FRIEND REQUEST

 

Autant être lucide. Avec des films de genre laissés pour compte au bord du chemin de la route, on aura toujours droit aux oeuvrettes les moins impactantes qui sortiront en salle. Peu de risque pris, destinés aux ados/adulescents, aussitôt sortis, aussitôt oubliés; Du cinéma jetable, quoi. Du pain béni pour des distributeurs inexpérimentés aux abois d’un produit de consommation courante, genre être le Lidl du cinéma de genre, quoi. Attraper des petites merdes insignifiantes qui surfent sur l’air du temps. FRIEND REQUEST correspond exactement à tout cela.

Photo : FRIEND REQUEST

A la course aux amis Facebook, Laura (Alycia Debnham-Carey) reste une championne. Prise de ptié pour Marina (Liesl Ahlers), une étudiante seule et bizarre, elle accepte son invitation Facebook. Mais bientôt, Marina va la poursuivre jusqu’à la folie. Laura la supprime de sa liste d’amis… et Marina se suicide. Ou pas? En tous cas, les amis de Laura meurent tous les uns après les autres.

Dès les premières minutes de FRIEND REQUEST, aucune possibilité de se perdre. Le spectateur reste en terrain archi-connu, au cas où il aurait l’incroyable idée de réfléchir. Cette production américano-allemande ne prend strictement aucun risque. Et prend définitivement le spectateur pour un con. Cette idée de génie sans bouillir appartient à Simon Verhoeven. Aucune relation avec l’auteur du thriller gériatrique ELLE avec Isabelle Huppert. Mais le fils de l’actrice allemande Senta Berger. On bénéficie de l’aide qu’on peut,  à défaut de talent.

Quand on a pas d’idée, autant repiquer ce qui fonctionne, quitte à être déjà dépassée au moment où cela sort. Passer après CYBERNATURAL reste déjà difficile, même en termes de pauvre qualité d’exécutionS. Le lieu : un campus. L’héroïne : une néo-Jessica-Harper-Jamie-Lee-Curtis-Neve-Campbell rebootée 2.0 pour correspondre aux attentes du public ado actuel. Pas de snapchat (trop jeune) ou de Twitter (trop court) mais donc la notion d’amitié contrariée dans un monde post-SCREAM. Internet qui pique les identités`, THE NET a déjà sévi`; Les SMS qui tuent des jeunes? Déjà fait avec 6 PLOTS.  L’idée de l’application diabolique a déjà été faite aux Pays-Bas avec le film interactif APP, déjà de triste mémoire; Sauf qu’à côté de FRIEND REQUEST, APP fait office du SUEURS FROIDES de film d’horreur pour ados! Donc Verhoeven va recycler jusqu’à plus soif une intrigue dont les cordes de l’originalité ont explosé en plein vol depuis longtemps.

Photo : FRIEND REQUEST

Stéréotype après cliché, FRIEND REQUEST va les enfiler comme un collier de nouille d’écolier de CE1. L’étrangère un peu gothique, solitaire se révèle une psychopathe-sorcière démoniaque de 1e ordre. Les jeunes WASP tous jolis (il y aura quand même une jeune femme enrobée comme second rôle, une rareté), complètement interchangeables, sans aucune chair.. vont y passer. De telle manière qu’au bout de 20 minutes, premier bâillement. Ni le scénario ni la mise en scène ne s’intéressent quelque peu aux personnages satellites de l’héroïne (déjà bien vieille pour rôle, ceci dit en passant). Aucun suspens, aucun attachement : ils peuvent tous disparaitre aspirés par un Vortex quelconque que cela ne serait pas mieux.

En clair, dès que la sorcière se met en marche de faire ressentir à Laura « ce que c’est de ne pas avoir d’amis » (notez la leçon de morale au passage, on sent qu’on va se faire chier. Gravement, même, car le chemin se trace tout seul : un film en pilotage automatique. Entre le jeu insignifiant des acteurs en place, l’extrême stupidité du scénario, l‘absence totale d’enjeux, la laideur des effets numériques, il ne reste que la porte de sortie la pus proche afin d’éviter la malédiction de l’endormissement graduel. On aura aussi droit à l’inévitable scène de l’endroit au moment crucial du film où le portable ne capte pas. Ha! on ne l’avait jamais eue, celle-là.

Qui plus est, on ne comprend jamais vraiment pourquoi cet acharnement. Jalousie? Passage de relais? Ennui? Esprit de vengeance? Les auteurs ne s’embarrassent pas d’explications ou de sens. Faut équarrir et tenir 90mn, coûte que coûte. Les policiers font preuve de ce fait d’un stupidité spectaculaire, ne vérifiant en rien les allégations de chacun; Apparaissant aux moments creux du film, ils lui donnent les pires moments de crédibilité. Bravo au flic-débile et la scène où il se fait piquer son flingue. N’importe quoi! Tout comme l’interdiction aux moins de 12 ans. Le niveau de violence et de litrons de sang n’est ni pire ni meilleur que les journaux télévisés du soir. Car au niveau trouille, on reste fatalement au niveau zéro.

Photo : FRIEND REQUEST

Tout n’est pas unanimement mauvais dans ce film, pour être totalement honnête. Les séquences animées des dessins de Marina surnagent aisément du marais de médiocrité de FRIEND REQUEST. Sombres, déments, solitaires, ils éclairent justement quelque peu la nature de l’isolement de Marina, dont l’histoire révélée reste intéressante. Tout en enfonçant quelques portes ouvertes. Idem pour la fin, qui réussit à réserver un retournement, dont les ressorts empruntent pas mal aussi à divers auteurs, dont Guillermo del Toro

Mais cela ne souffre aucune ambiguïté. FRIEND REQUEST s’adresse majoritairement à un public sans grande expérience cinématographique. Nul doute qu’il plaira à sa cible des 12-16 ans. Pour les amateurs de films de genre, l’encéphalogramme demeure désespérément plat. Il n’y a pas grand chose à sauver, sauf peut-être économiser 90 minutes de votre vie et l’utiliser à quelque chose de plus utile.

Francis Barbier

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