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 FILM INFOS

 Titre original

 WOMANEATER

 Autres titres

 WOMAN EATER, THE

 Année

 1958

 Nationalité

 Angleterre

 Réalisation

 Charles Saunders

 Scénario

 Brandon Fleming

 Musique

 Edwin Astley

 Acteurs

 George Coulouris
 Robert MacKenzie
 Norman Claridge
 Marpessa Dawn
 Jimmy Vaughn
 Sara Leighton
 Edward Higgins
 Joyce Gregg
 Harry Ross
 Vera Day
 Peter Wayn

 

 DVD INFOS

 

Editeur

Format Disque

Simple Couche

Durée

71 minutes

Format Image

Format Sonore

English

Sous-titrages

Aucun

 

 SUPPLEMENTS

Aucun

 

 ON AIME

• Une série B au charme désuet et au rythme plaisant (si on possède un haut degré de tolérance)

 ON N'AIME PAS

• Une édition, une copie et un film médiocres

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 THE WOMAN EATER

 WOMANEATER

WOMANEATER (littralement le mangeur de femmes) contient tous les lments supposs plaire un large public amateur de srie B. Filles large poitrine, danse de la mort, monstre original, filles en bikini, crmonies sauvages, docteur fou, filles en pril? et l, patatras, rien ne marche.

Photo : WOMAN EATER, THE (WOMANEATER)

WOMANEATER (ou THE WOMAN EATER) est tragiquement mdiocre, souffrant du concept mme de son histoire. Lisez plutt... Lors d'un voyage en Amazonie, le Dr Moran (George Coulouris) assiste une crmonie en pleine jungle (enfin, une jungle de 10m faite d'arbres en plastique et d'un temple en polystyrne ). Une jeune femme (Marpessa Dawn) est sacrifie l'idole Dju Dju de la tribu des Tangas. Non pas que tout le monde soit en string dans cette tribu. Mais bon, dj, un arbre sacr qui s'appelle Dju Dju? passons. Il ramne cet arbre en Angleterre ainsi qu'un indigne (Jimmy Vaughn) et compte bien en retirer le secret des morts qui reviennent la vie au prix de quelques sacrifices humains. La recherche du srum commence!

Photo : WOMAN EATER, THE (WOMANEATER)

En tte d'affiche, George Coulouris. Le nom ne dit rien au commun des mortels, mais il possde une filmographie des plus impressionnantes, enchanant trs souvent les seconds rles. Jugez plutt: CITIZEN KANE, TARZAN ET LE SAFARI PERDU, JEANNE D'ARC (de Victor Fleming), LE ROI DES ROIS, ARABESQUE, TERRE BRULEE, LA TOUR DU DIABLE, BLOOD FROM THE MUMMY'S TOMB, LES DECIMALES DU FUTUR, L'ANTECHRIST? un nombre incalculable d'apparitions dans des sries TV (du PRISONNIER en passant par PATHFINDERS TO MARS? ). Un vritable condens d'un demi-sicle de cinma, pass hlas dans l'ombre des plus grands. Il fait ici merveille dans le rle du mdecin en qute du Graal, entre pervers ppre et comique de service.

Photo : WOMAN EATER, THE (WOMANEATER)

Ct fminin, citons la prsence de Vera Day, alors toute aurole de sa prestation dans LA MARQUE ou encore THE HAUNTED STRANGLER. Pas une grande artiste, mais de ces femmes aux arguments physiques auquel le spectateur rsistait difficilement. Des plans tout en finesse mettant en avant sa poitrine gnreuse parsment le film. Elle arrta sa carrire six ans aprs, ne revenant sur nos crans qu'avec ARNAQUES, CRIMES ET BOTANIQUE puis le rcent THE RIDDLE avec Vinnie Jones. L'autre curiosit fminine de ce film demeure Marpessa Dawn, la premire victime. Elle fut surtout connue par la suite pour son rle d'Eurydice dans ORFEU NEGRO en 1959. WOMANEATER tant ce jour sa seule incursion bis.

