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 FILM INFOS

 Titre original

 DAY AFTER, THE

 Autres titres

 JOUR D'APRES, LE
 

 Année

 1983

 Nationalité

 Etats-Unis

 Réalisation

 Nicholas Meyer

 Scénario

 Edward Hume

 Musique

 David Raksin
 Virgil Thomson

 Acteurs

 Jason Robards
 JoBeth Williams
 Steve Guttenberg
 John Cullum
 John Lithgow
 Bibi Besch
 Lori Lethin
 Amy Madigan
 Jeff East

 

 DVD INFOS

 

Editeur

Format Disque

Simple Couche

Durée

122 minutes

Format Image

Format Sonore

Francais

Sous-titrages

Aucun

 

 SUPPLEMENTS

Aucun

 

 ON AIME

• L'efficacité et le réalisme du film
• L'effroyable cataclysme nucléaire et les effets spéciaux
• Certaines scénes bouleversantes d'émotion

 ON N'AIME PAS

• Une édition effroyable, elle aussi

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 POSTERS

 
 LE JOUR D'APRES

 THE DAY AFTER

Si trs souvent la dnomination "post-apocalyptique" renvoie aux oeuvres qu'engendra, au dbut des annes 80, MAD MAX 2 de George Miller, on oublie trop souvent que ce genre existait auparavant et donnait d'autres films qui traitaient leur faon des ventuelles consquences de l'apocalypse. Ds la fin des annes 50 et jusqu'au dbut des annes 70, le cinma de science-fiction suivant les courants de pense d'alors, dveloppa tout un ct cologique en portant l'cran ce sujet douloureux. Parmi toutes les oeuvres du genre, on se souviendra, par exemple, de LA BOMBE de Peter Watkins, sign en 1965. Un film qui se rapproche du JOUR D'APRES de Nicholas Meyer puisqu'il s'agit d'un efficace pseudo-documentaire traitant de l'holocauste nuclaire et de ses terribles consquences.

Photo : JOUR D\'APRES, LE (THE DAY AFTER)

Si tous ces films mettent le plus souvent en scne une poigne de survivants errant dans des villes ravages, dsertes ou non, en qute d'une nouvelle humanit, peu si l'on excepte LA BOMBE, avaient rellement mis en images toute l'horreur d'un tel cauchemar en dpeignant non seulement la catastrophe elle mme, le feu nuclaire, son souffle dvastateur mais galement les instants immdiats qui suivent l'horreur et ses effroyables consquences sur les malheureux survivants, victimes de la folie de nos puissants dirigeants. Jusqu'alors la seule reprsentation que le cinma nous avait donne des malheureuses victimes rescapes du cataclysme tait certes marquante mais restait encore ancre dans une certaine fiction. Entre autres exemples, le cinphile a encore en tte les effrayants monstres mutants du japonais NOSTRADAMUS FIN DU MONDE AN 2000. Beaucoup moins efficaces sont, en ce sens, les habituelles hordes de punks barbares bards de cuir qui dans les annes 80 allaient devenir l'esquisse type du rescap post-atomique.

A son poque, LE JOUR D'APRES fut donc une vritable bombe, si l'on peut dire, dont on comprend aisment l'impact qu'elle eut jadis sur le public amricain. Pour la premire fois sur un cran de tlvision, on assistait non seulement au lancement de bombes nuclaires sur le pays mais aussi aux consquences directes sur l'homme tant physiques, morales que sociales.

Photo : JOUR D\'APRES, LE (THE DAY AFTER)

Attach de presse sur LOVE STORY, ce qui lui donna l'occasion de signer son premier ouvrage The Love Story's Story, Nicholas Meyer est crivain, scnariste et ralisateur. Il porte ainsi l'un de ses livres l'cran avec SHERLOCK HOLMES ATTAQUE L'ORIENT EXPRESS ou bien signera la ralisation de C'ETAIT DEMAIN avec Malcolm McDowell avant de s'engager dans STAR TREK LA COLERE DE KHAN. C'est ce moment, que le cinaste va tre engag par ABC pour tourner LE JOUR D'APRES. Il ne s'agit en rien d'un projet personnel l'origine puisque l'ide de dpart vient de l'un des dirigeants de la chane qui avait t impressionn la vision du SYNDROME CHINOIS de James Bridges narrant une histoire inquitante au sein d'une centrale nuclaire. L'criture en est confie au scnariste Edward Humes et la copie qu'il remet commence poser des problme quant la destination du programme. En effet, l'exposition sans fard des victimes d'une explosion nuclaire n'a rien d'images facile passer sur les petits crans. Le scnario va d'ailleurs traner durant quelque temps et essuyer le refus de plusieurs ralisateurs avant que ABC n'engage Nicholas Meyer. Le ralisateur posera ds le dpart la condition de ne pas voir la chane interfrer sur le film et donc en adoucir le contenu. Prvu l'origine comme un programme conu en deux parties de deux heures, il y aura toutefois des points de dsaccord concernant la dure, Nicholas Meyer ayant le sentiment qu'il serait difficile aux tlspectateurs de rester deux soirs de suite devant un tel spectacle. Finalement, LE JOUR D'APRES durera environ deux heures et demie sans la publicit.

