire, cela rend le film fort attractif. Mais
l'image de ce DVD ne donne hélas pas toujours fière allure
au BARON BLOOD.
Christophe
"Arioch" Lemonnier

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