Photo : WOMAN EATER, THE (WOMANEATER)

Le scnario emprunte beaucoup au mythe de Frankenstein tout en puisant ses inspirations au gr des annes 50. Des indignes peu farouches, des sous-entendus graveleux, une ambiance parfois nbuleuse, des scnes tournes en extrieur dans un Londres mal fam et une sexualit exalte peine dguise. Le tout reste balis, un peu cahin-caha, entre des intrigues secondaires peu intressantes (la nouvelle gouvernante et son petit ami, le policier moiti idiot) terminant sur un final avec une morte vivante bien peu crdible et un arbre vivant assez curieux.

Photo : WOMAN EATER, THE (WOMANEATER)

Les vgtaux tueurs n'en sont pas rests l pour autant. On a pu voir la mort vgtale de prs dans DAY OF THE TRIFFIDS, tout comme dans le rat LA NURSE en 1990, en passant par CHARISMA de Kyoshi Kurosawa ou encore l'ACACIA de Ki-Hyeong Park. Mais revenons nos annes 50, aux poitrines obus de ses interprtes et ses effets trs spciaux.

Photo : WOMAN EATER, THE (WOMANEATER)

Beaucoup de critiques se plaignent souvent de la mauvaise qualit des effets spciaux. Quelques phrases saignantes bien envoyes qui disent cependant rarement pourquoi ils sont mauvais. Nous avons donc ici faire un arbre mangeur de femmes. Bien. On trouve donc un tronc mi-poilu, mi-feuillu, bricol l'arrach. Des branches qui s'agitent furieusement et uniquement de droite gauche (on imagine les truqueurs derrire le faux arbre en train de tirer les cbles et d'agiter les mains-branches qui retiennent prisonnires les pauvres sacrifies). Et un paquet de feuillage fourni pour couronner l'illusion. A l'poque, on pouvait la rigueur encore y croire. Aujourd'hui, on regarde, mu, un trucage artisanal dont on essaye de ne pas dire trop de mal - bien que l'ensemble prte plus souvent rire qu' faire peur.

Photo : WOMAN EATER, THE (WOMANEATER)

Ensuite, la danse de la mort. Aaaaah, la danse de la la mort. Une jeune femme en transe hypnotique (tac), un tam-tam mystrieux, un indigne aux yeux carquills visiblement moustill par les trmoussements de la jeune aguicheuse, des vocalises thres sur fond de sacrifice vgtal. Un vgtal vgtatif, quand mme, aux vues du peu de mouvements qu'il opre. Peu importe! Entre crmonie tendance vaudou, fte paenne et orgie amazonienne, le spectateur a ce qu'il attend. Voir Marpessa s'offrir l'arbre amateur de chair frache, et un peu dnude de prfrence.

Photo : WOMAN EATER, THE (WOMANEATER)

WOMANEATER possde une structure simple, adjointe de scnes tout juste pices pour 1957. Car bien que les sacrifices soient au centre de cette histoire, il devient clair qu'une sexualit torride sous-tend les quelques 70 minutes et 33 secondes du mtrage. Le ralisateur Charles Saunders, ancien monteur et spcialiste de la srie B britannique des annes 40 et 50, n'tait pas un nouveau venu dans ce territoire. Il avait commis juste avant un torride NUDIST COLONY, le premier nudie britannique! Vera Day qui s'agite en bikini devant une cabane de foire. La jeune indigne la peau de lune qui s'avance devant l'idole. Le docteur repoussant les avances de son ex pourtant transie d'amour. Vera Day qui termine en offrande sous les yeux excits de l'indigne et du bon docteur. A ce point l, on se dit que ce mtrage souffre d'un manque cruel d'arrachage de blouse laissant apparatre une peau laiteuse et une soutien-gorge bien rempli? en fait non, cette scne gratuite est bien l. Tout vient qui sait attendre!

