THE ABC'S OF DEATH 2

 

Second volet de l’abécédaire de la mort, traduction littérale du titre ABC’s OF DEATH 2, ce volume rassemble 30 réalisateurs de tout horizon (de l’animation au réalisme en passant par le dessin), de toute origine (Angleterre, Israël, Cuba ou encore les Philippines) dans tous les genres (de la comédie au torture porn en passant par le Nollywood). Anthologie comptabilisant 26 courts métrage, ABC’s OF DEATH 2 propose, comme dans son premier épisode, à chaque réalisateur une lettre à partir de laquelle il doit travailler donnant souvent lieu à des jeux de mots.

Photo : ABC\'S OF DEATH 2, THE

Le premier segment, AMATEUR de Evan Katz raconte l’histoire d’un tueur à gage qui s’imagine être une sorte de mec badass mais en réalité est un piètre tueur. Très drôle et incisif, ce premier court métrage est signé par quelqu’un qui a déjà de la bouteille puisque cet ancien journaliste dédié au cinéma fantastique est passé derrière la caméra en réalisant entre autres CHEAP TRILLS. Un début sur les chapeau de roue qui n’annonce que du bon en somme.

Le second morceau de viande est rouge saillant. BADGER raconte l’histoire d’un tournage d’une émission écologique visant à prévenir la disparition des blaireaux suite à l’implantation d’une centrale nucléaire. Or il s’avère que les Blaireaux n’ont pas totalement disparus. Evidemment il y a un jeu de mot. Très drôle, ce second segment fonctionne très bien avec peu de moyen, efficace en somme. Réalisé par Julian Barratt c’est la première réalisation de ce touche à tout.

CAPITAL PUNISHMENT est le troisième segment. L’auteur de DOGHOUSDE, l’excellent film de zombie tournant à la guerre des sexes signe ici un court plutôt décevant. Ne parvenant à réellement donner vie à ce petit village anglais qui pratique la justice lui-même et surtout fait encore des mises à mort à l’ancienne pour ceux jugés coupable, le film finit par donner l’impression d’être moralisateur ce qui était sans doute pas le but initial. Trop premier degré, manquant d’humour, celui-ci est plutôt raté.

Ce qui n’est pas le cas du quatrième. DELOUSED de Robert Morgan raconte une histoire très Kafkaienne d’homme pactisant avec le diable pour obtenir un gain de temps, mais son pacte va très mal finir. Mélange de différentes inspirations, avec une atmosphère très Clive Barker, les bourreaux nous ayant largement fait penser aux sadiques héros de la saga Hellraiser avec leur tenue en cuir et les vises plantés dans leur tête, il est de part son animation assez malsain et glauque. Je l’ai trouvé pour ma part excellent du début à la fin, sorte de conte de fée horrifique et déviant.

Photo : ABC\'S OF DEATH 2, THE

Le cinquième segment est une comédie. Réalisé par Alejandro Brugués qui avait auparavant fait JUAN OF THE DEAD, EQUILIBRIUM se passe dans une île déserte. Occupée par deux hommes qui occupent leur temps à picoler et à manger de la noix de coco voilà qu’arrive une sublime inconnue qui les pousse à rivaliser de gentillesse et provoque inévitablement une montée de la jalousie. Un équilibre rompu qui devra inévitablement être rééquilibré. Encore un jeu d’humour plutôt fin et drôle pour ce segment réussit.

S’ensuivait FALLING, sixième segment. Réalisé par Aharon Keshales et Navot Papushado il est en provenance d’Israël puisque les deux compères se sont fait connaître avec RABIES puis plus récemment avec BIG BAD WOLVES un thriller noir et cynique sur la vengeance et la justice faite soi-même. Ce petit court qui raconte l’atterrissage raté d’une parachutiste israélienne qui tente de persuader un jeune palestinien de la détacher et de la ramener au village plutôt que de lui tirer dessus est plutôt vain. Le récit tombe à plat sans parvenir à faire rire ou provoquer une quelconque émotion.

En revanche GRANDAD est une réussite. Récit de Jim Hosking qui travaille essentiellement pour la télé et la publicité ayant néanmoins réalisé un court métrage appelé RENEGATES, c’est l’histoire de la relation plutôt à sens unique d’un grand père et de son petit fils. Ce dernier fait semblant d’apprécier son aïeul afin de pouvoir loger chez lui gratuitement, malheureusement pour cette grande gueule son grand père a vu clair dans son jeu et n’a pas l’intention de le laisser s’en tirer impunément. Insolent, drôle, sarcastique et méchant, GRANDAD réussit à associer frisson et humour.

Plus conceptuel, le segment réalisé par Bill Plympton connu pour ses courts métrages d’animations comme YOUR FACE, GUIDE DOG, HOT DOG ou HORN DOG il applique son style inimitable dans HEAD GAMES. Comme tout film conceptuel, il faut aimer. Le style de l’animation est très particulier mais plutôt bon. Le jeu de mot fonctionne à condition d’aimer le style de l’artiste. Pour ma part j’ai apprécié ce court métrage efficace.

