DRACULA Z2 (http://www.devildead.com)

DRACULA


Renfield se rend en Transylvanie pour y boucler une affaire immobilière. Le comte Dracula veut déménager pour se rendre en Angleterre et s'installer dans l'abbaye de Carfax…

Bram Stoker est en grande partie connu pour la création du personnage de DRACULA. Le vampire le plus connu qui est apparu dans de nombreux films par la suite. A l'origine, pourtant, le livre devait s'appeler tout simplement "The Un-Dead" narrant l'histoire d'un vampire. Comme il est dit dans le documentaire, la liaison avec le personnage réel de Vlad Tepes (Vlad l'Empaleur) n'est venue en fait que tardivement dans le processus d'écriture du livre. Au départ, le vampire provenait d'Autriche et non pas de Transylvanie alors que son nom aurait dû être "Le Comte Wampyr". En changeant les origines du vampire, Bram Stoker ajouta ainsi une touche de réalisme dans son livre, mêlant un soupçon de vrai avec le faux. Car, bien entendu, le Vlad Dracula (en référence au Dragon du blason familial) n'a jamais été un vampire, bien que sa cruauté durant son règne ne fait aucun doute. En intégrant ce personnage réel et en renommant son livre DRACULA, la légende était née mais Bram Stoker n'en connut pas la gloire puisqu'il décéda avant que son livre ne rencontre un véritable succès auprès du public. Pourtant Dracula ne fut pas le premier vampire littéraire car d'autres créatures du même type hantaient déjà les pages de différents livres. Le DRACULA de Bram Stoker deviendra tout de même la figure emblématique du vampire durant de nombreuses années, bien aidé par la confusion entretenue entre réalité et fiction, mais aussi grâce aux différentes adaptations cinématographiques dont celle avec Bela Lugosi.

Adapté une première fois dans les années 20 dans deux films à présent perdus (l'un autrichien et l'autre hongrois), le personnage de Dracula est au centre du NOSFERATU de F. W. Murnau. En raison de problèmes de droit, le film a failli disparaître totalement (voir notre critique). Les années passent et une adaptation théâtrale écrite par Hamilton Deane et John L. Balderston est montée à Broadway. L'ayant vu, Carl Laemmle décide de réaliser le film. Succès oblige, il engendra la mise en chantier d'un grand nombre de films d'épouvante dont les "fondateurs" des personnages les plus connus sortent ainsi dans la collection "Classic Monster" (FRANKENSTEIN, LA MOMIE…).

DRACULA est donc la transposition d'une adaptation théâtrale et n'est pas totalement fidèle au livre original. De ses origines, le film garde d'ailleurs une grande partie des acteurs, beaucoup de dialogues et de séquences statiques où l'action n'est pas prédominante. A ce sujet, la version espagnole est d'ailleurs plus réussie. Car en effet, le film fut tourné en même temps en langue anglaise et espagnole dans le souci de proposer un film parlant à un public hispanophone. Pas question de faire un doublage puisque le film fut tourné en parallèle et dans les même décors par deux équipes totalement différentes ce qui inclut un casting n'ayant plus rien à voir. Carlos Villarias y remplaçait Bela Lugosi dans le rôle titre alors que la durée du film s'allongeait d'une trentaine de minutes sans que cela ne change réellement l'histoire.

Dans le commentaire audio, il est fait plusieurs fois allusion à la version espagnole mais aussi dans le documentaire. On finit même par comprendre que le DVD contient cette version du film. En tournant et retournant le disque, rien à faire, la version espagnole a totalement disparu de ce DVD alors qu'elle était présente sur l'édition américaine (voir notre critique). Une énorme déception puisque techniquement cette version est plus vivante. Ajoutons aussi que cela aurait enfin été la possibilité de la découvrir en France ! Un oubli encore plus difficile à comprendre lorsque l'on sait que cette version était sous-titrée en français sur le disque américain !

Si Boris Karloff fut marqué à vie par son rôle, le rendant indissociable de la créature de FRANKENSTEIN dans l'esprit de la plupart des gens, Bela Lugosi devint lui-même après le succès de DRACULA l'incarnation du vampire à l'écran. Etonnant puisqu'il n'interprétera le rôle que deux fois en le reprenant dix-sept ans plus tard dans DEUX NIGAUDS CONTRE FRANKENSTEIN où réapparaît le Comte Dracula. Pourtant, ce serait oublier la meilleure prestation d'acteur dans ce film. Celle de Dwight Frye, dans une démente interprétation du rôle de Renfield et que nous retrouverons plus tard dans le FRANKENSTEIN de James Whale. Quant à Bela Lugosi, il démarre sa carrière au théâtre en Hongrie avant d'émigrer pour raison politique en Allemagne puis de s'enfuir pour les Etats-Unis, en prenant place comme homme d'équipage sur un cargo. Une fois naturalisé, il reprend sa carrière d'acteur avec un problème de taille. Il ne parle pas très bien l'anglais, voire très mal... voire pas du tout, ce qui l'oblige à apprendre ses rôles par cœur de manière phonétique. Il devient alors durant plusieurs années le Comte Dracula dans la pièce de théâtre qui inspira le film, ce qui ne lui a pourtant pas accordé d'office son ticket pour intégrer le casting de DRACULA. Après qu'il eut été envisagé de faire appel à d'autres acteurs plus connus, c'est à lui que ce rôle reviendra à l'arrivée. Catalogué par DRACULA, il en vient à tourner dans un grand nombre de films d'épouvante (WHITE ZOMBIE…). On lui proposa même le rôle de la créature de Frankenstein ce qu'il refusa simplement parce que le personnage était muet. Il deviendra pourtant ce monstre quelques années plus tard dans FRANKENSTEIN RENCONTRE LE LOUP-GAROU toujours pour le compte de la Universal. Il finira sa vie d'une bien triste manière ainsi que le film de Tim Burton consacré à ED WOOD nous permet de le voir.


