SCARECROW SLAYER - Chronique/Critique/Review Film & DVD (http://www.devildead.com)

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 FILM INFOS

 Titre original

 SCARECROW SLAYER

 Année

 2003

 Nationalité

 Etats-Unis

 Réalisation

 David Michael Latt

 Scénario

 David Michael Latt
 Joel Newman
 Bill Cunningham

 Musique

 Vincent Gillioz

 Acteurs

 Tony Todd
 Nicole Kingston
 David Castro
 Jessica Mattson
 Steven Schultz
 Kim Little
 Scott Carson
 Elizabeth Perry
 Todd Rex

 

 DVD INFOS

 

Editeur

Format Disque

Simple Couche

Durée

86 minutes

Format Image

Format Sonore

English

Francais

Sous-titrages

Francais

 

 SUPPLEMENTS

 •Bande-annonce

 

 ON AIME

• Le personnage enfin sur les rails d’une direction à peu près cohérente…

 ON N'AIME PAS

• …Mais du coup, on s’ennuie beaucoup

 VIDEOS

 Bande-annonce

 

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 SCARECROW SLAYER

 

En guise de bizutage, deux ados sont sommés de dérober un épouvantail dans le champ d’un paysan psychotique (Tony Todd, vu dans CANDYMAN). Bien évidemment, la mission estudiantine dégénère et l’un des jeunes est abattu par erreur par notre agriculteur. Son esprit va donc investir le corps de l’épouvantail pour chercher vengeance.

Photo : SCARECROW SLAYER

SCARECROW SLAYER est donc la suite du très bœuf SCARECROW et de son épouvantail shaolin animateur de kermesse ! Déjà coupable du premier opus, le français Emmanuel Itier abandonne sa chaise de réalisateur pour celle, plus reposante, de co-producteur. C’est un certain David Michael Latt qui récupère le bébé en cumulant, budget rachitique oblige, les postes : il est réalisateur, co-scénariste, monteur et responsable des effets numériques. Si on épluche la filmographie de Latt, on se rend compte que l’homme est bel et bien un touche à tout spécialisé dans le B-Z. Même s’il n’a pas mis de bille dans son SCARECROW SLAYER, l’homme est pourtant principalement producteur pour la société Asylum, co-financière de la saga et d’ordinaire spécialisée dans la contrefaçon de vidéo club. Cette dernière lance EXORCISM : THE POSSESSION OF GAIL POWERS derrière L’EXORCISME D’EMILY ROSE, THE DA VINCI TREASURE derrière THE DA VINCI CODE, 666 : THE CHILD derrière le remake de LA MALEDICTION, SNAKES ON A TRAIN derrière DES SERPENTS DANS L’AVION… Seul titre intéressant émergeant de ces manufactures opportunistes, le KING OF THE ANTS de Stuart Gordon que Latt produit en 2003.

Photo : SCARECROW SLAYER

En terme de séquelle, SCARECROW SLAYER ne reprend pas les mêmes personnages que le premier opus. La résurrection de l’épouvantail se fait donc sur de nouvelles bases, avec la mort d’un nouvel innocent. Une mécanique de remise à plat de la malédiction qui évoque justement THE CROW et ses suites. Qui dit nouvel univers dit aussi nouvelle direction. Les aspects les plus bas du front du premier opus sont ainsi redirigés vers des partis pris plus cohérents. Fini les calembours pompés sur les emballages de Carambar, le «Scarecrow» nouvelle formule redevient un monstre mutique inspirant autre chose que la gaudriole. Fini également (ou presque) les aptitudes de ninja et les «mawachis» chers à notre Jean-Claude Vandamme. Le «Scarecrow» redevient là encore un croquemitaine sobre, s’évitant les fanfaronnades acrobatiques avant de trucider ses meurtriers à coup de faucilles.

Photo : SCARECROW SLAYER

Ce qu’il perd en idiotie, SCARECROW SLAYER le récupère en ennui. Remise à plat, la figure du «Scarecrow» ne dévie pas d’un énième slasher aux ficelles énormes. Le film tente du sentimentalisme de sitcom, en faisant éprouver de l’empathie à notre épouvantail envers sa petite amie et son meilleur copain. Sinon, le métrage se concentre sur du suspense de couloir et égrene ses meurtres au compte goutte de son casting rachitique. La volonté de mélanger le film d’action au film d’horreur est toujours là, avec l’astuce scénaristique de placer la confrérie estudiantine au cœur d’une école de marines. Lorsque le «Scarecrow» va donc se venger de ses anciens «commanditaires», c’est à coup de flingues et de lances roquettes que ce dernier va être accueilli. En terme de crédibilité, on frôle le moins 12. Mais il se passe au moins quelque chose à l’écran, c’est déjà ça de pris !

Photo : SCARECROW SLAYER

N’en faisons pas trop non plus. SCARECROW SLAYER ne dépasse jamais son statut de produit fagoté dans l’urgence d’un cahier des charges qui ne vise pas bien haut. Si l’ensemble est plutôt correctement emballé (compte tenu d’un temps de tournage et d’un budget que l’on imagine terrifiant), l’ennui pèse à chaque instant sur les épaules du pauvre spectateur. L’interprétation est très médiocre (Tony Todd ne faisant que passer), et seul un personnage de blonde ultra godiche parvient à nous décrocher de francs sourires grâce à une écriture vraiment drôle. Mais le plus embarrassant reste à venir. Pour gagner du temps au tournage, la plupart des effets gores ont été intégrés ultérieurement en post-production. Le résultat est absolument risible ! Quant à la photographie, elle noie sa fadeur sous des filtres numériques de «glow», qui ont pour effet de diffuser la lumière dans des halos oranges/rougeâtres très grossiers. Le bilan est donc maigre pour ce SCARECROW SLAYER, et c’est finalement lorsque le métrage cède à la crétinerie héritée du premier opus que l’on s’amuse un peu. Lors du final, un deuxième épouvantail va se retrouver réincarné, offrant ainsi un duel karaté entre les deux hommes de paille. Le premier SCARECROW avait peut-être raison, c’est finalement lorsqu’il verse dans le n’importe quoi que le Z devient divertissant.

Photo : SCARECROW SLAYER

L’édition française de SCARECROW SLAYER est calquée sur la charte du premier volet, design du menu itou. L’image, toujours plein cadre, est granuleuse et fadasse. Le son est un stéréo d’origine proposé en version originale et dans un doublage français de facture très honnête. Juste une bande-annonce en bonus, alors que la section aurait pu accueillir celles du premier et troisième opus.

Photo : SCARECROW SLAYER

Au pays de la série B-Z qui débite les films comme on produit à la chaîne des boites de sardines à l’huile, SCARECROW SLAYER vous propose un spectacle cheap mais relativement honnête, comme vous en avez déjà vu et revu mille fois. Pour ceux qui ont encore faim, reste le dernier volet de la «trilogie», SCARECROW GONE WILD qui s’annonce plus déluré…

Eric Dinkian

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