Photo : ABC\'S OF DEATH 2, THE

Du côté des Philippines, il y a ce segment de Erik Matti qui a réalisé entre autres GAGAMBOY l’histoire de deux hommes devenant un peu spéciaux après avoir avalé des insectes et qui s’affrontent pour une jolie fille et ON THE JOB un thriller mettant en scène des tueurs à gages. Racontant une histoire qui m’a beaucoup fait penser à DRAG ME TO HELL, INVINCIBLE parle d’enfants cherchant à tuer leur mère pour obtenir son héritage. Seulement leur mère a avalé une pierre magique la rendant immortelle, autant dire que leur tâche va s’avérer ardue. Plutôt bien fichu reposant sur une idée qui aurait mérité un peu plus de temps voire un long métrage, il s’achève de manière un peu courte et vaine.

Du Brésil nous venait un segment appelé JESUS. Dennison Ramalho a signé auparavant deux courts métrages fantastiques LOVE FROM MOTHER ONLY et NINJAS plus récemment. Racontant l’histoire d’un homosexuel torturé par des prêtres tentant de l’exorciser, ce court est trash et noir. Malgré de bonnes idées comme l’apparition d’une créature vengeresse à la fin, la réalisation maladroite et le manque de charisme des acteurs fait qu’on accroche difficilement à cette histoire qui retombe à plat.

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KNELL en revanche était plutôt réussi. Evoquant l’histoire d’une jeune femme qui voit apparaître dans le ciel une énorme bulle noire qui disparaît aussitôt. Après sa disparition, ses voisins de l’immeuble d’en face commence à s’entretuer… Evidemment l’idée est plutôt géniale faisant tout de suite pensée à FENETRE SUR COUR mêlé à un élément purement fantastique représenté par une espèce d’encre noire. Là encore on aurait aimé s’attarder un peu plus sur le sujet. Une telle idée exige plus que quelques minutes seulement pour être explorer. Espérons que Kristina Buozyte & Bruno Samper qui ont déjà réalisé ensemble VANISHING WAVES penseront à développer leur idée sur un long.

Lancelot Imasuen qui a déjà signé plus de 150 films dans l’industrie florissante du Nollywood dont CRITICAL DECISION, GAME WOMEN PLAY et BENT ARROWS met cette fois-ci en scène sur une courte durée une histoire de vengeance. LEGACY manque clairement de moyen, la créature vengeresse peine à faire peur et plus encore la manière dont elle tue aurait mérité un peu plus de soin graphiquement parlant. Mais l’idée était plutôt intéressante. Mettant en scène un sacrifice raté, il y avait au début une atmosphère presque magique qui se dissipe ensuite du fait du manque de moyen donnant un résultat assez bis.

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MASTICATE est une comédie efficace avec des couleurs pétantes (un poil trop ?) et une musique très estivale mettant en scène un type plutôt costaux qui se met à courir à poil (ou quasi) dans les rues d’une ville ensoleillée (sans doute Miami) avant de se jeter sur un type et de commencer à le manger. Le segment de Robert Boocheck qui a été stagiaire de Sam Raimi avant de faire des clips pour des artistes comme Chromeo ou les Dandy Warhols, est plutôt réussit. La fin est jouissive et drôle d’ailleurs. Seul reproche, une image un peu trop saturée et des acteurs pas forcément tous bons.

NEXUS de Larry Fessenden qui a co-écrit le remake de L’ORPHELINAT est l’histoire d’un petit ami en retard le jour d’Halloween. Tente de faire un récit en parallèle pour se diriger vers une issue fatale qu’on devine trop aisément, NEXUS échoue à l’exercice. Prévisible, pas très bien mis en scène, doté d’acteurs plutôt mauvais, il fait parti des mauvais segments du film.

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En revanche le segment de Hajime Ohata qui a réalisé auparavant HENGE en 2011 est réussi. Racontant un procès mené par des zombies avec dans le banc des accusés des humains vivants, il retourne les codes du films de zombie. Ici ce sont les zombies qui accusent de crime les vivants qui se sont défendus durant le réveil. Les zombies étant désormais sous traitement qui les rend moins agressif, ils considèrent donc que les balles dans la tête qu’on leur a admise sont du meurtre ni plus ni moins… Drôle et original, il est sans doute l’un des meilleurs segments.

P-P-P-P SCARY ! est à la base une petite tricherie mais qui est largement compensé par l’humour absurde et déjanté qui anime ce court de Todd Rohal. L’auteur de THE GUATEMALAN HANDSHAKE signe là une œuvre à l’esthétique inspirée du film muet, l’humour assez proche du burlesque tout en ayant une énorme touche d’absurdité presque psychédélique et complètement folle qui rend ce court à la fois unique et réussit.