Photo : JOUR D\'APRES, LE (THE DAY AFTER)

L'action se droule Kansas City. Alors que les radios et tlvisions ne cessent de diffuser des communiqus alarmants sur la crise qui svit en Allemagne, les citoyens vaquent leurs occupations habituelles. Mais trs vite, les pires craintes deviennent ralit. En rponse aux missiles envoys par les USA, les Sovitiques lancent des bombes nuclaires sur l'Amrique. C'est alors l'horreur. Un gigantesque champignon claire le ciel, dvastant le pays en quelques minutes. Les quelques centaines de rescaps vont dsormais devoir survivre face aux horribles consquences de cette attaque...

Photo : JOUR D\'APRES, LE (THE DAY AFTER)

Le film se divise en trois parties. Prenant comme noyau de son intrigue la ville de Kansas City, les cinquante premires minutes suivant le schma rcurrent ce type de cinma catastrophe, s'attachent prsenter un chantillon d'individus de diffrentes couches sociales reprsentant la population. On a donc un jeune tudiant, un docteur, une famille d'agriculteurs, un policier noir... avec lesquels Nicholas Meyer nous familiarise avant qu'on ne les retrouve dans un contexte post-apocalyptique. Trop souvent, ce type de reprsentation s'ternise en d'ennuyeuses palabres, allant de romances futiles en sayntes sans grand intrt, le spectateur languissant n'attendant plus qu'une chose, la catastrophe elle mme. Ici, Meyer parvient rendre ses personnages attachants par le biais de leurs habitudes, leurs travers et leurs manies, et sait retenir notre attention par sa simplicit en les filmant dans leur quotidien, simple tranche de vie de personnes tout fait communes. Pas de lourdeur ni d'insistance inutile, on partage la vie d'un groupe de citoyens de la faon la plus naturelle qui soit, naturel que Meyer retranscrit de manire convaincante l'cran tant et si bien que jamais l'ennui ne s'installe ou que le temps ne semble long.

Photo : JOUR D\'APRES, LE (THE DAY AFTER)

Peu peu, Nicholas Meyer fait monter la tension, les communiqus radiophoniques et tlviss se faisant de plus en plus inquitants. Cette tension mle d'angoisse, le cinaste la traduit de faon raliste avec des gens encore sceptiques scotchs leur poste ou bien au travers d'une foule d'tudiants partags entre incrdulit ou indiffrence. Ainsi une femme se donne fond ses tches quotidiennes pour cacher sa peur ou bien un futur poux va chez son coiffeur, le coeur plein d'espoir. Certains plus prcautionneux se prparent une eventuelle catastrophe, amnageant leur cave en abri de fortune, pressentant que la folie humaine est sur le point d'exploser. Rien ne trahirait donc rellement le droulement de ces terribles vnements si ce n'tait ces interminables bouchons se crant le long des routes ou ces rues frntiques dans les grands magasins afin de s'approvisionner au maximum.

Photo : JOUR D\'APRES, LE (THE DAY AFTER)

Cela nous mne la deuxime partie du mtrage, la plus courte disons le, qui voit le fascinant et terrifiant enchainement de champignons nuclaires enflammer le ciel. Le moment tant redout vient s'abattre sur l'Amrique. Rarement pareille catastrophe sera aussi impressionnante, les images d'une incroyable force atteignant une dimension alors jamais atteinte l'cran. Hormis les effrayantes images des champignons se succdant, nous assistons une suite d'explosions phnomnales qui tel un ouragan dvastateur, dans une lumire aveuglante, balaient tout sur leur passage. Les corps foudroys sont dchiquets quand ils ne se transforment pas instantanment en effroyables squelettes s'incrustant dans l'image noye dans des palettes de tons rouge carlate et jaune violent. Le spectacle en deviendrait presque fascinant, ce qui perdra d'ailleurs un jeune garon, les yeux brls par les clairs aveuglants. Ce sont galement les cris et hurlements se mlant aux dcombres et aux ruines qui s'amoncellent, les meutes impressionnantes, les mers de flammes qui en quelques minutes viennent de dtruire l'humanit. L'holocauste grce aux effets spciaux tourdissants de Robert Blalack qui on devait dj ceux de WOLFEN, n'a jamais sembl si rel, si effroyable. Au vu de ces squences d'une horreur sans nom, on comprend mieux la peur quasi divine que LE JOUR D'APRES provoqua son passage sur les chaines amricaines. On avait rarement t confront des images si puissamment efficaces. Jamais le mot "cauchemar" n'avait si bien t illustr, prenant soudainement tout son abominable sens.

