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 FILM INFOS

 Titre original

 SORELLA DI URSULA, LA

 Autres titres

 SOEUR D'URSULA, LA
 CURSE OF URSULA, THE
 SISTER OF URSULA, THE

 Année

 1978

 Nationalité

 Italie

 Réalisation

 Enzo Milioni

 Scénario

 Enzo Milioni

 Musique

 Mimi Uva

 Acteurs

 Barbara Magnolfi
 Stefania D'Amario
 Vanni Materassi
 Marc Porel
 Anna Zinnemann
 Antiniska Nemour
 Yvonne Harlow
 Giancarlo Zanetti
 Alice Gherardi
 Roberto De Ruggeriis

 

 DVD INFOS

 

Editeur

Le Chat qui Fume

Format Disque

Blu-Ray (Double Couche)

Durée

95 minutes

Format Image

Format Sonore

Italian

Sous-titrages

Francais

 

 SUPPLEMENTS

 •Io Sono Barbara : entretien avec Barbar Magnolfi (23mn27)
 • Ursula C’est moi! - entretien avec Enzo Milioni (36mn46)
 • 3 Gialli par Philippe Chouvel (6mn)
 • Films annonce
  • LA LONGUE NUIT DE L’EXORCISME (VO - 3mn47)
  • TERREUR SUR LA LAGUNE (VO - 3mn27)
  • LA SOEUR D’URSULA (vo - 3mn41)

 

 ON AIME

• Un très jolie copie HD
• L’interview de Barbara Magnolfi
• Un Giallo trash de la meilleure espèce

 ON N'AIME PAS

• Un Giallo trash de la pire espèce
• Pas d’avertissement sur les spoilers présents dans les bonus

 LA SOEUR D'URSULA

 LA SORELLA DI URSULA

Dagmar (Stefania d’Amario) et Ursula (Barbara Magnolfi), une jeune femme aux dons extrasensoriels, arrivent dans un magnifique hôtel de la baie d’Amalfi. A la recherche de leur mère disparue depuis longtemps, elles croisent en fait la route d’un tueur qui assassine ses victimes avec un phallus géant.

Photo : SOEUR D'URSULA, LA (LA SORELLA DI URSULA)

LA SOEUR D’URSULA se manifeste aujourd’hui comme une des dernières tentatives désespérées de la décade 1970/1980 de profiter de la formule du Giallo, ce thriller transalpin si cher à nos yeux. Il arrive en queue de peloton, au propre au au figuré, dans le petit paquet de thrillers cochons, utilisant un érotisme très appuyé afin d’attirer le chaland. Ce dernier s’étant quelque peu fatigué depuis quelques années, il ne restait plus que le sexe comme moyen de l’agripper dans une salle de cinéma. Arriveront donc des oeuvres pantouflardes comme I VIZI MORBOSI DI UNA GOVERNANTE de Filippo Walter Ratti (malgré ses problèmes de distribution tardive ainsi que des scènes sexy coupées), PLAY MOTEL de Roy Garrett ou encore le très cradingue/rétrograde GIALLO A VENEZIA de Mario Landi. Et dans ce petit groupe Bis qui sent la culotte sale, cette SOEUR D’URSULA, il faut l’avouer, demeure le plus visuellement intéressant du tas.

Il existe deux moyens d’appréhender ce film d’Enzo Milioni. En fonction du prisme de lecture, on a soit un bijou de BIs queutard trash qui fout à poil toutes ses actrices sans aucune raison et doté d’une arme nouvelle et redoutable. De quoi réjouir les amateurs de contre-cul-culture, vénérateurs/trices de foufounes 70’s et autres adorateurs/trices de péloches sortant de la norme. De l’autre côté de ce prisme, on peut y voir une oeuvre de fond de cuvette assez mauvaise, chiante, au rythme indolent et incertain. Avec des acteurs qui récitent des dialogues d’une bêtise parfois éprouvante, et une intrigue écrite avec des pieds sur un post-it. 

Au final, il y a probablement un peu des deux (et, oui, J&B a aussi assuré une partie du financement du film!). Un film qui arrive en bout de cycle, représentant la permissivité d’une époque qui ne savait plus à quel sein se vouer. En fait, la réaction de l’actrice Barbara Magnolfi dans les bonus de l’édition française résume toute l’ambiguïté du film. Elle parle de « trash » dans des termes peu avenants, puisque le film étant à l’arrivée différent de ce qu’elle avait signé (i.e : l’ajout de scènes de cul). Mais pour la majorité des personnes qui connaissent le film et/ou iront acheter le film, viennent justement chercher cette notion de « trash ». Question de point de vue, de ressenti. Attention donc pour celles et ceux ne connaissant pas la réputation de LA SOEUR D’URSULA. Oui, il y a un tueur ganté de cuir noir qui assassine à tour de bras, entre autres marqueurs du genre. Mais…si vous espérez une tension, une atmosphère de quasi-épouvante, de rebondissements comme dans les meilleurs exemples du Giallo: vous ne (re)trouverez rien d’un univers à la Dario Argento, Sergio Martino ou Emilio Miraglia - bien au contraire.

