Après s'être attaqué à l'histoire de Noé
et l'avoir rapidement mélangée avec celle de la chute
de Sodome et Gomorrhe, Hallmark réitère dans la saga biblique
sous la forme d'une nouvelle mini-série à destination
de la télévision américaine. Et cela ne fait pas
dans la dentelle. LA TERRE PROMISE nous fait un condensé
de la genèse à Moïse en omettant les deux passages
de la bible déjà compilés dans L'ARCHE
DE NOE. Comme d'habitude, les noms prestigieux se battent au
générique. Martin
Landau, Jacqueline
Bisset, Geraldine
Chaplin, Diana Rigg
et Christopher
Lee. Mazette, voilà de quoi attirer pas mal de spectateurs,
qu'ils soient croyants ou pas.

LA TERRE PROMISE,
comme son nom l'indique, s'intéresse de manière intrinsèque
à la quête d'une terre prospère pour les hébreux.
Une grande aventure ? En fait, ce qui défile à l'écran
tiendrait plutôt des "Feux de l'Amour". En gros, on
assiste à l'histoire de toute une lignée qui descend d'Abraham.
Ces derniers n'ayant de cesse de s'arnaquer les uns les autres, se faire
les pires coups bas et accessoirement se marier pour perpétuer
la lignée. C'est un peu ce que l'on ressent à la vision
de LA TERRE PROMISE. Les deux passages les plus passionnant ont
un rapport direct avec l'ancienne Egypte. On peut d'ailleurs y découvrir
Christopher Lee
dans le rôle de Ramsès. Sans aura particulière dans
ce rôle, on a bien du mal à reconnaître celui qui
incarna Kharis dans LA
MALEDICTION DES PHARAONS. Est-ce l'âge de l'acteur ? L'intérêt
tout relatif du film ? Ou les costumes et maquillages "too much"
?

LA TERRE PROMISE dure
presque trois heures et expédie Moïse en un peu plus d'une
quarantaine de minutes. Incroyable, là où Cecil
B. DeMille, avec LES
DIX COMMANDEMENTS, approchait les quatre heures sur la version
avec Charlton
Heston, les scénaristes de LA TERRE PROMISE donne
dans la narration express ! Et tout le film est du même acabit.
Impossible de se prendre d'affection pour un personnage ou entrer dans
une ambiance. Traverser la Bible avec LA TERRE PROMISE, c'est
un peu comme visiter un musée en une heure avec un guide touristique.
Pas le temps de s'attarder et lorsque cela se fait, cela dispense l'ennui.

Contrairement à L'ARCHE
DE NOE qui avait au moins le mérite de montrer de belles
images, LA TERRE PROMISE ne réussit même pas à
présenter de jolis décors. Il n'y a finalement que les
paysages naturels qui font illusion dès qu'ils sont filmés
dans leur ensemble. Mention spéciale pour les décors égyptiens
qui atteignent le summum du mauvais goût, tout en évitant
de vous en mettre plein les yeux. Ainsi, l'un des rares plans d'ensemble
de la ville est aussi réussi qu'une peinture sur toile aux couleurs
trop surréalistes.