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 FILM INFOS

 Titre original

 OMEGA DOOM

 Année

 1996

 Nationalité

 Etats-Unis

 Réalisation

 Albert Pyun

 Scénario

 Albert Pyun
 Ed Naha

 Musique

 Anthony Riparetti

 Acteurs

 Rutger Hauer
 Shannon Whirry
 Norbert Weisser
 Tina Cote
 Anna Katerina
 Jill Pierce
 Simon Poland
 Cynthia Ireland
 Jahi J.J. Zuri
 Earl White
 Jozef Apolen

 

 DVD INFOS

 

Editeur

Format Disque

Simple Couche

Durée

81 minutes

Format Image

Format Sonore

English

Francais

Sous-titrages

English
Français
Spanish, Dutch, Greek, Turkish, Arabic, Hindi, Hungarian, Polish, Portuguese &Romanian

 

 SUPPLEMENTS

 •Bandes-annonces
  • Bienvenue à Gattaca
  • Terminator 3

 

 ON AIME

• Pyun et sa maîtrise de l’image
• Une bande originale pas inintéressante

 ON N'AIME PAS

• Etre poussé au sommeil
• Le vide des dialogues
• Les duels ridicules

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 OMEGA DOOM

 

Le combat entre les hommes et les machines a bien eu lieu. Les robots ont vite pris le dessus et le recours à l’arme atomique n’a bien entendu rien changé. Pire, la race humaine a été éradiquée et l’hiver nucléaire plonge maintenant les robots dans un chaos permanent… Plusieurs années plus tard, une rumeur fait cependant état de survivants humains, se liguant et cherchant les armes nécessaires à une reprise du contrôle planétaire. C’est à cet instant que surgit de nulle part un individu nommé Omega Doom, un être artificiel jadis reprogrammé par l’homme. Ce mystérieux être mécanique va bien vite semer le trouble au cœur d’une citée déjà en proie à une guerre dérisoire entre les Droïds et les Roms…

Photo : OMEGA DOOM

Albert Pyun est sans conteste un réalisateur atypique. Adepte du cinéma Bis, l’homme compense depuis plus de 25 ans le manque de budget commun à tous ses films par une passion réellement inébranlable. Pyun fait véritablement ses premières armes au Japon, pays qu’il rejoint alors qu’il n’a que 18 ans. C’est sur les plateaux nihons qu’il fera la connaissance du célèbre acteur Toshirô Mifune et, par son intermédiaire, du grand Akira Kurosawa. Une rencontre qui marquera alors à jamais le jeune américain… Dès son retour aux Etats-Unis, il monte sa propre maison de production et en 1982, il se lance dans la réalisation de son premier long : L’EPEE SAUVAGE.

Photo : OMEGA DOOM

La carrière d’Albert Pyun débute alors et, peu à peu, son style se dessine. La plupart de ses films seront ainsi sous influence du cinéma japonais et plus particulièrement du Chambara. Nous aurons donc droit à des personnages principaux forts, au passé souvent flou mais aux aspirations inaltérables. Pyun privilégie généralement une lenteur appréciable, lui permettant de construire des plans réfléchis dévoilant des décors sobres mais envoûtants. Ce sont là des caractéristiques typiques des films de sabre japonais mais aussi des westerns italiens, deux genres bien entendu intimement liés. Pyun s’oriente pour sa part et en de nombreuses occasions vers le cinéma futuriste et, plus particulièrement, post-apocalyptique.

Photo : OMEGA DOOM

Tout comme CYBORG ou KNIGHTS, OMEGA DOOM s’inscrit donc dans cette catégorie bien particulière de métrages au propos et au visuel désolés. L’humanité a été réduite à néant et les civilisations passées ne sont plus présentes que via quelques ruines ou autres souvenirs ancrés dans le processeur des cyborgs. Une ambiance sombre que Pyun va mettre en images en Slovaquie, au cœur même d’une ville détruite et laissée à l’abandon. L’usage du format scope, plutôt rare chez le monsieur, rend justice au lieu et malgré la configuration étouffante des ruines, le résultat démontre une nouvelle fois la maîtrise du réalisateur en terme de composition d’image. Nous sommes là en plein western futuriste et, outre le visuel, c’est la trame scénaristique qui va ici nous mettre sur la voie. OMEGA DOOM se veut en effet être une réadaptation «à la Pyun» du classique de Kurosawa, YOJIMBO, déjà remaké par Sergio Leone à l’occasion de POUR UNE POIGNEE DE DOLLARS. Nous retrouvons donc le village en proie à une guerre entre clans, quelques innocents poltrons ainsi qu’un héros venu de nulle part et bien décidé à en finir. Pour cela, cet étranger/justicier va devoir jouer sur deux tableaux et motiver un conflit qui s’avèrera fatal aux familles ennemies. Pyun rend donc hommage et va même jusqu’à reprendre certains dialogues bien connus. Le «Vous devriez présenter des excuses à la tête» sonnant ici comme un écho au célèbre «Vous devriez présenter vos excuses à mon cheval» débité par le Clint Eastwood provocateur du film de Leone. L’issue sera la même, les premiers morts tomberont et le héros, étonnant de dextérité, aura dès lors déclaré la guerre aux deux clans.