Photo : SOEUR D'URSULA, LA (LA SORELLA DI URSULA)

La trouvaille la plus amusante reste bien évidemment l’arme du crime. Une vision jusqu’au-boutiste de l’absurdité psychanalytique où nombre de Gialli utilisent la pénétration de la chair par une arme blanche comme transfert d’une transgression impossible : celle de la représentation à l’écran d’une pénétration sexuelle qui classerait immanquablement le film comme de la pornographie. En ce sens, LA SOEUR D’URSULA franchit quelques limites entre soft et hard - même si curieusement les meurtres sont montrés après-coup où la vision du résultat prime sur l’acte meurtrier en lui-même. Aucune lueur de désir mort, cependant. Si le style rappelle immanquablement les percées salaces de Jess Franco, on reste assez loin des résultats éthérés et nimbés de mystère que peuvent être LA COMTESSE NOIRE ou LE MIROIR OBSCENE. Milioni emprunte quelques codes au maître hispanique, mais sans les effets transcendants. Cette surabondance de scènes de cul tentent de colmater un scénario d’une vacuité et d’une minceur confondantes. Une sous-intrigue avec un vague trafic de drogue qui ne sert à rien. On ne saura jamais pourquoi le film s’appelle LA SOEUR D’URSULA. Son titre original, OCCHILES YEUX») prend tout son sens , avec les plans appuyés sur les yeux du tueur avant qu’il ne frappe, ou les références dans les lignes de dialogues d’Ursula. Il y a aussi la révélation de l’identité du tueur, qui tombe de manière gratuite, sans grande logique. Comme si le barycentre du film se déplaçait subitement de la coquille vide du genre Giallo vers celui de l’habillage proto-porno.

D’un point de vue objectif, les plus belles scènes du film sont celles de la superbe côté amalfitaine où le film a été tourné. Milioni prend un véritable soin à magnifier les décors naturels, un excellent atout pour le film. La qualité de l’emballage ajoute un plus non négligeable : la photographie bénéfice d’une qualité indéniable. Pour le reste, ce mix de sexe et de violence reste un creuset de naïveté et de malaise. Les pauvres acteurs semblent perdus dans une intrigue qui n’avance pas vraiment. L’étrange et sublime Barbara Magnolfi n’est vraiment pas gâtée, peu à l’aise et sa scène de nudité - très loin d’être une réussite. A des années-lumières de son interprétation serpentine de SUSPIRIA. Idem pour Stefania D’Amario, les yeux hagards et dotée, parmi ses 4/5 plans de nus (dont le premier au bout de la 3e minute), d’une scène de masturbation avec une chaîne en or qui vaut le détour pour sa maladresse. Marc Porel (L’EMMUREE VIVANTE de Lucio Fulci, UOMINI SI NASCE, POLIZIOTTI SI MUORE de Ruggero Deodato) terminait sa carrière dans un triste rôle hélas prémonitoire de junkie, offre néanmoins une prestation adéquate - une des rares du film, en fait. Le tour d’horizon des protagonistes ne serait rien, mais vraiment rien sans mentionner la redoutable Yvonne Harlow. Elle joue ici une chanteuse de cabaret minable répondant au doux nom de Stella Shining. Un jeu nul et une scène de chant où s’elle avère incapable de mimer un playback correct, sans parler d’une post-synchronisation hasardeuse. Hallucinant et à mourir de rire.

Photo : SOEUR D'URSULA, LA (LA SORELLA DI URSULA)

Tous ces éléments font de LA SOEUR D’URSULA une oeuvre bizarrement magnétique. Une vraie fascination, mélange donc d’attirance et de répulsion. Une curieuse expérience visuelle, qui ne rend pas le film meilleur, loin s’en faut (c’est quand même pas très bon!). Mais de ces moments cinématographiques autres comme seuls le cinéma Bis italien possédait la capacité de produire. Un film venu d’une dimension parallèle, où le mauvais gout trône comme seule alternative à l’ennui. Même si l’ennui qui parcourt le film transpire comme étant une de ses valeurs principales. Il ne s’agit nullement d’une pierre d’angle du Giallo ou un vrai grand film oublié. Mais son outrance putassière force le respect!

Photo : SOEUR D'URSULA, LA (LA SORELLA DI URSULA)

Disponible en DVD dans de nombreux pays, dont chez Severin aux USA et chez Shameless au Royaume-Uni, LA SOEUR D’URSULA restait inédite en France. Oubli réparé via Le Chat qui Fume qui offre une édition étonnement luxueuse, à base d’un fourreau contenant un combo Blu-Ray/DVD du plus bel effet. Et qui poursuit une ligne éditoriale courageuse en offrant un lustre rutilant à d’obscurs longs-métrages. Toujours avec son luxueux fourreau s’ouvrant en triptyque, avec deux disques sur la reproduction de photos et d’affiches originales du film aux divers rectos et versos. Très classe.