La pellicule a bien du mal à survivre aux passages des années si elle n'est pas conservée soigneusement. L'image de DRACULA en est la preuve, avec un grand nombre de griffures, tâches et autres défauts projetés à jamais sur l'écran et sur toute la durée du film. L'image est ainsi tourmentée tout du long et heureusement la compression réussit à s'en sortir sans trop de dégâts. En comparant avec l'édition américaine, on notera qu'un petit morceau de l'image est rogné à gauche et à droite, alors que le noir et blanc semble avoir pris une légère teinte. Le laserdisc américain présentait, d'après de nombreuses personnes dont Jean-Claude Michel, une image bien plus belle que les deux éditions DVD réunies...

DVD français
DVD américain


La section sonore vous donnera le choix entre la piste en version originale mono. Pas extraordinaire techniquement mais d'époque donc appréciable ! Et de l'autre un mixage en Dolby Digital 5.0 qui ajoute une musique de Philip Glass composée en 1999. Très franchement, un ajout inutile tant la musique envahit sans arrêt le déroulement de l'histoire, à un point qu'elle supprime la beauté des plans où l'on découvre les maîtresses de Dracula sortir de leurs cercueils et qu'elle désamorce toute tension ! Dur de le croire, puisque le compositeur fait preuve d'habitude d'un grand talent (son association avec Godfrey Reggio, CANDYMAN, CANDYMAN II…).

En dehors du fait que le commentaire audio vous incitera à jeter un œil à la version espagnole du film qui ne se trouve pas sur le DVD, l'historien qui disserte sur le film ne tarit pas d'anecdotes, de précisions sur les acteurs ou de comparaison avec le scénario original. Pas de temps mort pour un véritable concentré d'informations, ce qui s'avère plutôt rare dans les commentaires audio dans lesquels les intervenants n'ont parfois rien à dire ! Ce n'est pas le cas ici, tant David J. Skal connaît le sujet comme sa poche.

Le documentaire est tout aussi réussi, nous donnant un historique du film mais aussi du livre et de la pièce qui s'en inspire. Vous y apprendrez entre autres choses que Lon Chaney aurait du interpréter le rôle de Dracula avant qu'il ne soit remplacé pour une raison évidente. Une fois de plus, la version espagnole y est évoquée avec, à défaut de voir le film, quelques extraits ainsi que des précisions sur sa réalisation. Le documentaire évoque aussi une autre adaptation de la pièce de Hamilton Deane et John L. Balderston en s'intéressant à la version duDRACULA de John Badham avec Frank Langella produite par Universal. Un petit documentaire que l'on aimerait voir se prolonger tant il est riche.

La version espagnole du film a disparu mais elle n'est pas seule à ne pas avoir atteint l'édition européenne de DRACULA. Notes de production et filmographies se sont aussi évanouies et il ne reste dès lors plus que la bande-annonce originale et une galerie d'affiches et photos présentée comme un diaporama.

Nous sommes tellement déçus par cette édition de DRACULA que l'on en vient à préciser le pourquoi à longueur de paragraphes dans cette critique. La suppression incompréhensible de la version espagnole rend ce DVD bancal puisque deux des suppléments en parlent à de nombreuses reprises et viennent même à en évoquer sa présence sur le disque ! Ce DVD aurait pu donner la possibilité aux spectateurs français de comparer et même de découvrir cette version du film mais quelque part, quelqu'un en a décidé tout autrement. Est-ce pour éviter de dépenser en produisant les sous-titrages des langues européennes nécessaires à sa présence ? Probable mais nous ne le saurons peut-être jamais !

Marc Hugon dans sa critique du disque américain se demandait naïvement "A quand une édition de cette qualité chez nous ?". Il n'est pas certain que cette édition DVD de DRACULA soit en mesure de lui apporter la réponse qu'il pouvait attendre !

Christophe "Arioch" Lemonnier


ON AIME
L'excellent premier tiers du film

ON N'AIME PAS
La version espagnole n'est pas sur le DVD

Meilleures scènes

  • L'arrive au chteau
    (Chapitre 3)
  • Je ne bois jamais....de vin
    (Chapitre 5)
  • Un escalier impressionnant
    (Chapitre 17)
Année : 1931

Durée : 71 minutes

Acteurs :
Bela Lugosi
Helen Chandler
Dwight Frye
Edward Van sloan

Réalisateur :
Tod Browning

Scénario :
John L. Balderston
Hamilton Deane

Format disque :
Double couche

Format Image :

Format sonore :
Anglais : 
Anglais : 
Allemand : 

Les bandes-son codées sur deux canaux sont en Mono.

Sous-titrage :
Franais
Anglais
Allemand, Arabe, Bulgare & Hébreu

Les Suppléments

  • Commentaire audio de David J. Skal (Historien de cinma)
  • Documentaire : La Route vers Dracula (35mn)
  • Nouveau mixage avec musique compose par Philip Glass
  • Bande annonce
  • Galerie d'affiches et photos

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