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 FILM INFOS

 Titre original

 CHIENS, LES

 Autres titres

 DOGS, THE

 Année

 1978

 Nationalité

 France

 Réalisation

 Alain Jessua

 Scénario

 Andre Ruellan
 Alain Jessua

 Musique

 Rene Koering
 Michel Portal

 Acteurs

 Gérard Depardieu
 Victor Lanoux
 Nicole Calfan
 Pierre Vernier
 Fanny Ardant
 Philippe Klébert
 Régis Porte
 Gerard Sety
 Philippe Mareuil
 Henri Labussière
 Anna Gaylor

 

 DVD INFOS

 

Editeur

Format Disque

Simple Couche

Durée

95 minutes

Format Image

Format Sonore

Francais

Sous-titrages

Aucun

 

 SUPPLEMENTS

 •Interviews
  • Alain Jessua (15mn59)
  • Nicole Calfan (8mn22)
 • Bande annonce

 

 ON AIME

• Un film intelligent
• Des images fortes

 ON N'AIME PAS

• Des interviews à côté de la plaque
• Certains acteurs douteux

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 LES CHIENS

 

Le Docteur Henri Ferret vient de décrocher un poste de généraliste en banlieue parisienne. Très vite, il constate que bon nombre de ses clients sont victimes de morsures de chiens. Le bon docteur découvrira bientôt que Morel, un dresseur, a convaincu la plupart des habitants que seul un chien pourrait les protéger de l’insécurité qui règne en ville…

Photo : CHIENS, LES

En 1978, Alain Jessua co-écrit, avec André Ruellan, et réalise LES CHIENS, un film engagé dressant un portrait incisif d’une société à la dérive. Cette thématique, il l’avait déjà abordée 1973 avec TRAITEMENT DE CHOC, un métrage qui, sous couvert du fantastique, évoquait l’exploitation des étrangers et «petites gens» par des nantis volontairement aveugles aux agissements profitables d’une instance supérieure. En 1977, avec ARMAGUEDON, il pointera plus violemment encore le doigt vers la tyrannie écrasant la classe ouvrière mais aussi vers l’abrutissement inhérent à la médiocrité télévisuelle. Plus globalement, c’est la société moderne (ou future) qui inquiète Jessua et chaque film est pour lui l’occasion de donner corps à un mal bien réel ou en passe de le devenir. C’est cette vision pessimiste et avant-gardiste de notre monde qui fait de Alain Jessua un réalisateur peu ordinaire dont les œuvres traversent (malheureusement) le temps avec une incroyable aisance…

Photo : CHIENS, LES

En voici encore la preuve avec LES CHIENS, film d’anticipation sociale traitant sans détour des dérives de l’ultra-sécuritaire. Comme son titre l’indique, l’instrument de cette tranquillité artificielle est le meilleur ami de l’homme. Mais en réalité, le film aurait très bien pu fonctionner de la même manière avec des armes à feu ou des milices privées : L’important n’est pas la méthode employée mais la finalité. Une finalité qui nous sera exposée à travers le personnage du Docteur, interprété avec justesse et modération par Victor Lanoux, qui agit ici comme le simple spectateur d’une société chancelante. Peu à peu, il découvre la place qu’occupe le chien dans la petite commune où il officie. Il décide donc de n’écouter ni les jeunes réfractaires, ni les partisans effrayés, pour se forger une opinion propre basée sur des observations et des faits. L’homme se livre alors à l’étude quasi-sociologique d’une population à laquelle il se sent étranger (condition sine qua non à toute démarche dite «sociologique»). Toujours dans cet esprit, le Docteur Ferret n’interviendra à aucun moment sur le déroulement des événements et ne viendra en aucun cas perturber son environnement. La démarche est dès lors très clair : Le personnage de Victor Lanoux n’est en réalité que Alain Jessua lui-même, nous livrant par le biais de ce personnage son travail d’analyse et sa propre vision du monde.

Photo : CHIENS, LES

Afin de mener à bien son étude, le Docteur Ferret décide de se frotter aux différents types de population. Un jeune délinquant tout d’abord nous apparaît comme un «militant» en défaveur de cette recrudescence canine dangereuse. L'adolescent et sa bande collectionnent en effet les traces de morsures comme autant de marques de «défis» à l’encontre de ce qu’ils perçoivent comme une entrave à leurs libertés. Autre sujet d’étude pour le docteur en la personne de Elisabeth (jouée par Nicole Calfan), fragilisée par un viol auquel nous assisterons en début de métrage. Celle-ci, humiliée et effondrée, tentera de se reconstruire et de passer outre la peur. Pour cela, elle choisie la compagnie d’un chien. Un animal qui sera bien évidemment garant de sa tranquillité d’esprit mais aussi l'instrument d’une rage bien compréhensible…

Photo : CHIENS, LES

Fort de ces différents points de vue, l’étude peut aller plus avant. Victor Lanoux sera donc confronté à la violence via une rencontre malheureuse en discothèque et ira en contre partie aux devants du fameux dresseur de chien supposé apporter la quiétude. Incarné par un Depardieu brillant, le personnage de Morel prend, tout comme Delon dans TRAITEMENT DE CHOC, une dimension très inquiétante. Séducteur, charismatique, manipulateur, Morel a tout d’un véritable gourou qui endoctrine peu à peu des individus fragilisés par la peur. En cela, son centre de dressage et l’aveuglement de ses ouailles évoquent inévitablement une secte. Sur ces mêmes thèmes, Alain Jessua réalisera d'ailleurs un peu plus tard PARADIS POUR TOUS. Pour en revenir au personnage de Morel, il s'avère comme «habité» et semble littéralement amoureux de ses bêtes. Ce trait de caractère transparaîtra clairement lorsque l’une d’elle mettra bas. Morel s’adresse alors à sa chienne tendrement, comme s’il s’agissait de sa compagne donnant naissance à leur enfant. Particulièrement inquiétante, cette séquence sera bien vite suivie d’un dressage durant lequel Morel, toujours, incite un chien à l’attaquer. Pour se faire, la propriétaire de l’animal doit lui en donner l’ordre avec conviction mais bien vite, ces ordres («encore !») sonnent comme des hurlements de jouissance. L’acte se poursuit, l’animal mord et lors d’une ultime attaque, Alain Jessua opte pour un terrifiant ralenti : Les cris de la femme se muent alors naturellement en râles et les ébats du chien cessent lentement. Nous assistons alors à un «orgasme» évocateur trahissant pour la première fois l’opinion du réalisateur. La puissance d’une arme (le chien) entre les mains d’une personne aux abois (Elisabeth, violée auparavant) n’est qu’une pure folie et une alliance dangereusement contre-nature.