Photo : WOMAN EATER, THE (WOMANEATER)

Le film suit tant bien que mal son chemin chaotique. Le scnario voit arriver ainsi la jeune strip-teaseuse peu farouche qui se transforme en gouvernante qui fait les yeux doux un garagiste. Qui viendra la sauver en temps voulu. La direction d'acteurs, plus qu'approximative, ne parvient que trs rarement faire dcoller le charisme quasi-absent de tous les protagonistes. Il faut dire qu'avec un script pareil, il faut tre sacrment dou pour faire croire au spectateur que tout cela prte un quelconque sens. Quoiqu'au 36me degr dans la station service du film, les sens brlent de reconnaissance.

Photo : WOMAN EATER, THE (WOMANEATER)

On sent que les moyens ont t drisoires. Un laboratoire avec quatre tubes, trois fioles et un fumigne et le tour est jou. Une camra peu mobile, cinq dcors, une jungle de pacotille? pas de miracle de ce ct-l. Pourtant, de trs rares exceptions, la magie opre. Le ralisateur a l'excellente ide d'effectuer des scnes nocturnes en extrieur. Londres la nuit, ses ruelles sombres donner la chair de poule, son atmosphre lourde? la camra, habile, suit le bon docteur dans sa qute de victime. On se laisse penser Jack L'Eventreur, dans une atmosphre quasi-documentaire? hlas, la victime et le docteur entrent dans un bar vide et le souffl retombe, tant il est clair que nous nous trouvons dans un quelconque dcor de seconde zone. Il y aussi cette premire entre de Sally (Vera Day) dans la maison du Docteur Moran, rythme par une musique inquitante compose des seules notes graves au piano.

Photo : WOMAN EATER, THE (WOMANEATER)

Le cinphile bouillonnant qui sommeille en chacun de nous ne peut tre que reconnaissant Image Entertainment d'avoir dit cette perle rare britannique en avril 2000. Distribu par la Columbia l'poque, WOMANEATER trouve donc sa seconde vie en DVD et sous son titre amricain (THE WOMAN EATER). Une copie au format 1.66:1 (sans transfert 16/9), avec le noir et blanc d'origine. Une copie regardable, certes, mais qui prsente de nombreux dfauts. Ds le gnrique de dbut, une persistance de griffures noires et poussires blanches qui se voient doubles d'irrgularits sonores (par exemple partir de la 49me minute et durant trente seconde) qui font peine voir/ entendre. La piste mono sur un canal demeure peine mdiocre l aussi, donnant a et l quelques petits crachouillis indiquant le peu de travail de nettoyage dont le film a bnfici. Les contrastes dans les scnes sombres ne parviennent que peu de fois demeurer stables et visibles.

Le menu fixe est lui aussi pauvrissime. Un accs aux 16 chapitres, le dmarrage du film? pour un arbre qui mange des filles, les ramifications se la jouent petit bras. Pas de film annonce, pas de sous-titre, pas de commentaire, pas d'affiche, rien. Le boitier Snapcase offre l'affiche originale du film, il faudra s'en contenter. A noter que le film est ressorti un peu plus tard dans une bote, chez le mme diteur, accompagn de films du mme registre (THE PLAYGIRLS AND THE VAMPIRE, TOMB OF TORTURE, CAVE OF THE LIVING DEAD et DEVIL DOLL), sans changer quoi que ce soit au contenu de ce disque.

Photo : WOMAN EATER, THE (WOMANEATER)

Le bon vieil adage Rien ne vaut quelques meurtres pour le bienfait de l'humanit trouve un nouveau supporter avec WOMANEATER. Il est quand mme fou, non, de constater qu'il faille toujours le sacrifice de quelques donzelles pour assurer gloire et fortune quelques savants ventripotents, chauves et dnus de tout sens commun. Mais ce curieux mlange de campagne anglaise, de film de jungle, de crature improbable et de jeunes filles en bikini offre ?si l'on se laisse aller- un voyage amusant que seule une machine remonter le temps aussi prcieuse qu'est le DVD peut offrir. Un arbre qui mange des filles, on ne voit pas cela souvent. Mais beaucoup plus qu'une fille qui mange des arbres. A bien chercher, on finira par trouver !

Francis Barbier

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