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 FILM INFOS

 Titre original

 BLACK SCORPION, THE

 Autres titres

 SCORPION NOIR, LE
 

 Année

 1957

 Nationalité

 Etats-Unis

 Réalisation

 Edward Ludwig

 Scénario

 Robert Blees
 David Duncan
 Paul Yawitz

 Musique

 Paul Sawtell

 Acteurs

 Richard Denning
 Mara Corday
 Carlos Rivas
 Mario Navarro
 Carlos Muzquiz

 

 DVD INFOS

 

Editeur

Format Disque

Blu-Ray (Simple Couche)

Durée

88 minutes

Format Image

Format Sonore

English

Sous-titrages

English

 

 SUPPLEMENTS

 •Stop Motion Masters - animé par Ray Harryhausen (3mn16 - VO)
 • The Animal World - animé par Ray Harryhausen (11mn33 - VO)
 • The Las Vegas Monster & Beetlemen (4mn34 - muet)
 • film annonce (2mn05 - VO)

 

 ON AIME

• La stop motion de Willis O?Brien est magique!
• une HD très agréable

 ON N'AIME PAS

• Pas de stf
• Une série B routinière dans son écriture
• Un décalque de DES MONSTRES ATTAQUENT LA VILLE

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 Bande-annonce

 
 THE BLACK SCORPION

 LE SCORPION NOIR

En pleine vague de films de monstres de la décade 1950-1960, chaque studio eut son lot d'invasion en tous genres. Les producteurs du MONSTRE DES TEMPS PERDUS cherchaient à faire rebelote avec quelque chose d'original. Il manquait visiblement des scorpions à l'appel; ce fut chose faite avec THE BLACK SCORPION, réalisé en 1957 par Edward Ludwig.

Photo : BLACK SCORPION, THE (LE SCORPION NOIR)

Au Mexique, une violente éruption volcanique fait surgir de gigantesques scorpions qui attaquent la population. Deux géologues, Hank Scott (Richard Denning - L'ETRANGE CREATURE DU LAC NOIR, LE TUEUR AU CERVEAU ATOMIQUE) et Arturo Ramos (Carlos Rivas - MADMEN OF MANDORAS) investiguent ce mystère, jusqu'à descendre dans les tréfonds d'une crevasse.

Le gros intérêt du film réside principalement dans les effets spéciaux en stop-motion de Willis O'Brien (en collaboration avec Pete Peterson), le génie derrière ceux de KING KONG ou de MONSIEUR JOE. Malheureusement, l'argent manqua assez vite pour cette petite production indépendante distribuée par Warner. De ce fait, certains effets spéciaux durent être fabriqués à la va-vite et terminé , selon quelques sources, dans un garage. Ce qui explique certaines différences notables à un pur niveau qualitatif. Les attaques du train, de l'hélicoptère en plein vol, le climax final et autres combats contre les créatures au fond de la crevasse restent des modèles du genre. Par contre, les surimpressions ombrées lors de l'invasion de Mexico peinent à convaincre. A noter que certains modèles viennent directement de KING KONG et qui n'avaient pas été utilisés jusqu'alors. Mais qu'importe : l'animation demeure ici spectaculaire et carrément grandiose par moments ! La bizarrerie vient également du fait de l'utilisation d'un monstre mécanique dont la tête est filmée en gros plan, bavant généreusement. Curieux, car cette tête de scorpion ne ressemble en rien aux animaux qui déferlent sur l'écran! Certains plans identiques se retrouvent par ailleurs à plusieurs moments du film.

Photo : BLACK SCORPION, THE (LE SCORPION NOIR)

Côté scénario, les auteurs ne s'embarrassent pas vraiment. Et reprennent une trame usée jusqu'à la corde. La seule originalité demeurant l'action concentrée au Mexique, co-production oblige. A l'instar de THE BEAST FROM HOLLOW MOUNTAIN, par exemple. Nous avons donc droit, surprise, à un géologue mexicain comme co-héros - et non pas relégué à une personnage exotique comme silhouette. Il existe forcément l'intérêt romantique et on a le plaisir de retrouver la très clinteastwoodienne Mara Corday (TARANTULA, THE GIANT CLAW), qui a l'air aussi mexicaine qu'une huitre perlière. Un atout charme en incarnant la cow-girl locale qui finit par se voir reléguée à la prise de notes comme une bonne petite sténo bien sage. Hormis le petit bisou avant la scène héroïque, les scorpions géants, restent une affaire de mecs en 1957. THE BLACK SCORPION enfile les stéréotypes comme des perles, ne cherchant jamais à se départir d'une schéma fonctionnel qui fit ses preuves. Mais, pour une fois, les militaires et autres dignitaires mexicains apparaissent de manière respectueuse à l'écran. Suffisamment rare pour être noté.

