SLUMBER

 

Le Dr Alice Arnolds (Maggie Q., également productrice exécutive) a perdu son petit frère étant enfant, alors que celui-ci semblait atteint de somnambulisme. Devenue médecin spécialiste des troubles du sommeil, elle voit venir une famille semblant souffrir de troubles graves de parasomnie. Le jeune garçon est persuadé qu’une créature vient se nourrir de ses cauchemars.

Sur le papier, SLUMBER ressemble à la cohorte de films parlant de la peur du noir et des monstres tapis dans l’ombre prêts à surgir en pleine nuit. Après la vision du film, on se rend compte avoir affaire à tout autre chose. Le premier film écrit et réalisé par Jonathan Hopkins part de bases certes relativement connues. Il marche sur des plates-bandes déjà bien encombrées, aux racines allant du récent et réussi BABADOOK en passant par le grotesque NUITS DE TERREUR. Il choisit un environnement dénué de présence humaine. Des intérieurs d’hôpital aux allures éthérées, aux couleurs passées de forets dénudées - allant jusqu’aux extérieurs de la maison d’Alice, au design épuré, raisonné. On croit d’ailleurs reconnaitre celle utilisée pour un autre film de genre récent, #HORROR, qui se teintait également de forts accents géométriques dans sa mise en scène. Doté d’un format Scope adroitement utilisé, Hopkins construit minutieusement son récit afin de créer une ambiance douloureuse, et fonce droit vers l’épouvante des éléments. Une atmosphère pesante qui ne cède pas aux sirènes des films récit US bourrés d’éternels stéréotypes tendance campus et jeunes étudiants, genre le raté THE BYE BYE MAN, auquel SLUMBER ne s’apparente en rien. Il existe ici un poil d’ambition de plus dans la complexité du rapport de l’héroïne aux événements qui font vaciller son credo en la science. Ou pas?

Ce qui prime reste le parcours d’Alice, interprété par une solide Maggie Q, sa confrontation aux fantômes de son enfance. La frontière entre réel et fantasme, et la connexion entre son passé et son présent. Le fait que le monstre soit tapi dans la fine ligne entre sommeil et éveil - ce moment où chacun s’assoupit - relaye ces éléments ambigus du rapport d’aucun a la réalité. Enchainant certes d’abord une approche scientifique, puis via des troubles circadiens vers une parasomnie catastrophique. le générique de début indique s’être inspiré « de faits réels », ce qui, au fond, n’a pas grande importance. Le réalisateur apporte une solide direction d’acteurs, avec des enfants qui effectuent des actes assez spectaculaires, notamment sur les scènes de d’attaques nocturnes, ou de menaces : la jeune Honor Kneafsey fait tout spécialement peur avec ses décapitations d’ours en peluche! Son jeune frère offre lui aussi une interprétation remarquable dans sa permanente vulnérabilité.

Question épouvante, Jonathan Hopkins tente de mettre le paquet. Inévitablement. Mais il s'agit de la suggestion des ténèbres qui fonctionne le mieux ici. Il se permet quelques timides scènes sanglantes, dont une douloureuse extraction de dent à la fourchette (!). Quelques moment de tension particulièrement efficaces qui poussent le vice à faire des deux enfants des tueurs en puissance : la scène où la petite fille manipule la cisaille pendant que son père berce un enfant imaginaire donne un belle tension! Il concède au spectateur une soupape de sécurité avec le personnage décalé joué par Sylvester McCoy (DOCTOR WHO entre 1987 et 1989, LE HOBBIT). Un doux dingue qui finit par jouer un rôle capital, mais il s’agit bien de la seule note d’humour que le long métrage se permettra. À noter également un final pied au plancher, louchant quelque peu sur POLTERGEIST. En évitant toutefois les pièges des machins-possession diabolique qui pullulent trop sur nos écrans. Au final, la créature n'apparaît pas comme le pivot du récit. On la verra de ce fait assez peu (tant mieux!), puisque la mise en scène abonde intelligemment dans l'ambiance et la paranoïa qu'elle génère. Mais le peu de plans laissent imaginer une noirceur maléfique bienvenue. Assez éloignée, heureusement, de l’imagerie populaire que cette créature (ou démon, selon les points de vue) a pu élaborer à travers les âges. 

Un cadre soigné, avec une photographie automnale et froide de Polly Morgan, qui joue un rôle essentiel dans la composition d’ensemble. idem pour la musique pesant d’Ullas Pakan, au diapason de l’ensemble. ils apportent à l’ensemble un cachet cinéma qui rend le film indubitablement au)dessus du panier des productions actuelles de films de genre 

SLUMBER aura du mal à bénéficier d’une sortie cinéma sur notre territoire (lors d’une Fête du Cinéma quelconque, il aurait sa carte à jouer). Il ne restera pas dans les annales comme étant un pierre d’angle du genre, mais SLUMBER possède suffisamment de qualités plastiques et narratives pour retenir l’attention du fan de film d’épouvante. Des effets judicieusement placés et un dernier quart d’heure réussi en mode panique achèvent un film plutôt sympa.

Francis Barbier

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