Quand à Rodney Ascher qui avait fait le documentaire ROOM 237 qui expliquait toutes les théories qu’ont élaborés les fans en regardant SHINING sous toutes les coutures, il réalise un court plutôt simple et efficace nommé QUESTIONNAIRE. Un homme acceptant de faire un test de QI gratuit se retrouve sans le savoir embarqué dans une expérience interdite. La fin est un peu abrupte cependant nous laissant un goût d’inachevé.

ROULETTE quand à lui raconte l’histoire de deux hommes et d’une femme qui jouent à la roulette russe dans une cave. Leur accent allemand et le noir et blanc laisse à penser qu’ils sont enfermés durant l’occupation. Quoi qu’il en soit, la tension monte progressivement mais la fin est loin d’être réussit car donnant l’impression que ce n’est pas terminé. Marvin Kren, l’auteur, a déjà fait deux longs avec RAMMBOCK en 2010 puis THE STATION passé à Gérardmer en 2014.

Pour la lettre S c’est Juan Martinez un réalisateur espagnol qui s’en charge avec Split. Sa comédie horrifique GAME OF WEREWOLVES avait été le chouchou des festivals mais ici c’est plutôt sérieux même s’il y a de l’humour, très très noir d’ailleurs. En effet en racontant l’histoire de cet homme qui en appelant sa femme devient le premier témoin d’un home invasion à l’intérieur de sa propre maison est plutôt saisissant et finit d’une manière assez comique. Réussit, il est de ces courts efficaces qui frappent dans le mile en peu de temps.

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Réalisé par Jen & Sylvia Soska, des sœurs jumelles qui ont réalisés 4 bandes horrifiques avant de se lancer dans ce segment avec une idée plutôt originale. Appelé Torture Porn il débute avec une fille timide qui passe un casting pour faire du porno avant que les choses ne s’enveniment très sérieusement. Gore, efficace, drôle et bien fichu, c’est parmi mes segments préférés de ce ABC’s OF DEATH 2.

UTOPIA de Vincent Natali est en revanche plus froid. Racontant une espèce de futur utopique où tout le monde doit être beau sinon il finit grillé sur place, ce segment signé par l’auteur de CUBE et plus récemment SPLICE échoue à nous faire frissonner. Plutôt basique, son court d’anticipation n’est pas vraiment effrayant. Sans doute trop froid pour que l’identification fonctionne ou réalisé dans un laps de temps trop court, il tombe à plat.

Ce qui n’est pas le cas de VACATION de Jerome Sable l’auteur de STAGE FRIGHT une comédie noire. Deux potes sont en voyage à l’autre bout du monde, l’un des deux passe un coup de fil à sa copine voulant la rassurer, malheureusement, son ami plus taquin lui vole l’appareil et révèle le pot au rose, à savoir qu’ils sont venus ici pour consommer de la drogue et profiter du tourisme sexuel, ce qui à la fin, se retourne contre eux. Drôle, efficace et hyper violent à la fin, ce segment est dans les bons.

WISH de Steven Kostanski est dans la veine de la société Astron-6 dont il fait parti, à savoir petit budget, horreur et comédie. Deux petits garçons jouant avec leur jouet favoris font le vœux d’être avec leur jouet et se retrouve balancé dans l’univers impitoyable du jeu. Mis en scène au début comme une fausse pub, bande annonce des années 80, avec un univers assez semblable à celui des Maîtres de l’univers, Wish est indubitablement le meilleur des segments. Efficace, redoutable, drôle, gore, malsain, brutal le tout avec une atmosphère très Cannon film forcément c’était bien vu.

Julien Maury et Alexandre Bustillo, les deux frenchy de l’anthologie qui ont réalisé A L’INTERIEUR puis LIVIDE et récemment AUX YEUX DES VIVANTS mettent en scène leur actrice fétiche Béatrice Dale dans Xylophone où elle incarne une très très mauvaise baby-sitter. Plutôt réussit, l’ambiance étant jeté assez rapidement, on sent cependant que le court manque un peu de conviction et qu’il aurait pu être plus intense.

Réalisé par Soichi Umezawa artisan des effets spéciaux qui signe là sa première réalisation, YOUTH est une histoire assez démente où le japonais se fait plaisir en illustrant de manière très premier degré les reproches qu’adresse une adolescente à ses parents qui ne sont pas très bon dans leur job parental. Absurde, généreux et assez drôle, ce segment est plutôt réussit.

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Enfin on termine avec la dernière lettre. Pour finir en beauté Chris Nash doit sa participation à cette anthologie à une lettre enflammée sur l’état pathétique du cinéma d’horreur actuel. Il livre donc Zygote, le récit absurde et décalé d’une femme enceinte ayant peur d’accoucher toute seule et qui dévore des racines supposés l’aider à attendre le retour de son mari qui se fait tarder. Treize ans plus tard, l’enfant parle mais est toujours dans le ventre de sa mère ! Ce qui évidemment pose certains problèmes. Bourré d’humour noir, posant une ambiance crasseuse, ce segment à la forme d’un conte de fée horrifique. S’il est bon, il n’est pas non plus révolutionnaire, aussi je sais pas si sa lettre était justifiée.

Sophie Schweitzer

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