Photo : JOUR D\'APRES, LE (THE DAY AFTER)

La troisime partie est traite cette fois comme un documentaire, tragique et bouleversant, le titre du film prenant ds lors toute sa signification. C'est sur des terres dvastes recouvertes d'une paisse poussire blanche mle aux cendres retombant telle de la neige qu'erre ce qu'il reste de l'humanit, terr dans des abris ou des caves afin d'chapper aux radiations, oubliant le temps, reclus comme des btes parfois, condamn une lente agonie. Nicholas Meyer insiste sur le comportement de chacun notamment sur ces chantillons de citoyens qu'il nous avait prsents. C'est la peur, la terreur, le dsespoir et la mort lente, trs lente, ponctues d'images chocs sur des cadavres atrocement brls, ces corps carboniss coincs dans les dcombres de villes en ruine s'tendant perte de vue. Le cinaste met l'accent sur les mutilations, les dgradations, les maladies, chacun se raccrochant ce qu'il peut, aussi futile que cela puisse parfois sembler, toutes les valeurs ayant chang en l'espace de quelques minutes. Ce qui n'avait que peu d'importance devient soudainement quasiment vital, symbole d'une autre vie pourtant encore toute proche, ultime souvenir auquel on se raccroche afin de pouvoir continuer.

Photo : JOUR D\'APRES, LE (THE DAY AFTER)

Par instants, LE JOUR D'APRES devient bouleversant. Nicholas Meyer n'vite pas pour autant l'cueil invitable du sentimentalisme bon march, chacun oubliant ses rancoeurs et ses diffrends. On se rconcilie dans le drame et la douleur. Mais le cinaste le fait de manire toujours aussi simple, cette simplicit qui semble tre le mot d'ordre du film. Jamais lourd, jamais insistant ou mivre, toujours naturellement touchant, le film ne pouvait viter, bien videmment, de mettre en exergue la bassesse de l'homme m par son instinct de survie. On assiste par consquent aux habituels pillages de magasins. LE JOUR D'APRES se terminera pourtant sur une note d'espoir, une femme mettant au monde un bb, symbole d'une aube nouvelle.

Aprs son passage tlvis aux USA, ce qui provoqua de vifs dbats, le film fut distribu en Europe dans les salles de cinma et c'est peut tre l un tort, les tlfilms souffrant souvent de leur passage du petit au grand cran, le format et la mise en scne n'tant pas du tout conus pour les salles obscures. Si tout le propos du film demeure, il perd beaucoup en puissance motionnelle et force de persuasion.

Photo : JOUR D\'APRES, LE (THE DAY AFTER)

Ralis avec sobrit, interprt de faon trs juste par une jolie brochette d'acteurs dont le vtran Jason Robards (APOCALYPSE 2024, JOHNNY S'EN VA-T-EN GUERRE...), JoBeth Williams (POLTERGEIST...), John Lithgow (MANHATTAN PROJECT, 2010...) ou encore Steve Guttenberg, Nicholas Meyer a indniablement atteint son but en signant un film froce et sans concession, une oeuvre cohrente et surtout d'une belle honntet. Avec intelligence et pudeur, il a su crer un rel climax sans pour autant se retrancher derrire les effets spciaux et les maquettes de paysages dsols. C'est dans ce refus du spectaculaire que LE JOUR D'APRES puise sa force. On apprciera aussi le fait que Meyer ne prend jamais parti pour quiconque, se contentant de montrer, de constater et de faire prendre simplement conscience de la menace qui plane sur nos ttes.

D'une incroyable efficacit, LE JOUR D'APRES brille par son ralisme qui ne pourra laisser personne indiffrent. On ne peut par ailleurs nier l'effrayante prise de conscience qui rsulte des images de ce film qu'on espre jamais prmonitoire.

Photo : JOUR D\'APRES, LE (THE DAY AFTER)

Le DVD franais des plus basiques nous propose le film dans son format d'origine, en plein cadre et donc 4/3, en son mono d'origine (encod sur deux canaux) et uniquement en version franaise. L'amateur risque d'tre dcu par la qualit du disque qui n'est gure meilleure que celle d'une vieille VHS, le transfert semblant de plus avoir t fait partir d'une bande vido laissant dsirer. Ceci donne une image vieillie et de pitre qualit, parfois granuleuse, aux couleurs plottes assez dsagrables et indigne d'un tel film. Certaines squences s'en trouvent donc amoindries notamment toute la partie relatant l'explosion. Le travail remarquable de Robert Blalack n'est donc aucun moment mis en valeur. Il va sans dire que l'dition ne propose strictement aucun bonus.

Francis Perrin

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