SUSPIRIA est un grand film… Un chef d'œuvre et ce n'est pas la
peine de revenir là dessus puisque Nadia l'a déjà dit lors de sa critique
du DVD
français. Une année a passé et voilà que déboule le disque américain
de Anchor Bay. La question s'impose d'elle-même… Que faire ? Est-ce
que cela vaut vraiment la peine de débourser quelques dollars de plus
pour obtenir une nouvelle version du film ? C'est ce que nous allons
voir…

Anchor Bay ne sort pas une
version de SUSPIRIA mais deux. La première est une édition limitée
avec trois disques. Et l'autre, une édition simple qui est l'identique
copie du premier DVD contenu dans la version limitée sans les petits
bonus contenus dans la boite. A noter que l'édition limitée est numérotée
et qu'il n'y en a que 60.000 exemplaires. Au delà de l'édition du film
lui-même, cela se transforme en un objet de collection surtout lorsque
l'on sait ce que l'on découvre en ouvrant la boite, ce que nous verrons
plus tard.

Jusqu'à maintenant, le DVD
français édité par TF1 était une référence pour ce film. Le DVD
anglais était d'ailleurs pitoyable et notre comparaison le laissait
littéralement hors course au moment de notre critique du disque français.
Il est donc temps de comparer l'image du DVD
français avec celui de cette toute dernière édition. Gardons à l'esprit
que les images NTSC ont, de manière naturelle, des couleurs bien plus
pétantes qu'en PAL. Fatalement, c'est la première impression qui en
ressort. Les couleurs sont effectivement encore plus éblouissante. Pour
un film tel que SUSPIRIA, c'est un atout de taille. L'image du
DVD américain est bien plus lumineuse et semble un poil mieux définie.
Le DVD américain marque un nouveau pas en avant, ce qui n'a rien d'étonnant
lorsque l'on sait que le transfert a été réalisé, avec le directeur
de la photographie, à partir du négatif original.
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Version
française
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Version
américaine
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A notre époque, dès qu'il
s'agit de ressortir un film, on remixe un peu tout, histoire de remettre
au goût du jour techniquement les films. SUSPIRIA n'échappe pas
à cette règle. C'est donc trois bandes-son rien que pour la version
anglaise qui se trouvent sur le disque. Une en DTS (ES), une autre en
Dolby Digital 5.1 (EX) et la dernière en Stéréo surround. Si les deux
bandes sonores multicanaux laissent derrière la version en simple surround,
on ne notera pas de différence extrême entre le DTS et le Dolby Digital.
Si vous cherchiez un disque pour prouver la suprématie de l'un sur l'autre,
c'est un peu râpé ! En dehors des versions anglaises, il y a deux autres
versions : l'italienne et la française. Contrairement au DVD
français, la version italienne présente sur ce disque est en Stéréo
surround. Elle n'était qu'en Mono sur le disque TF1. De même, la version
française est, elle aussi, en Stéréo surround alors qu'elle n'était
qu'en simple stéréo sur le disque français. Ne vous enthousiasmez pas
trop vite. Il s'agit bel et bien du même doublage français mais l'apport
du Surround n'est pas énorme sur cette bande sonore.

Mais au fait ? Dans quelle
langue se regarde le film ? Comme la plupart des films italiens, il
n'existe pas réellement de version originale. Les acteurs étant de nationalités
différentes, ils sont alors postsynchronisés plus tard. Ainsi, vous
pouvez entendre la voix originale de Joan
Bennett ou de Jessica
Harper sur la version anglaise mais pas sur la version italienne.
Le contraire étant vrai pour les acteurs italiens. Il n'est donc pas
évident de conseiller l'une des versions ou l'autre. Surtout que certains
des doublages ne sont pas vraiment réussis par rapport à ceux qui se
sont doublés eux-mêmes. L'actrice Jessica
Harper revient d'ailleurs sur ce problème dans le documentaire en
se souvenant que parfois dans une même scène, plusieurs acteurs se donnaient
la réplique dans des langues différentes sans que cela ait l'air de
gêner personne…
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Les bonus du
premier disque sont plus ou moins anecdotiques sans être inintéressants.
Vous pourrez y découvrir, entre autres, une bande-annonce américaine
qui se permet un gimmick relativement ringard. Ou alors un clip vidéo
réalisé par Claudio
Simonetti où il interprète avec quelques musiciens une version "rock-progressive"
du thème du film. Un clip pour la promo de son disque Daemonia. Musicalement
agréable, on s'étonne du look visuel qui pourrait presque nous ramèner
aux pires vidéos de Hard Rock des années 80-90. Une curiosité qui date
pourtant de cette année. La galerie de photos est assez conséquente
puisqu'elle contient un grand nombre de visuels d'affiches de plusieurs
pays ainsi que des photos d'exploitation souvent difficiles à acquérir
!
En cherchant bien, on trouve un élément caché. Il suffit de sélectionner
l'une des plumes de l'oiseau se trouvant à droite de la liste des suppléments
pour y accéder pour y découvrir une chute de l'interview de Udo
Kier réalisée pour le documentaire. Décontracté, l'acteur s'amuse
avec son gobelet provoquant des bruits gênant la prise de son.

