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 FILM INFOS

 Titre original

 NEMESIS 2 : NEBULA

 Année

 1995

 Nationalité

 Etats-Unis

 Réalisation

 Albert Pyun

 Scénario

 Rebecca Charles
 Albert Pyun

 Musique

 Anthony Riparetti

 Acteurs

 Sue Price
 Chad Stahelski
 Tina Cote
 Earl White
 Karen Studer
 Jahi J.J. Zuri

 

 DVD INFOS

 

Editeur

FIP

Format Disque

Simple Couche

Durée

80 minutes

Format Image

Format Sonore

Francais

Sous-titrages

Aucun

 

 SUPPLEMENTS

Aucun

 

 ON AIME

• Une série B au visuel travaillé et au ton inhabituel

 ON N'AIME PAS

• Pas de budget
• Pas de version originale
• Pas de sous titre
• Pas de bonus

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 Bande-annonce allemande

 
 NEMESIS 2 : NEBULA

 

Suivant le succès inattendu du premier NEMESIS, cette suite fut envisagée assez rapidement par le producteur Ashok Armitraj et le prolifique réalisateur/scénariste Albert Pyun. Problème : exit Olivier Gruner, cet acteur au talent redoutable. Il fallut trouver un remplaçant qui soit tout aussi expressif, au jeu d’acteur subtil et à la présence qui en impose. Un ? Une ! Et une actrice pour la table 2, une ! Eve, lève-toi, semble s’être dit Pyun. Il portera son choix sur la championne de body-building Sue Price. Qui sera de ce fait catapultée dans le futur d’une humanité désincarnée.

Photo : NEMESIS 2 : NEBULA

L’humanité est d’ailleurs bien mal en point au 21ème siècle. Les cyborgs ont gagné la guerre contre les humains. Des résistants manipulent de l’ADN afin de créér une nouvelle race plus résistante. La mère de l’enfant, résultat de ces expériences, est poursuivie par les cyborgs jusque dans le passé puisqu'elle est envoyée en 1980. L’enfant nommé Alex devient une femme guerrière (Sue Price) qui sera poursuivie par un robot nommé Nebula (Chad Stahelski) programmé pour la détruire.

Photo : NEMESIS 2 : NEBULA

Désincarné, sans les ongles, la budget a été rongé. Divisé par deux (voire trois) par rapport à celui du premier épisode de la saga NEMESIS qui compte quatre épisodes. Et c’est comme si à chaque fois, le producteur divisait le budget par deux à chaque tournage. Règle appliquée pour ce NEMESIS 2 : NEBULA, dont les ambitions ont fatalement été revues à la baisse. Le générique de début reprend d’ores et déjà la grande partie des effets spéciaux de l’épisode avec Olivier Gruner. Qu’il s’agisse de l’animation en stop-motion du robot, les effets mécaniques des cyborgs, l’explosion de la tour et les scènes de ville dévastée (qui ont d’ailleurs aussi servi pour DOLLMAN)… les quatre premières minutes servent ainsi à replacer l’action du second épisode. Si l’on précise également que le film s’arrête au bout de la 80ème minute (pour environ 4 minutes et 30 secondes de générique), NEMESIS 2 : NEBULA dure en tout et pour tout un peu moins de 76 minutes… et encore, annonçant la suite directe NEMESIS III (tourné dans la foulée), on peut se dire que le tournage a vraiment du se faire à l’économie. La plupart des effets créés dans le second épisode se retrouveront dans le troisième. Enfin, en allant au bout du générique, on remarque que le film a visiblement été mixé en Dolby Stereo SRD («Spectral Recording Digital») ainsi qu’en amphithéâtre THX… incompréhensible quant au produit, qui n’est sorti quasiment nulle part au cinéma. Le montage financier et la vente des droits d’exploitation est un véritable art quant aux produits de série B, surtout pour les vendre comme des films à grand spectacle !

