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JASON ET LES ARGONAUTES (http://www.devildead.com)
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JASON ET
LES ARGONAUTES
JASON
AND THE ARGONAUTS
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Le fourbe Pélias renverse et tue Aristos, Roi de Ioctos. Mais
le prince Jason, jeune fils d'Aristos, échappe au massacre. Une
fois atteint lâge adulte, il veut reconquérir le
trône de son père. Pour pouvoir prendre la tête dune
armée, il sait quil lui faut un symbole fort : il décide
de partir en quête de la Toison dOr, objet magique protégeant
le royaume de Colchide et surveillé par une hydre terrible. Afin
de mener à bien ce projet, Jason recrute des héros en
provenance de toute la Grèce et les emmène à bord
du navire lArgos : les aventures de Jason et les Argonautes commencent

Jason est un personnage de
la mythologie grecque dont les aventures ont été narrées
dans "LES ARGONAUTIQUES" d'Appolonios de Rhodes au
IIIème siècle avant Jésus Christ. Afin de reconquérir
le trône de Thessalie, usurpé par son oncle Pélias,
Jason part à la recherche de la mythique Toison d'Or avec ses
compagnons, les Argonautes (parmi lesquels on trouve Castor et Pollux,
Hercule, Orphée
). En Colchide (située en Asie mineure),
il rencontre la prêtresse Médée qui, par amour pour
lui, va trahir son peuple et son père, le Roi de ce pays. Une
fois Ioctos reconquise, Jason fait de Médée sa Reine ;
mais lorsqu'il se lassera de son épouse et s'intéressera
à d'autres femmes, Médée se vengera de manière
bien cruelle (ce qui inspirera à Euripide la tragédie
classique "MÉDÉE"). Les aventures de
tous ces personnages ont évidemment été portées
plusieurs fois à l'écran. Ainsi, dans le péplum
mythologique fondateur LES
TRAVAUX D'HERCULE, date-clé du cinéma fantastique
italien, Hercule fait un bout de chemin avec Jason et ses argonautes,
quitte à participer activement à des épisodes auxquels,
selon la mythologie grecque, il n'a même pas assisté (la
conquête de la Toison d'or par exemple). A la suite de ce succès,
le "muscle-opera" mythologique explose en Italie, et il est
donc naturel que Riccardo
Freda consacre le péplum LE
GÉANT DE THESSALIE à l'expédition de Jason
et de ses argonautes.

Plus tard, Pier
Paolo Pasolini portera à l'écran ces personnages dans
MÉDÉE,
adaptation de la tragédie d'Euripide dans son style très
personnel : Laurent
Terzieff y incarne Chiron, le sage centaure précepteur de
Jason durant son enfance. On y retrouve le grand acteur italien Massimo
Girotti, qui incarnait Orphée dans LE
GÉANT DE THESSALIE mais c'est surtout la présence
de Maria Callas,
la plus célèbre cantatrice du vingtième siècle,
dans l'interprétation muette de la magicienne Médée
qui est le grand événement du film : ce sera le seul rôle
de la Diva pour le cinéma. Plus tard, Lars
Von Trier fera aussi un MÉDÉE
pour la télévision, avec, dans le rôle de Jason,
son acteur-fétiche Udo
Kier (bien connu par ailleurs des amateurs de cinéma populaire
européen des années 70 : CHAIR
POUR FRANKENSTEIN
). Enfin, Hallmark consacre à
ces héros un de ses fameux téléfilm-fleuves : JASON
ET LES ARGONAUTES avec, entre autres, Dennis
Hopper.

Entamée avec LE
MONSTRE VIENT DE LA MER, la collaboration hors du commun entre
le producteur Charles
H. Schneer et le créateur d'effets spéciaux Ray
Harryhausen finit par mener à un gros succès populaire
: LE SEPTIÈME
VOYAGE DE SINBAD. Les compères vont alors mettre au point
une formule qui ne variera guère jusqu'à leur ultime projet,
LE
CHOC DES TITANS. Il s'agit de proposer des aventures fantastiques
et merveilleuses mettant en valeur les trucages inventés par
Ray harryhausen,
et notamment ses monstres créés et animés, image
par image. On économise sur les vedettes (ces films ne mettront
jamais des stars au premier plan), mais on attire les spectateurs en
adaptant des aventures de héros bien connus grâce à
la littérature et à la mythologie. Se succèdent
donc LES
VOYAGES DE GULLIVER d'après Jonathan Swift, L'ILE
MYSTÉRIEUSE d'après Jules Verne, et enfin, JASON
ET LES ARGONAUTES.