Photo : CHIENS, LES

Riche de ces images d’une force rare, LES CHIENS poursuit sur sa lancée pour nous livrer une terrifiante battue, une assemblée réduite au silence et un final d’une grande ironie. Si le Docteur Ferret reste là encore distant (il n’assiste même pas à cette dernière scène), Jessua nous livre en revanche un message clair et sans équivoque : L’ultra-sécuritaire fait de nous des Hommes seuls à la merci des armes censées nous protéger. Une réflexion plus que jamais d’actualité, épaulée par un environnement urbain du reste fort bien choisi. En effet, le film fût tourné à Marne-la-Vallée alors que la ville «n’existait» pour ainsi dire pas et que la souris au short rouge n’y avait pas encore mis les pieds. Le terme de «Banlieue» n’a à l’époque pas encore la connotation péjorative qu’il a aujourd’hui. Dans le film, les immeubles et les rues sont propres, laissant même présager d’un futur séduisant. Hors à l’heure actuelle, ces mêmes banlieues subissent les outrages de notre société et le pessimisme fictionnel de Jessua semble trouver échos jusque dans nos bien réels murs de béton…

Photo : CHIENS, LES

LES CHIENS n’est donc pas un film de société ancré dans les années 70 mais bel et bien un métrage visionnaire dont le propos gagne en force avec les années. Malheureusement, bien que le breuvage se soit conservé de manière exemplaire, on ne peut pas dire la même chose du contenant ! En effet, s’il on excepte les séquences particulièrement intenses précédemment citées, LES CHIENS accuse clairement son âge et peut sembler par instants plutôt «ringard». La séquence de la discothèque a par exemple de quoi laisser perplexe. Il en va de même de cette «poursuite» en voiture (504 touch !) qui peut aujourd’hui rivaliser avec les plus grands moments automobiles de la série LES BRIGADES DU TIGRE. Au chapitre des déconvenues, nous citerons par ailleurs quelques contre-performances d’acteurs aux rôles secondaires. Pierre Vernier emporte ainsi la palme avec un jeu théâtral si crispant qu'on en vient à espérer l'intervention d'un chien ! Ce ne sont toutefois là que quelques défauts très mineurs qui ne justifieront en rien le fait que l’on passe à côté de cet intelligent LES CHIENS de Alain Jessua

Photo : CHIENS, LES

Le DVD est édité par Studio Canal dans le cadre de sa collection «Crime & Cinéma». A dire vrai, nous ne voyons pas trop le lien entre le film et l’intitulé de cette collection mais qu’importe : il fallait bien le caser quelque part ! Le film nous est proposé au format d’origine 1.66 encodé en 16/9ème. L’image est belle et restitue sans mal les paysages urbains, parfois très sombres, du film. La présence d’artefacts et autres défauts est par ailleurs quasi-négligeable. Nous avons donc là une copie tout à fait respectable qui vous permettra de (re)découvrir l'oeuvre dans de bonnes conditions. La piste sonore encodée sur deux canaux va dans le même sens et s’avère claire et dénuée de défaut. On pourra lui reprocher d’être légèrement étouffée mais il est probable que ce fût toujours le cas.

Photo : CHIENS, LES

Le disque propose par ailleurs une petite poignée de bonus avec tout d’abord deux interviews, sans doute réalisées à l’occasion de la sortie DVD. La première donne la parole au réalisateur Alain Jessua durant quinze minutes environ. L’homme est détendu, sympathique et parle avec amour de son film. Ses propos ne sont pas dénués d’intérêt et il semble clairement enclin à discuter. Malheureusement, les questions qui lui sont posées ne sont pas des plus pertinentes et certaines laissent même à penser que la journaliste responsable de l’interview n’a pas vu le film ou ne l’a pas compris… Un bien triste constat qui nous prive sans aucun doute d’une analyse en profondeur et d’une réflexion pertinente quant à la carrière du cinéaste. Vient ensuite l’interview de Nicole Calfan pour laquelle la voix de la journaliste a tout simplement été supprimée ! L’actrice disserte donc seule sur une durée d’environ huit minutes. Elle nous délivre une série de petites anecdotes et jette un œil que nous ressentons comme nostalgique sur sa carrière passée. Le bonus n’a en vérité pas grande valeur et là encore, l’entretien ne semble pas guidé de manière pertinente… Au-delà de ça nous n’aurons qu’une bande annonce. Un supplément n’excédant pas la minute mais s’avérant très percutant grâce à une alternance de plans constitués de mâchoires canines et de phrases chocs débitées par un Depardieu terrifiant. Ce film-annonce est d’autant plus intéressant qu’il montre sans équivoque que le film n’a pas été vendu pour ce qu’il est, ce qui semble être aujourd’hui encore le cas si l’on en croit la collection dans laquelle il échoue…

Xavier Desbarats

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