Photo : NEMESIS 2 : NEBULA

En parlant spectacle… exit les audaces visuelles de NEMESIS. Place au pragmatisme et à l’utilisation maximale du peu de forces en présence et dans une lieu quasi unique : le désert et ses recoins. L’accent a été mis sur la photographie lumineuse, le côté écrasant de la lumière. Il faut en ce sens saluer le travail de George Mooradian qui donne au film son meilleur atout : le soin apporté à la photographie, aux éclairages et aux cadrages Avec 1980 qui ressemble furieusement à un futur sans avenir, NEMESIS 2 tire son épingle du jeu. Même les quelques effets spéciaux, inévitablement datés aujourd’hui, semblent faire illusion dans cette course poursuite. Les choix différentiels se portent aussi sur la narration. La première demi-heure se déroule dans une presque absence de langage connu. Alex, recueillie par une tribu Wotan, est élevée comme une guerrière. Travail du corps, solidité du mental, souplesse, sens du devoir, respect. Le spectateur assiste parfois médusé à des échanges verbaux non sous-titrés, un choix délibéré et étonnant. C’est aussi ce qui va faire la marque de fabrique chez Albert Pyun durant cette décade. A force de ne pouvoir tourner en utilisant que des des budgets dérisoires, les décors seront naturels et en état de destruction. Ses Gangstasploitation comme URBAN MENACE ou WRECKING CREW furent tournés dans une Slovaquie dévastée. Ici, des entrepôts abandonnés en plein désert d’Arizona feront l’affaire.

Photo : NEMESIS 2 : NEBULA

Dans les années 90, Albert Pyun aimait travailler avec la même équipe. On retrouve ainsi des collaborateurs réguliers. Le directeur de la photographie George Mooradian, extrêmement doué afin de capter les lumières les plus arides et aveuglantes du désert afin de les combiner à des filtres bleutés et rougeoyants. Le choix intelligent des costumes créés par de Shelly Buscalacchi –une régulière sur pas moins de huit métrages- là aussi combinés de rouges pour les guerriers Wotan au début du film. Des, codes couleurs précis jusque dans les maquillages… Série B, certes, mais avec du savoir-faire et une volonté évidente de donner autre chose à voir qu’un simple spectacle d’action. Ce qui demeure d’ailleurs une chose régulièrement pointée chez les Pyunophobes. Chez les acteurs, si Sue Price a tourné dans les deux autres séquelles, Tina Côté parait tout aussi régulière chez Albert Pyun. On la voit en tête d’affiche dans SPITFIRE, BLAST, OMEGA DOOM, HEATSEEKER ou MEAN GUNS. Jahi J.J. Zuri, huit films. Earl White, sept films. Le cascadeur Jon Epstein (aussi réalisateur de seconde équipe ici), pas moins de sept films comme acteur et neuf comme cascadeur. Pour l'anecdote, ce dernier était d'ailleurs en charge d’une partie des cascades de BABYLON A.D. Ken Morrissey, monteur officiel de quatorze métrages. Tony Riparetti à la musique : une fidélité à toute épreuve via la composition de partitions pour 23 Pyuneries. Aucun doute n'est permis quant à l’attachement au réalisateur et à son énergie quasi inépuisable.

Photo : NEMESIS 2 : NEBULA

Le thème de l’héroïne combattant pour sa survie n’est pas non plus nouveau chez Albert Pyun, Il l’a d’ailleurs exploré dans RAVEN HAWK, ou encore SPITFIRE. Cependant, il y mêle ici des notions relativement curieuses en situant l’action en 1980, en Afrique de l’est et en plein milieu d’affrontements entre mercenaires et guerriers Wotan. Pratique pour le budget (comme on est en pleine guerre, tout est déjà en état de déconfiture). Mais également faire apparaître la nouvelle Alex dans le berceau de l’humanité a de quoi laisser perplexe. Tout comme Néa, l’héroïne de KNIGHTS, Néa… une nouvelle Eve ? Alex, à l’ADN modifié, comme l'avenir du genre humain ?

Photo : NEMESIS 2 : NEBULA

Si le choix physique de Sue Price se comprend quant à la qualité plastique et physique, il en va tout autrement de son jeu d’actrice. Bien qu’elle fasse à priori son maximum, peu d’émotions passent. Surtout aux vues de ce qui motive son personnage : la perte d’identité, de repères, le trauma initial, sa quête… Son physique est en adéquation avec ce qui fait d’elle un être à part. une force surhumaine destinée à combattre les cyborgs sur leur propre terrain.