Les vedettes de JASON
ET LES ARGONAUTES sont, bien plus que les héros humains,
les monstres créés par Ray
Harryhausen. Construits avec un soin méticuleux (notez le
rendu sidérant des textures, notamment le bronze de Talos), ces
créatures qu'affrontera Jason sont animées de A à
Z par Harryhausen
lui-même (il refusera toujours de travailler avec des assistants).
On croise donc un colosse de bronze, des harpies, une hydre à
sept têtes et, surtout, une troupe de squelettes belliqueux. C'est
cette dernière séquence qui est la plus fameuse : alors
que LE SEPTIÈME
VOYAGE DE SINBAD mettait déjà en scène
un tel guerrier décharné, Harryhausen, comme souvent dans
sa carrière, choisit d'amplifier la difficulté en faisant
s'affronter plusieurs squelettes et trois humains. Cinq mois d'un travail
effroyablement complexe seront nécessaires pour mettre cette
bataille sur pellicule. Mais le résultat est là. Notons
au passage que des séquences au cours desquelles Jason se rendait
aux enfers pour y affronter Cerbère étaient prévues,
mais qu'elles n'ont finalement pas été tournées,
le métrage étant déjà bien rempli de péripéties
: on retrouvera néanmoins le fameux molosse polycéphale
dans LE
CHOC DES TITANS.

Certes, ces effets spéciaux
exigeaient des superpositions et des tirages multiples : les changements
de coloration et de granulation entre les plans ne passent pas inaperçus.
Mais par rapport à des créations en images de synthèse,
la netteté des contours, l'inscription très naturelle
des figures dans l'espace, la précision des mouvements, la variété
des textures et l'expressivité des figures restent stupéfiantes.
Harryhausen crée
un bestiaire unique, très varié, et lui donne vie avec
une maestria ici à son sommet. La bataille avec les squelettes
reste toujours aussi éblouissante par son rythme et par la variété
des angles de prise de vue.

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Les extérieurs
sont tournés en Italie et la réalisation est assurée
par Don Chaffey,
bien que Harryhausen
supervise les séquences auxquelles des effets spéciaux
seront ajoutés. On remarque que la scène des harpies a
été tournée sur le site de Paestum, où des
colons grecs ont bâti des temples au Vème siècle
avant Jesus Christ ! Dès qu'il a vu KING
KONG, dont la bande originale était composée par
Max Steiner, Harryhausen
a saisi que la combinaison d'effets sonores spectaculaires et d'une
musique très soignée rend encore plus efficace des scènes
à effets spéciaux. A partir du SEPTIÈME
VOYAGE DE SINBAD, il s'adjoint donc les services de rien de
moins que ceux de Bernard
Hermann ! Ce dernier aligne alors des partitions excellentes, dont
celle de JASON ET LES ARGONAUTES est un vrai modèle d'invention,
de rigueur et de puissance.
Mais JASON
ET LES ARGONAUTES n'est pas qu'un scénario prétexte
à aligner des séquences spectaculaires. Remarquablement
interprété par un casting homogène (on évitera
la version française qui ne lui rend pas justice), le récit
reprend la structure générale des aventures mythologiques
de Jason, tout en les modifiant souvent dans le détail : Talos
devient donc un géant de bronze, Jason vainc l'hydre à
l'issue d'un combat à l'épée au lieu de prendre
la Toison d'Or pendant le sommeil du monstre... A travers la description
de l'Olympe et de ses dieux aux comportements très humains, JASON
ET LES ARGONAUTES propose une vision pertinente et touchante des
dieux mythologiques : adorés par les humains pour leurs pouvoirs
immenses, ils savent que leurs adorateurs sont destinés à
s'émanciper de leurs puissances et, comme des enfants ingrats,
à se détourner d'eux, en les laissant sombrer dans l'oubli.
Ainsi, Jason, personnage typique de la mythologie, va devenir véritablement
un héros quand, sans recourir à l'aide d'aucun Dieu, il
vaincra l'hydre et lui prendra la Toison d'Or. Il contre ainsi par ses
seules forces les plans de Zeus et trace lui-même les contours
de son destin.

