Seul un miracle pourrait empêcher la destruction du dernier immeuble
du quartier où Frank et Faye ont passé la majeure partie
de leur vie. A la solde d'un promoteur immobilier sans scrupule, une
bande de voyou fait tout ce qu'elle peut pour mettre dehors tous les
locataires

Matthew
Robbins gravite autour de Steven
Spielberg depuis pas mal d'années puisqu'il écrit
SUGARLAND EXPRESS au début des années 70 en compagnie
de Hal Barwood,
un pote de l'école de cinéma. Il collabore à quelques-uns
des films de Spielberg
ainsi qu'à la série télévisée HISTOIRES
FANTASTIQUES. Le retrouver à la réalisation sur
une production du cinéaste n'est donc pas une surprise en soi.
Un peu plus lorsque l'on sait que Matthew
Robbins s'était occupé de mettre en scène un
spectacle assez sombre quelques années auparavant avec LE
DRAGON DU LAC DE FEU sur un scénario de son cru et une
nouvelle fois aux côtés de Hal
Barwood. Une coproduction de Disney dont la firme de Mickey s'est
rapidement désolidarisée par la suite. S'ensuit l'écriture
de CONTACT
MORTEL réalisé cette fois par Hal
Barwood pour une sorte de huis-clos qui se rapproche des films de
zombies à la Romero.
Avec de tels métrages sur son CV, il est donc plutôt étonnant
de lui avoir confié un film qui aurait du avoir tout de la production
familiale. Et pourtant ?

Le générique
nostalgique ponctué de clichés retraçant la vie
des deux personnages principaux laisse rapidement la place à
un constat pessimiste. Leur quartier est en train de se faire raser
et ne subsiste plus qu'un petit immeuble au milieu d'un champ de ruines.
A l'intérieur, une bande de personnages n'ayant aucune envie
de céder aux pressions d'un promoteur immobilier. En plus des
deux petits vieux, dont la femme perd un peu la boule, l'immeuble abrite
une femme enceinte célibataire abandonnée par son roméo,
un artiste peintre en pleine déconfiture sentimentale et un colosse
muet présenté de prime abord avec un intellect proche
de celui d'un môme. Une jolie brochette de cas sociaux qui n'ont
justement pas envie de se retrouver à la rue et de céder
au capitalisme !

Aussi sérieux que
puissent être les sujets abordés, il ne faut pas oublier
que MIRACLE SUR LA 8ème RUE est aussi une sorte de conte
de fées. Justement, les petits visiteurs venus d'ailleurs pourraient
aussi bien être "LES LUTINS" du conte de Grimm
que cela ne changerait rien à l'histoire. Un conte de fées
mis à jour à l'ère de la robotique ! Dès
lors, pas la peine de chercher une logique dans l'apparition des bestioles
métalliques (en dehors de leur besoin d'énergie). Il n'y
a pas non plus de raison précise à la venue et à
l'aide fournie par les lutins au cordonnier dans le conte de Grimm.
L'important n'est pas là ! Le film s'intéresse essentiellement
aux personnages auxquels il faut ajouter assez vite les petites soucoupes.
Ces dernières, même dénuées de parole, prennent
place assez naturellement dans l'univers pré-établi.
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Le plus étonnant
dans MIRACLE SUR LA 8ème RUE reste l'absence totale d'enfants
à l'horizon (enfin ?). En lieu et place, ce sont deux des petits
vieux de COCOON qui
les remplacent : Hume
Cronyn et Jessica
Tandy. Comme quoi, il est possible de réaliser un film familial
sans verser dans l'infantile tout en traitant de sujets graves. Cela
n'empêche pas le film d'être émouvant et ponctué
de nombreux passages comiques. A ce niveau-là, MIRACLE SUR
LA 8ème RUE est une belle réussite tempérée
par une happy-end un peu trop poussée, bien que la dernière
image du film ne soit pas forcément d'un grand optimisme pour
tout le monde ! Une image qui rappelle aussi furieusement LA CASE
DE L'ONCLE TOM version Tex
Avery. Mais après tout, les contes de fées ne se doivent-ils
pas de terminer de la meilleure façon qui soit ?

L'image n'est pas d'une limpidité
à toute épreuve mais fait son office très honnêtement.
Assez pour satisfaire un large public et ce même si la compression
ou la définition ne sont toujours parfaites. Le mix en Dolby
Digital 5.1 est tellement sobre que s'il s'agissait d'un simple "stéréo
surround", cela reviendrait plus ou moins au même. Le doublage
français, lui, ne propose pas de nouveau mixage en 5.1 et se
contente de sa piste sonore d'origine en surround. Un doublage plutôt
réussi d'ailleurs, ce qui est relativement rare !

En dehors de la bande-annonce
de MIRACLE SUR LA 8ème RUE, le disque propose une pub
pour la nouvelle édition DVD de E.T.
Hormis cela, c'est le vide le plus total. D'un autre côté,
à environ quinze euros, MIRACLE SUR LA 8ème RUE
n'a certainement aucune ambition de se transformer en édition
Collector de la mort shootée aux commentaires audio et aux documentaires
promos. Le film se suffit à lui-même et Universal le sort
probablement en ces périodes de fêtes pour offrir un petit
spectacle de Noël pour toute la famille. Et celui-ci est plutôt
réussi !
Christophe
"Arioch" Lemonnier

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