Le deuxième
DVD contient un documentaire de cinquante-deux minutes réalisé spécialement
pour l'occasion. D'une manière générale, il s'agit d'un collage de différentes
interviews données récemment par Dario
Argento, Daria
Nicolodi, Jessica
Harper, Stefania
Casini, Udo
Kier, Luciano
Tovoli et le groupe Goblin
(Claudio Simonetti,
Fabio Pignatelli,
Massimo Morante
et Agostino Marangolo).
Chacun des intervenants raconte les motivations, les problèmes techniques,
ce qui les a amenés à travailler sur le film et diverses anecdotes.
Certains étant, comme toujours, plus passionnants que les autres ce
qui est le cas de Luciano
Tovoli, le directeur de la photographie. Si vous aviez vu l'interview
du DVD
français, les informations données par Dario
Argento sont toutes reprises ici et le plus souvent de manière plus
claire. Rien d'étonnant puisque pour d'obscures raisons, l'interview
française s'était déroulée en… français. Le réalisateur transalpin ne
maîtrise pas la langue et il en résulte des déclarations souvent hésitantes.
Ici, l'interview a été réalisée dans la langue du cinéaste, l'italien,
et force est de reconnaître qu'il est bien plus à l'aise dans ce qu'il
raconte. Dans le même ordre d'idée, la plupart des interlocuteurs ont
été interviewés en italien. De ce fait, il y a un sous-titrage anglais
qui facilitera la compréhension des personnes maîtrisant imparfaitement
l'anglais oral. Toutefois, les interviews de Jessica
Harper, de deux membres des Goblin
et Udo
Kier sont en anglais. Et là, pas de sous-titrage. Plus ou moins
gênant en ce qui concerne Udo
Kier et son accent. Pour le reste, la compréhension est assez facile
mais nécessitera, il est clair, de bons rudiments d'anglais. Les propos
sont souvent imagés avec des photos ou documents en rapport avec le
sujet développé. Une petite mine d'or d'informations sur le film!

Le troisième
disque n'est pas un DVD mais un CD-Audio reprenant la musique du film.
Il s'agit en réalité d'un CD vendu depuis quelques temps déjà et édité
par Cinevox. Une initiative plus que louable. Néanmoins, depuis que
nous avons mis la main sur cette édition du film, lorsque le disque
ne tourne pas, nous fredonnons sans arrêt le thème du film que ce soit
dans la rue, au boulot ou sous la douche ! On peut quand même regretter
de ne pas bénéficier de la liste des morceaux musicaux. Mais on pense
à vous et vous la trouverez plus bas ! Dernier apport et pas des moindres
de l'édition à tirage limitée, le contenu de la boite en dehors des
disques. Il se compose d'une carte présentant d'un côté une reproduction
de l'affiche italienne et de l'autre la liste des chapitres du film
(cette carte est aussi disponible dans l'édition simple). Un luxueux
livret, de par sa présentation, introduit le film par deux textes en
anglais suivis d'une interview de Jessica
Harper. Il contient de grandes photos ainsi que la reproduction
des affiches italienne et américaine. Enfin, on trouve aussi sous cellophane
neuf cartes avec la reproduction d'une affiche et des huit photos d'exploitation
américaines. Magnifique !

Le DVD Anchor
Bay, surtout l'édition limitée, est plus qu'alléchant. A moins de n'apprécier
que modérément le film ou de ne pas avoir un lecteur multizone, difficile
de ne pas craquer pour une telle version de SUSPIRIA.
Christophe
"Arioch" Lemonnier
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