Le film est codé région B, sur un BD 50 pour le Blu Ray (1080p, encodage en AVC / MPEG-4) et sur un DVD 9 double couche pour le DVD région 2. La durée exacte sur le Blu Ray est de 94mn53 et de 94mn46 sur le DVD. Ils possèdent tous deux le même graphisme pour les menus animés (musiques de fond comprises) L’élégant menu animé offre le choix d’accès au film, aux suppléments et aux remerciements, mais pas d’accès chapitré. L’habillage général possède ce style Chat qui fume aisément reconnaissable pour les habitués de l’éditeur.

Video : La copie est présentée en 1.85:1, respectant ainsi le format original dans lequel le film a été tourné. Comparé aux autres éditions DVD (on mentionnera à peine la VHS italienne sortie chez Schendene e Moizzi il y a 20 ans!), le Blu Ray offre un upgrade plutôt incroyable. Si l’on passe une photographie grisonnante pas très avenante lors du générique de début, le reste vaut clairement le détour. Des gros plans spectaculaires de détails, richesse de texture comme celui d’Anna Zinneman (à 70mn16) - aux divers plans américains de l’intérieur de l’Hotel Saraceno où a été tourné le film (couleurs, sculptures ou encore les détails de la rampe d’escalier à 74mn15). Une HD qui apporte un gain qualitatif non négligeable, respectant à la fois la grain original - visible surtout dans les scènes d’extérieur - mais également une robustesse des couleurs qui fait plaisir à l’oeil, pointant le travail effectué par le directeur photo (voir à 81mn57, le peignoir rouge tranchant avec le cadre bleu au mur). Peu de traces de poussières visibles, on a affaire à du très bon boulot.

Photo : SOEUR D'URSULA, LA (LA SORELLA DI URSULA)

Audio: Inédit en France donc aucune VF. Ce sera une version originale italienne: DTS HD MA encodé sur deux canaux mono et Dolby Digital mono également deux canaux pour le dvd. Avec sous-titres français optionnels qui ne sont pas actionnables depuis le menu (aucune option ne l’offre), ce sera donc à vous de faire le travail depuis votre télécommande. Une piste audio propre, avec un peu de souffle en fond, peu notable lors de la présence electronico-lounge (envahissante par instants) de la partition musicale de Mimi’ Uva. Des dialogues parfaitement audibles qui font le job.

Bonus : Magnifique interview exclusive de l’actrice-héroïne du film, Barbara Magnolfi, s’exprimant dans un français parfait! Près de 25mn à retracer sa carrière, abordant des tournants décisifs (la sortie de SUSPIRIA) tout comme de douloureux moments de sa vie privée - et l’impact que cela put avoir sur sa vie. Elle reste très lucide sur ses choix après SUSPIRIA, notamment sur le tournage de LA SOEUR D’URSULA, à partir de 12mn25. N’hésitant pas à parler de trahison de la part des producteurs (dont l’un des deux est aussi le monteur du film. CQFD) et du metteur en scène, d’avoir rajouté des scènes de sexe à posteriori - sans l’en avoir avertie au préalable. Une HD impeccable, une photographie sobre : idéal pour passer un moment des plus agréables avec la toujours séduisante Barbara. Dommage, une fois de plus, qu’aucun avertissement ne soit proposé car un énorme spoiler est révélé en plein milieu de l’interview (à savoir : l’identité du tueur).

Le Chat qui Fume a repris l’interview du réalisateur que celui-ci donna pour la sortie du DVD Z1 chez Severin en 2008 -, déjà reprise par l’édition britannique. Une interview de qualité visuelle moindre que celle de Barbara Magnolfi, en version italienne avec sous-titres français, qui tranche avec la qualité HD de l’interview de la belle Barbara. Enzo a tout d’un pervers pépère! Mais il donne une perspective interessante sur le moment où le film a été élaboré. La période politique troublée de la péninsule, avec l’assassinat d’Aldo Moro. Tout en rivalisant de bons commentaires sur le travail des actrices principales. Et saviez-vous que la soit-disante « Yvonne Harlow » se targue d’être l’arrière petite-fille de Jean Harlow? Si cela est avéré, la pauvre Jean doit constater avec amertume que le talent n’est décidément pas génétique. Enzo Milioni a en fait beaucoup de tendresse envers son film, malgré le tripatouillage de la production, le considérant plus comme une fable plus qu’autre chose.

Photo : SOEUR D'URSULA, LA (LA SORELLA DI URSULA)

Après Olivier Père dans les suppléments de l’édition de TERREUR SUR LA LAGUNE, c’est au tour de Philippe Chouvel, notre collègue du site Psychovision, de donner son choix argumenté de ses 3 meilleurs Gialli, s’éloignant avec bonheur hors des sentiers battus. Les films annonce des prochains titres de l’éditeur et du film de Milioni complètent l’édition, avec les remerciements bienvenus.

En conclusion, que vous soyez fans de LA SOEUR D’URSULA ou pas, l’édition française du Chat qui Fume réitère ses réussites passées : à savoir mettre sur le marché la meilleure copie du film à ce jour, orné entre autres suppléments d’un bonus exclusif avec l’actrice principale, et de dégager une ligne éditoriale qui prend tout son sens. Ce qui fait de ce combo Blu Ray/DVD un pack éminemment recommandé.

Francis Barbier

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