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 FILM INFOS

 Titre original

 SLUMBER

 Année

 2017

 Nationalité

 Angleterre

 Réalisation

 Jonathan Hopkins

 Scénario

 Richard Hobley
 Jonathan Hopkins

 Musique

 Ulas Pakkan

 Acteurs

 Maggie Q
 Will Kemp
 Sylvester McCoy
 Honor Kneafsey
 William Hope
 Sam Troughton
 Kristen Bush
 Susan Fordham
 William Rhead
 Charlie Bond
 Lindy Pieri
 Mark Preston
 Nick Thomas-Webster
 Adam Lazarus
 Lucas Bond
 Roy Martin Thorn
 Mick Slaney
 Tracy Gardener
 Vincent Andriano
 Emily Ng

 

 POSTERS

 
 SLUMBER

 

Le Dr Alice Arnolds (Maggie Q., galement productrice excutive) a perdu son petit frre tant enfant, alors que celui-ci semblait atteint de somnambulisme. Devenue mdecin spcialiste des troubles du sommeil, elle voit venir une famille semblant souffrir de troubles graves de parasomnie. Le jeune garon est persuad qu'une crature vient se nourrir de ses cauchemars.

Sur le papier, SLUMBER ressemble la cohorte de films parlant de la peur du noir et des monstres tapis dans l'ombre prts surgir en pleine nuit. Aprs la vision du film, on se rend compte avoir affaire tout autre chose. Le premier film crit et ralis par Jonathan Hopkins part de bases certes relativement connues. Il marche sur des plates-bandes dj bien encombres, aux racines allant du rcent et russi BABADOOK en passant par le grotesque NUITS DE TERREUR. Il choisit un environnement dnu de prsence humaine. Des intrieurs d'hpital aux allures thres, aux couleurs passes de forets dnudes - allant jusqu'aux extrieurs de la maison d'Alice, au design pur, raisonn. On croit d'ailleurs reconnaitre celle utilise pour un autre film de genre rcent, #HORROR, qui se teintait galement de forts accents gomtriques dans sa mise en scne. Dot d'un format Scope adroitement utilis, Hopkins construit minutieusement son rcit afin de crer une ambiance douloureuse, et fonce droit vers l'pouvante des lments. Une atmosphre pesante qui ne cde pas aux sirnes des films rcit US bourrs d'ternels strotypes tendance campus et jeunes tudiants, genre le rat THE BYE BYE MAN, auquel SLUMBER ne s'apparente en rien. Il existe ici un poil d'ambition de plus dans la complexit du rapport de l'hrone aux vnements qui font vaciller son credo en la science. Ou pas?

Ce qui prime reste le parcours d'Alice, interprt par une solide Maggie Q, sa confrontation aux fantmes de son enfance. La frontire entre rel et fantasme, et la connexion entre son pass et son prsent. Le fait que le monstre soit tapi dans la fine ligne entre sommeil et veil - ce moment o chacun s'assoupit - relaye ces lments ambigus du rapport d'aucun a la ralit. Enchainant certes d'abord une approche scientifique, puis via des troubles circadiens vers une parasomnie catastrophique. le gnrique de dbut indique s'tre inspir de faits rels, ce qui, au fond, n'a pas grande importance. Le ralisateur apporte une solide direction d'acteurs, avec des enfants qui effectuent des actes assez spectaculaires, notamment sur les scnes de d'attaques nocturnes, ou de menaces : la jeune Honor Kneafsey fait tout spcialement peur avec ses dcapitations d'ours en peluche! Son jeune frre offre lui aussi une interprtation remarquable dans sa permanente vulnrabilit.

Question pouvante, Jonathan Hopkins tente de mettre le paquet. Invitablement. Mais il s'agit de la suggestion des tnbres qui fonctionne le mieux ici. Il se permet quelques timides scnes sanglantes, dont une douloureuse extraction de dent la fourchette (!). Quelques moment de tension particulirement efficaces qui poussent le vice faire des deux enfants des tueurs en puissance : la scne o la petite fille manipule la cisaille pendant que son pre berce un enfant imaginaire donne un belle tension! Il concde au spectateur une soupape de scurit avec le personnage dcal jou par Sylvester McCoy (DOCTOR WHO entre 1987 et 1989, LE HOBBIT). Un doux dingue qui finit par jouer un rle capital, mais il s'agit bien de la seule note d'humour que le long mtrage se permettra. noter galement un final pied au plancher, louchant quelque peu sur POLTERGEIST. En vitant toutefois les piges des machins-possession diabolique qui pullulent trop sur nos crans. Au final, la crature n'apparat pas comme le pivot du rcit. On la verra de ce fait assez peu (tant mieux!), puisque la mise en scne abonde intelligemment dans l'ambiance et la paranoa qu'elle gnre. Mais le peu de plans laissent imaginer une noirceur malfique bienvenue. Assez loigne, heureusement, de l'imagerie populaire que cette crature (ou dmon, selon les points de vue) a pu laborer travers les ges.

Un cadre soign, avec une photographie automnale et froide de Polly Morgan, qui joue un rle essentiel dans la composition d'ensemble. idem pour la musique pesant d'Ullas Pakan, au diapason de l'ensemble. ils apportent l'ensemble un cachet cinma qui rend le film indubitablement au)dessus du panier des productions actuelles de films de genre

SLUMBER aura du mal bnficier d'une sortie cinma sur notre territoire (lors d'une Fte du Cinma quelconque, il aurait sa carte jouer). Il ne restera pas dans les annales comme tant un pierre d'angle du genre, mais SLUMBER possde suffisamment de qualits plastiques et narratives pour retenir l'attention du fan de film d'pouvante. Des effets judicieusement placs et un dernier quart d'heure russi en mode panique achvent un film plutt sympa.

Francis Barbier

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