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 FILM INFOS

 Titre original

 FOTO DI GIOIA, LE

 Autres titres

 DELIRIUM

 Année

 1987

 Nationalité

 Italie

 Réalisation

 Lamberto Bava

 Scénario

 Gianfranco Clerici
 Daniele Stroppa
 Luciano Martino

 Musique

 Simon Boswell

 Acteurs

 Serena Grandi
 Daria Nicolodi
 Vanni Corbellini
 David Brandon
 Luigi Montefiori
 Karl Zinny
 Trine Michelsen
 Katrine Michelsen
 Lino Salemme
 Sabrina Salerno
 Capucine
 Loredana Petricca
 Lionello Pio Di Savoia
 Beatrice Kruger
 Gianni Franco
 Marcia Sedoc
 Patricia Boom
 Giulio Massimini
 Massimo Manasse
 Marco Grillo Spina

 

 DVD INFOS

 

Editeur

Code Red

Format Disque

Blu-Ray (Double Couche)

Durée

94 minutes

Format Image

Format Sonore

English

Sous-titrages

Aucun

 

 SUPPLEMENTS

 •Snapshots of a Murder - entretien avec Lamberto Bava (18mn51)
 • Inside Delirum - entretien avec Massimo Antonello Geleng (12mn52)
 • Murders in red and Blue : entretien avec Gianlorenzo Battaglia (8mn32)
 • Stories from the Bathtub - entretien avec Luigi Montefiori (8mn58)
 • Entretien 2002 avec Lamberto Bava (12mn41)
 • Entretien 2002 avec George Eastman (8mn40)
 • Entretien 2002 avec David Brandon (12mn51)
 • Film annonce

 

 ON AIME

• Une très belle copie HD
• L’abondance de bonus relatifs au film

 ON N'AIME PAS

• Aucun sous-titre
• Un menu et une jaquette épouvantables

 VIDEOS

 Bande-annonce allemande

 
 DELIRIUM

 LE FOTO DI GIOIA

Difficile pour moi de porter un regard objectif sur DELIRIUM, l'avant-dernier Giallo que Lamberto Bava tourna pour le cinma. Tant le film s'avre un regard dfinitif sur la suprmatie du grotesque fantasmatique made in 80's. A la fois les stigmates du thriller en fin de vie, mais cultivant en parallle ce qui en fit ses marques de fabrique.

Photo : DELIRIUM

Un produit lorgnant la fois vers le salace - l'intrigue se noue au coeur d'un revue rotique nomme Pussycat. Mais aussi vers le violent, avec l'originalit du point de vue du tuer dont la vision change de couleur au gr de la construction des meurtres.

Ces Photos de Gioia (jeu de mots sur photos de joie en traduction littrale, mais galement sur le prnom de l'hrone) arrivent dans un univers cinmatographique italien en pleine crise. Aux trois quarts absorbs par un tlvision-poubelle qui a vid le Bis transalpin de sa substance premire. Rares taient les cinastes qui arrivaient encore produire, crire et raliser des films de genre. Le cas Dario Argento mis part, l'exception qui confirme la rgle. Ruggero Deodato pondait pniblement LE TUEUR DE L'ECLIPSE ou son lamentable THE WASHING MACHINE. Sergio Martino s'en est retourn la comdie popu ou le film d'aventures familial genre CASABLANCA EXPRESS? tout est parti en lambeaux.

Pourtant, aussi mdiocrement crit qu'il soit, DELIRIUM fait encore office de rsurgence heureuse du genre. Quota de filles dnudes en danger, armes blanches, symboles phalliques en veux-tu en voil, frustrations, transgressions punitives? et singularit des meurtres. Une photographie hors norme de Gianlorenzo Battaglia, une construction adroite des scnes de suspens - voir ainsi celle du centre commercial, utilis merveille pour sa gographie assassine. Contre-plonge des escalators, ralentis salvateurs, travellings latraux dans l'urgence.

Photo : DELIRIUM

On notera galement, vers 64mn50, la trs belle scne o Gioia (Gloria dans la version anglaise) se retrouve prise au pige dans l'ascenseur, une hache la main. Lumires rougeoyantes, clairs obscurs :l'espace clos rv, nimb de tnbres. En fait, le ralisateur amateur d'espaces confins n'a pas son pareil pour laborer l'angoisse, l'attente de l'attaque venir.