La qualité de l'image
est globalement excellente. La lumière et les couleurs sont vives
et propres, tandis que la compression est absolument irréprochable.
On note toutefois quelques légères saletés sur
la pellicule, mais pour un film de 1963 contenant autant de surimpressions,
c'est vraiment excellent.

Le DVD propose des bandes-son
originales anglaise, française, espagnole, italienne et allemande
en mono : elles sont toutes de bonne qualité, même si la
française et l'italienne sont un peu trop criardes. Le tout est
accompagné d'une vingtaine de sous-titrages européens,
dont un français, bien sûr.

Parmi les bonus, on trouve
une bande-annonce en anglais sous-titré, des filmographies partielles
de Ray Harryhausen
et de Charles
Schneer et une interview de Harryhausen
par le réalisateur John
Landis dédiée à JASON ET LES ARGONAUTES.
On retrouve le même documentaire consacré à la carrière
de Ray Harryhausen
que sur LE SEPTIÈME
VOYAGE DE SINBAD :c'est un peu décevant, mais il faut
reconnaître qu'il est en tout point excellent, avec notamment
de nombreuses séquences animées rares (travaux pour la
télévision, études pour des projets non concrétisés...).

Les films de Schneer
et Harryhausen
ont énormément influencé l'industrie du cinéma
en proposant des magnifiques divertissements populaires mettant en vedette
des séquences d'effets spéciaux toujours plus complexes
et spectaculaires. Ce sont donc les ancêtres de ce qu'on appelle
aujourd'hui, parfois avec mépris, les blockbusters. Parmi les
réalisateur de films fantastiques, les admirateurs de Harryhausen
sont innombrables : George
Lucas, Sam Raimi,
Peter Jackson,
John Landis, Stephen
Sommers, Joe Dante...
n'ont pas manqué de tirer leur chapeau à ce très
grand Monsieur du cinéma. Si il ne travaille plus sur des films
depuis le début des années 80, il se ballade encore de
convention en rétrospective à travers le monde, avec,
sous le bras, une valise pleine de Krakens, de squelettes et de cyclopes
en tout genre... JASON ET LES ARGONAUTES est peut-être
sa plus grande réussite, en tout cas son oeuvre la plus populaire.

Harryhausen
y a illustré avec génie, aux moyens des technologies les
plus pointues de son époque, les légendes éternelles
de la mythologie grecque, comme l'ont fait en leur temps des maîtres
de l'Art antique tels que le sculpteur Phidias ou le peintre Exekias.
Mais, il a aussi émerveillé et fait rêver des générations
d'enfants avec ses magnifiques spectacles fantastiques : Ray
Harryhausen a donc bien mérité de trôner dans
l'Olympe du cinéma fantastique aux côtés de Méliès,
John P. Fulton
et de Willis
O'Brien !
Emmanuel
Denis
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ON
AIME
Un chef d'oeuvre indispensable à toutes les DVD-thèques sérieuses
ON N'AIME PAS
Léger manque de bonus
Menus et pochette peu soignés
Meilleures scènes
- Talos
(Chapitre 15)
- Les harpies
(Chapitre 17)
- Triton
(Chapitre 19)
- L'hydre
(Chapitre 26)
- Les enfants de la nuit
(Chapitre 28)
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Année
: 1963
Durée
: 100 minutes
Acteurs
:
Todd Armstrong
Nancy Kovack
Gary Raymond
Laurence Naismith
Niall MacGinnis
Michael Gwynn
Douglas Wilmer
Jack Gwillim
Honor Blackman
Patrick Troughton
Nigel Green
Réalisateur
:
Don Chaffey
Scénario
:
Beverley
Cross
Jan Read
Musique
:
Bernard
Herrmann
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Format
disque :
Double Couche
Format Image
:
Format
sonore :
Anglais :
Français :

Allemand :

Espagnol :

Italien :
Sous-titrage
:
English
Francais
Arabe, Tchèque, Danois, Hollandais, Finnois, Allemand,
Grec, Hébreux, Hindi, Hongrois, Islandais, Italien, Norvegien,
Polonais, Portugais, Espagnol, Suedois & Turc
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Les
Suppléments
- Interview de Ray Harryhausen
(11mn48)
- Les Chroniques de Ray Harryhausen
(57mn50)
- Bande-annonce
Filmographies
- Ray Harryhausen
Charles H. Schneer
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