En rentrant chez lui à travers la campagne, Jeffrey découvre
une oreille coupée. Il la ramasse et l'amène à
la police qui entame ses investigations. Attisé par la curiosité,
le jeune homme se lance dans une enquête qui le mènera
jusqu'à une troublante chanteuse.

David
Lynch ne garde pas un bon souvenir de l'expérience DUNE.
Il réembauche pourtant plusieurs acteurs de son film précédent
pour BLUE VELVET. Kyle
MacLachlan, Brad
Dourif, Dean
Stockwell et l'incontournable Jack
Nance, que l'on peut considérer comme l'acteur fétiche
de David Lynch
depuis le très étrange ERASERHEAD.
Et justement, BLUE VELVET est plutôt étrange lui
aussi alors que les deux films mis en boîte par le réalisateur
auparavant tendaient plutôt vers un cinéma plus accessible
(ELEPHANT
MAN et DUNE).
Non pas que l'histoire qui se déroule dans l'univers de BLUE
VELVET soit compliquée ou incompréhensible, mais plutôt
par l'ambiance très particulière qui se dégage
à la vision du film. Il annonce d'ailleurs la série TWIN
PEAKS à venir. Lumberton, petite ville américaine
typique et accueillante, cache en son sein des personnages bien dérangés
où même le héros se laisse entraîner dans
le voyeurisme et une sexualité hors norme. Sans pousser l'univers
dans les retranchements les plus fous de TWIN
PEAKS, BLUE VELVET esquisse déjà un jeu
des apparences où il suffit de gratter la jolie peinture d'une
communauté bien sous tous rapports pour y découvrir un
monde dément et pervers. Ainsi, le film s'ouvre sur des images
d'Epinal avant de plonger sur le monde grouillant qui se trouve en dessous
(les insectes
) et il se termine comme si rien ne s'était
vraiment passé !

De prime abord, il y a de
quoi se demander si l'image n'est pas un peu trop douce. Il s'agit pourtant
d'un excellent transfert respectant l'image telle que la voulait David
Lynch. Rien d'étonnant à cela puisque le réalisateur
a supervisé le travail fait sur ce DVD. Il en va de même
du remix en Dolby Digital 5.1 qui reste très sobre et devrait
en décevoir plus d'un. Les canaux arrières ne sont que
très rarement utilisés et une grande partie de la bande
son ne bouge pas tellement de l'avant avec une belle dynamique stéréo.

Pas de commentaire audio
de David Lynch
sur BLUE VELVET. Le réalisateur n'a jamais essayé
d'expliquer ses films, c'est peut-être aussi la raison de son
absence du documentaire alors qu'il s'est occupé de superviser
le transfert du film ainsi que le remix de la version originale en Dolby
Digital 5.1. C'est seulement par l'intermédiaire d'interviews
d'époque que David
Lynch apparaît dans un documentaire de plus d'une heure. Il
ne viendra pas expliquer son film et ce sont les acteurs ainsi qu'une
petite partie de l'équipe technique qui se chargeront de se souvenir
de leur travail sur le film. Cela donne un résultat étrange
dans le sens où ils donnent tous leurs sentiments par rapport
à David Lynch,
dressant le portrait d'un artiste accompli, plutôt que d'entrer
réellement dans le détail. De quoi glaner tout de même
quelques informations, telles que le sentiment général
d'avoir participé à un tournage plutôt joyeux malgré
l'ambiance du film, ou la pudeur de Isabella
Rossellini confrontée aux desiderata du tournage.
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Le DVD de BLUE
VELVET annonce des scènes coupées. Attention à
la déception car il semblerait que celle-ci soit en réalité
perdue d'où un montage de photos de ces séquences agrémenté
de thèmes musicaux du film en lieu et place de la découverte
des véritables scènes ! Dans la petite introduction, on
apprend d'ailleurs que le montage original faisait dans les quatre heures.
Par contrat avec Dino de Laurentiis, David
Lynch se devait de livrer un film d'une durée plus standardisée.
En gros, deux heures
ont totalement disparu et les petits montages ne vous donneront qu'un
aperçu frustrant de ce qu'elles pouvaient contenir.

Etonnant tout
de même d'avoir égaré deux heures de pellicule,
peut-être verrons-nous ces séquences refaire surface dans
l'avenir. A moins que David
Lynch ne soit assis dessus pour éviter ce qui s'était
passé avec DUNE. A savoir un remontage sauvage du film,
sans l'accord du réalisateur, avec les séquences coupées
et chutes de tournage pour obtenir une version longue qui fut diffusée
à la télévision américaine puis en Laserdisc
et sur certaines éditions DVD. En ce qui concerne BLUE VELVET,
cela ne peut être que pure spéculation !

Gene Siskel et Roger Ebert
font partie des critiques de cinéma les plus reconnus aux Etats-Unis.
Ils animaient ensemble une émission à la télévision
américain où ils discutaient tous les deux des films.
L'extrait proposé sur le DVD ne contient qu'un bref échange
à propos de BLUE VELVET. Les deux hommes se renvoient
la balle avec brio même s'ils ne sont pas d'accord concernant
le film. Passé cet extrait, il ne restera plus qu'à visionner
une petite galerie de photos, la bande-annonce et deux spots TV pour
finir de faire le tour de ce DVD consacré à BLUE VELVET.

L'histoire de BLUE VELVET
est plutôt simpliste et sa force se trouve donc dans une ambiance
étrange allant de l'anodin à des situations bien glauques
et violentes. Comme la plupart des films de David
Lynch, le rejet en bloc est de mise, pour peu que l'on ne soit pas
porté par la musique, les images et les personnages. Cela rend
le cinéma de David
Lynch peu accessible à un large public auquel ce DVD ne sera
de toutes façons pas destiné. On aime ou on n'aime pas.
En faisant partie de la seconde catégorie, ce disque et ses bonus
ont de quoi ravir !
Antoine
Rigaud

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