Hormis les quelques exigences dus au genre, Bava tente quelques lments d'auto-drision. Voire de dsacralisation de ce qu'est devenu l'apparent au cinma : les studios de cinma servent dsormais aux videoclips, tout comme la visite des studios de cinma tentent de recrr la belle poque des films d'aventures ou de SF l'italienne. Un brin de nostalgie, et de montrer - du magazine, des sances de photos ou de tournage - l'envers du dcord.

Bava doit cependant colmater les trous scnaristiques (et le sempiternel ct hypocrite transalpin) l'arrache et compense le jeu limite de son actrice principale - choisie suite la dfection d'Edwige Fenech. Serena Grandi reste gnreuse, mais pas son jeu. Elle ne doit sa prsence que suite aux succs faramineux de MIRANDA de Tinto Brass, RIMINI RIMINI de Sergio Corbucci et de LA SIGNORA DELLA NOTTE de Piero Schiavazappa. Le tournage ne se passa d'ailleurs pas trs bien, Bava devant coller aux exigences de diva de sa star sans broncher, tout comme viter de fcher le petit ami visiblement assez violent de Sabrina. Lamberto Bava indiqua quoiqu'il en soit entretenir un rapport htroclite avec le film, ne correspondant pas tout fait ce qu'il esprait. Entre les lignes, on comprend aussi qu'il s'agissait d'une oeuvre de commande pour le producteur Luciano Martino... par ailleurs mari d'Edwige Fenech pendant 8 ans. CQFD.

Photo : DELIRIUM

Pour la France, rien esprer pour le moment : aucun diteur ne parait s'intresser cette perle Bis. Mais deux diteurs anglophones se mordent le mollet pour sortir les mmes films : Code Red aux USA et Films 88 au Royaume Uni. Et ils se dtestent. Enfin, plus l'un vus les vifs changes perdus dans le cyberespace. Et pour DELIRIUM? Code Red : 1, 88 Films: 0. L'diteur amricain a effectivement effectu un travail bien meilleur en qualit de correction de couleurs par rapport l?diteur anglais qui a pantoufl de ce ct-l; Y compris pour les bonus, quasi absents de l'autre ct de la Manche.

Pourtant, a commence mal. La jaquette rversible de l'dition Code Red emporte haut la main la palme 2017 du pire visuel de l'anne. Totalement rpulsifs. Et quand on enfourne la galette, ce n'est gure mieux. Le menu fixe avec son pauvre montage photoshopp de l'affiche italienne d'origine (galament utilis par ailleurs par Shriek Show pour son menu) fait mal aux yeux On se croirait revenu un menu de DVD de 1998. Heureusement, le contenu de l'dition s'avre bien plus passionnant que l'affreux emballage.

Photo : DELIRIUM

La dure complte est de 93mn47, au format 1.85:1, en 1080p et encode AVC -MPEG4, double couche et dot d'un dbit plutt rgulier. Ce qui reprsente ce jour la version la plus complte notre connaissance. Et excellente surprise : une copie 2K qui restitue enfin merveille le splendide job de la photographie du film. Des nuits bleutes aux contrastes russis, les intrieurs rococo de la villa o abondent les dtails.

Le film est sorti au cinma en Italie en version double en italien et mixe en Dolby Stereo. Autre doublage ici, anglais, en DTS HD MA 2.0. Sans aucun sous-titre optionnel, il faudra donc connaitre la langue de Mark Twain pour profiter des merveilleux dialogues du film. Linaire, dpourvu de souffle, il s'agit une amlioration considrable pour qui possde le DVD Z1 de chez Shriek Show, chroniqu par ailleurs sur le site. La musique trpidante de Simon Boswell dynamise avec force les scnes de meurtres, et parvient tirer son pingle du jeu. idem pour les dialogues, clairs, se dtachant agrablement du fond sonore.

Code Red a prpar par ailleurs une belle salve de supplments, tous produits et raliss par Federico Caddeo, pour le compte de Freak-O-rama. Un certain gage de qualit, aux vues des nombreux lments dj produits sur certaines ditions rcentes sorties en France (EXORCISME TRAGIQUE ou encore LA NUIT DES DIABLES). L'ensemble se prsente en version italienne avec sous-titres anglais forcs.