Photo : NEMESIS 2 : NEBULA

Avec sa tétralogie NEMESIS, Pyun développe une partie des thèmes déjà abordés dans ses premières œuvres. Sorte de western futuriste –pourtant ici localisé dans le passé !-, la mise en scène d’un monde post-apocalyptique n’est qu’un prétexte à délivrer un message humaniste qui n’a hélas pas les moyens de ses ambitions. La dimension de western futuriste aux forts accents anthropologiques (voire anthropocentristes) est en ce sens une vraie séquelle quant aux sentiments développés par le premier Alex joué par Olivier Gruner. Cette idée d’humanité en voie de déliquescence est un leitmotiv chez Pyun, tant il a disséminé ces idées au long de son œuvre. Le cyborg en point d’orgue depuis CYBORG (justement), en passant par OMEGA DOOM, HEATSEEKER ou encore les NEMESIS. Beaucoup de désillusions chez les héros, une quête impossible, un avenir impassible et des films parfois peu plausibles. Mais qu’importe. Le chemin choisi par le réalisateur devient au fur à et à mesure celui d’un cinéma d’action à tendance philosophique. Ses influences entre Leone et Kurosawa avec des velléités cyberpunks donnent un mélange à part, un vrai style qui s’impose, au hasard des modes qui traversent le cinéma d’exploitation américain de ces vingt dernières années.

Photo : NEMESIS 2 : NEBULA

On nage en effet en pleine série B du recyclage, classique démarquage des succès du moment. Dans les années 50, il fallait alimenter les Drive-In. En 1995, c’était au tour des video-clubs. Cette bataille perpétuelle entre Alex et le cyborg Nebula qui la poursuit trouve son écho dans trois films à une décade d’encablure : TERMINATOR pour le voyage temporel, TERMINATOR 2 pour la poursuite, RESIDENT EVIL APOCAPLYPSE pour l’affrontement entre… Alice et Nemesis. Bien évidemment, la comparaison peut prêter à sourire, tant NEMESIS 2 emprunte à tout va pour son visuel du robot (PREDATOR), tout comme pour son fil conducteur à TERMINATOR

Photo : NEMESIS 2 : NEBULA

L’amateur d’action pure se voit cependant récompensé de sa patience dans la seconde partie du métrage. S'offre alors à lui une pléthore de cascades et de généreuses explosions. Les cascadeurs semblent d’ailleurs avoir été soumis à rude épreuve, Sue Price y compris, se démenant à fond à la fois dans les combats, explosions et autres pirouettes acrobatiques tout en tenant un ton désenchanté qui fait écho aux tourments du premier Alex. Que l’humain se dirige vers le futur ou que celui-ci vienne à lui, l’avenir y est noir.

Photo : NEMESIS 2 : NEBULA

Peu de DVD ont été édités à travers le monde pour NEMESIS 2. En France, FIP a ainsi tenté son coup en 2002 et larguant ce film, il n’y a pas d’autres mots, dans les rayons des supermarchés de manière confidentielle. Le résultat qualitatif est à la hauteur du dégazage. Compression hasardeuse et laide, son parfois crapoteux en version française, pas de version originale, format plein cadre (avec un probable format original en 1.85)… avec la vague impression que le master utilisé pour la sortie VHS chez FPE a été repris sans vergogne. L’absence de bonus va de soi, tout comme un menu fixe et huit chapitres. Un niveau minimaliste qui confine au lamentable lorsqu’on pense à ce que le format DVD pouvait offrir.

Photo : NEMESIS 2 : NEBULA

Le manque d’ambition de l’éditeur donne à NEMESIS 2 : NEBULA un goût d’inachevé pour une série B standard du milieu des années 90 dont on ne saura probablement jamais la fin (du moins en France et si on ne parle que français !). Celle du film, ouverte, pave la voie pour un NEMESIS III annoncé en début de générique final. Qui n’est jamais sorti chez nous. Mais quand verra-t-on enfin le futur, hein ?

Francis Barbier

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