Edward Ludwig reste une honnête réalisateur de série B, touche à tout protéïforme. Auteur de quelques curiosités comme une jolie adaptation des ROBINSON SUISSES en 1940, un solide ALERTE AUX MARINES avec John Wayne. Ou encore le drame historique SANGAREE, filmé en 3D en 1953 (disponible cette année 2018 en 3D et Blu Ray) et qui restera l'un de ses plus gros succès. On sent qu'il fait ce qu'il peut avec un matériel relativement pauvre et pavé d'incohérences. Mais aussi il dut faire face à l'interventionnisme du producteur Jack Dietz, un premier jet de scénario inutilisable et, selon David Duncan, l'obligation de faire apparaitre des monstres à des moments jugés trop tôt par le scénariste. 

Photo : BLACK SCORPION, THE (LE SCORPION NOIR)

A y regarder de plus près, une évidence : DES MONSTRES ATTAQUENT LA VILLE inspirèrent plus d'un film et Duncan & Blees ne s'y trompèrent pas. puisqu'il écrit deux films qui s'en rapprochent ostensiblement, à savoir THE MONSTER THAT CHALLENGED THE WORLD et ce BLACK SCORPION. Dont la descente dans la crevasse reprend la scène de descente dans le nid des fourmis géantes du film de Gordon Douglas. Ou même l'apparition des premières attaquent dans un désert aride' une structure quasi identique, en fin de compte. Jusqu'à même reprendre les sons stridents des fourmis pour les coller brièvement à quelques scènes. Et si l'on pousse le bouchon, on dira presque qu'Irwin Allen a du fortement penser à ce film-ci pour récupérer l'idée de la grue plongeant une cabine aux tréfonds de la terre pour son joliment épouvantable JOUR DE LA FIN DU MONDE, tant les séquences se ressemblent.

Ne nous y trompons pas : THE BLACK SCORPION ne possède rien d'un grand film. Mais une série B générique, sauvée par ses monstres admirablement animés, dotée de scènes captivantes d'attaques animales. Beaucoup de fun à découvrir ou revoir ce long métrage qui possède cette immanquable patine B 50's qui rend le film, au fond, si attachant malgré ses défauts.

Photo : BLACK SCORPION, THE (LE SCORPION NOIR)

Le film reste inédit en France, mais malgré les quelques insuffisances, THE BLACK SCORPION a cependant gardé une certaine aura auprès des fans, due certainement aux effets spéciaux. Il sortit en DVD chez Warner il y a presque une quinzaine d'années en format 4:3 (disque chroniqué sur le site par ailleurs). Puis à nouveau en 2014 cette fois-ci en 1.85:1 et 16:9e. Et c'est sous cette même bannière que le film refait surface en Blu Ray depuis le 20 mars 2018. La bonne nouvelle : ce Blu-ray américain ne possède aucun codage régional. L'autre côté de la médaille : aucune option francophone de présente. Il faudra se contenter de sous-titres anglais optionnels. La galette offre un menu fixe muet, avec un accès direct au film, le choix des sous-titres et des bonus. Aucun accès chapitré, même si le film en dénombre plusieurs. THE BLACK SCORPION est d'une durée complète de 87mn50, présenté en format 1.78:1 noir et blanc en 1080p sur un BD25. L'ensemble demeure volontairement sombre, mais la balance des blancs et des noirs se révèle agréable à l'oeil. Si l'on met de côté les évidences différences des plans des effets spéciaux visuels, les images d'archives du début et ceux tournés en extérieur au Mexique (différence de grain, de niveaux de noir, etc.), ce nouveau scan en 2K possède un beau mérite de qualité. Un débit régulier offre une certaine stabilité et les détails (visages, le monstre en gros plan, les excès de violences des scorpions) abondent.

Une piste DTS HD MA 2.0 de très bonne facture, ce qui s'avère une excellente surprise compte tenu de la nature du film et son budget très bas. Warner a donc de ce fait effectué un joli travail. Des dialogues clairs, une musique qui ne perce pas les tympans, peu de souffle, des effets et bruitages qui n'empiètent pas sur le reste de la bande sonore. Du tout bon.

Photo : BLACK SCORPION, THE (LE SCORPION NOIR)

L'ensemble des bonus présents sur le DVD de 2003 se retrouvent ici. Malgré le fait d'être sur un Blu Ray, ils sont tous en définition standard et en plein cadre. A savoir un segment animé par Ray Harryhausen parlant de Willis O'Brien. Un autre segment de près de 12mn, toujours avec le grand Ray, sur la réalisation des dinosaures pour de THE ANIMAL WORLD d'Irwin Allen, se révélant le meilleur segment du film. Et enfin deux extraits de tests effectués par Pete Peterson, dont un superbe babouin géant mutant et des sortes d'homoncules affublés d'exosquelettes pour des films (THE LAS VEGAS MONSTER et BEETLEMEN) qui ne se concrétisèrent jamais. Pour compléter, le film annonce original (1.78:1) pour THE BLACK SCORPION.

Francis Barbier

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