Photo : DELIRIUM

Une entretien de presque 13mn avec Massimo Antonello Geleng qui possde curieusement des souvenirs trs prcis sur son exprience de directeur artistique. Beaucoup de frustrations sur la villa qu'il n'a pas choisie, mais qui tait prte l'emploi via un dcorateur trs en vogue l'poque, nomm Fabian. Avec une multitude de dtails vnitiens s'accordant parfaitement l'ambiance quelque peu rococo de film. Tout comme le ct clinquant et vulgaire, collant au monde du personnage principal. Il s'illustre ainsi beaucoup mieux sur les dcors des studios De Paolis (notamment sur la scne de danse de Sabrina Salerno, ou la scne de science-fiction).

Poursuivons avec le directeur Photo Gianlorenzo Battaglia, un autre rgulier de la tribu Bava, qui explique le traitement de la couleur. Avec son invention gniale du point de vue du tueur avec les couleurs passant du rouge au bleu puis retournant au rouge. Grce un filtre rouge de son invention, qui aura donn du fil retordre aux dveloppeurs du ngatif! Il exprime galement un certain regret sur le ct baroque des lumires, prfrant lui des lumires plus douces. Mme si le choix de tourner en nuit bleue ajoute, selon lui, plus de profondeur de champ la couleur et donne une identit propre au film. En revoyant le film en HD, c'est particulirement criant sur la scne de poursuite nocturne de Serena Grandi. Ainsi que quelques anecdotes, comme Sabrina Salerno qui fut rellement pique par des abeilles, ainsi qu'une intervention de nonnes d'un couvent contigu sur le tournage qui firent sortir les enfants prsents du fait que Lamberto Bava hurlait Sabrina le fait d'enlever sa culotte lors de sa scne apicole! A noter un choix trs curieux de calligraphie des sous-titres ici, avec quelques erreurs de traductions, en majuscules jaunes. Trs bizarre.

Photo : DELIRIUM

Un morceau particulirement croustillant: le segment avec Luigi Montefiori, alias donc George Estman, mais qui n'utilise plus son pseudo aujourd'hui. Qui se contrefout du film. Cela ne l'intresse pas: c'est de la merde, ayant accept les deux jours de tournage pour l'argent. Il dteste Lamberto Bava, trait d'idiot, de demi-homme depuis le tournage de CANI ARRABIATI. Edwige Fenech tait aussi l'autre raison pour laquelle il avait accept le film. Mais il fut terriblement du de trouver Serena Grandi la place une bien mauvaise actrice. Que de toutes les mauvaises actrices avec lesquelles il a travaill, il s'agit de la pire. Donc, avec Bava aux manettes et Grandi l'affiche, c'tait selon l'acteur/scnariste impossible de faire un bon film. Il pousse plus loin en prcisant en fait que la quasi totalit des films qu'il fit sont d'normes merdes, hormis KEOMA, L'ULTIMO KILLER et le REGALO DI NATALE de Pupi Avati. Pas du vrai cinma. Pas ce qu'il crit comme scnarii aujourd'hui, en fait. On en peut que le remercier d'avoir un franc-parler assez rare dans ce mtier. Mais en mme temps, il se dote d'un ego surdimensionn qui le fait passer pour un gros connard. Trs dcevant, assez mprisant - surtout par rapport aux spectateurs qui ont fait son succs - et qui permet de le retrouver ici sur ce bonus. Vous avez dit cracher dans la soupe?

Pour le reste, Code Red a eu la bonne ide de porter les interviews se trouvant sur l'dition DVD de chez Shriek Show : une interview de Lamberto Bava, de David Brandon et... George Eastman, qui se trouve en mode moins vieux con qu'en 2017. En 2002, il pensait que Lamberto Bava tait intelligent, qu'il fit le film par amiti et qu'il est rest ami avec la Grandi. Faux-cul? En fait, il est plus qu'intressant de comprendre l'volution du (res)sentiment du ralisateur et de l'acteur 15 ans de diffrence des deux interviews ralises pour l'occasion. Pour ne pas faire de redite, il faut se reporter la critique effectue en 2013 du DVD Z1 du film, prsente sur le site, o sont mentionns ces trois segments. La qualit du portage sur Blu-ray reste toutefois russie.

Avec le film annonce, cela donne cette dition de DELIRIUM la plus complte ce jour qu'il soit possible d'esprer.

Francis Barbier

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