Photo : OMEGA DOOM

Arrêtons là toutefois la comparaison car bien évidement, Albert Pyun n’est pas Sergio Leone. Malgré ses tentatives incessantes et ses hommages récurrents (la séquence du puit de CYBORG nous ramène à celle de la pendaison dans IL ETAIT UNE FOIS DANS L’OUEST par exemple), Pyun demeure un réalisateur Bis bien souvent maladroit… Abordons pour commencer le cas des dialogues, particulièrement nombreux et ennuyeux. Les réflexions pseudo-métaphysiques des cyborgs quant à leur existence et leurs espérances s’avèrent ainsi réellement maladroites, voire profondément grotesques. Entendre Omega Doom, le robot assassin, déclamer sans honte que «L'espoir, c'est cette petite boule de plumes qui d'un coup peut s'envoler» donne très vite le ton : La portée spirituelle ne sera pas d’un haut niveau ! Impression très vite confirmée puisque le métrage s’oriente clairement vers le contemplatif et le méditatif au rabais. Un pari osé, surtout de la part d’un homme coutumier de l’action et des empoignades musclées (KICKBOXER 2 et KICKBOXER 4). Le constat d’échec n’en est que plus troublant : Pourquoi n’avoir pas privilégié les altercations entre cyborgs pourtant qualifiés de «surpuissants» ? La réponse viendra très vite nous exploser la rétine... De toutes évidences, Pyun a bénéficié d’un budget encore une fois revu à la baisse. Les affrontements futuristes se limitent donc à quelques «boules de lumière» abjectes, se déplaçant furtivement à l’écran pour éliminer l’ennemi d’un seul impact. Encore une fois, ces duels sonnent comme un hommage au travail de Leone (échange de regards bleus, préparation longue puis tir rapide et létal). Nous sommes cependant bien loin du travail du Maître et le résultat à l’écran s’avère être invariablement consternant. Cet effet «laser du pauvre» était-il nécessaire ? N’aurait-il pas mieux valu privilégier la sobriété à cette bouillie visuelle alarmante ? Sans aucun doute oui. Reste que Pyun y croit et nous l’infligera en de multiples occasions…

Photo : OMEGA DOOM

L’ensemble des effets spéciaux sera du même ordre et ce n’est certainement pas la malheureuse tête tranchée qui viendra nous contredire. Incrustée sans talent, celle-ci se contentera de rouler et de prodiguer quelques conseils bien peu passionnants sur toute la durée du métrage. A priori, nous tenons là l’une des plus tristes performances de Norbert Weisser, acteur fétiche de Pyun. Car le réalisateur est un fidèle qui aime à s’entourer des mêmes interprètes, encore et encore. C’est ainsi que nous retrouverons au générique de ce OMEGA DOOM les habitués Jahi J.J. Zuri, Earl White, Simon Poland et Tina Cote. Concernant cette dernière, nous ne pourrons que saluer l’avant-gardisme de sa tenue vestimentaire puisqu’il semble (nous n’en doutons pas !) que les frères Wachowski l’aient reprise pour les besoins de MATRIX… Au chapitre de la fidélité, nous citerons pour finir la présence de Anthony Riparetti au générique. Le compositeur, affichant tout de même vingt-quatre partitions pour le compte de Pyun, se fend ici d’une bande originale très conforme à l’esprit du film, lorgnant fortement du côté de Ennio Morricone (toutes proportions gardées) et de son travail sur les Westerns Spaghetti. Il en résulte un ouvrage plutôt convaincant de la part d’un homme qui ne cesse de s’améliorer et nous proposera même, un an plus tard, une bande originale des plus réussies pour le film POSTMORTEM.

Photo : OMEGA DOOM

Découvrir OMEGA DOOM n’est aujourd’hui plus l’apanage des anglophones grâce à cette édition zone 2 arrivée chez nous à prix réduit. Nous l’avons dit, l’usage du scope n’est pas courant chez Pyun bien qu’il fasse preuve d’une réelle maîtrise de l’image. Il est donc très satisfaisant de constater que ce format a bien été respecté pour la sortie du DVD et qu’il s’est vu secondé par un transfert en 16/9ème. La qualité n’est cependant pas optimale et les couleurs les plus criardes (notamment le rouge) semblent baver. Une légère impression de flou et une compression par moments visible viennent de plus ternir quelque peu le tableau. Rien de trop dramatique toutefois : Le film se laisse découvrir dans des conditions acceptables pour ce type de produit. Du côté des pistes sonores, le disque nous propose fort naturellement d’opter pour la version originale anglaise ou pour un doublage français retranscrivant parfaitement le vide des dialogues. Les deux pistes sont encodées dans un stéréo clair et sobre. Une pleine brouettée de sous-titrages vient s’ajouter à cela pour une compréhension optimale…

Photo : OMEGA DOOM

En fait, c’est essentiellement du côté des bonus que cette édition se montre décevante. En effet, nous n’aurons droit qu’à deux bandes annonces n’ayant aucun rapport avec le film et présentées de surcroît dans des conditions plus qu’étranges. La bande annonce de BIENVENUE A GATTACA est ainsi encodée en 4/3 avec piste originale sous-titrée français alors que celle de TERMINATOR 3 : LE SOULEVEMENT DES MACHINES bénéficie du 16/9ème, des langues anglaise, française et espagnole avec un unique sous-titrage allemand ! Bref, un contenu éditorial défiant le bon sens et définitivement creux…

Photo : OMEGA DOOM

OMEGA DOOM se veut donc être le énième film futuriste d’un Pyun puisant encore et toujours l’inspiration chez ses maîtres à penser. Cet opus opte pour une approche plus «métaphysique» que ses pairs mais échoue cependant lamentablement dans ce domaine. L’habileté de Pyun à manier sa caméra n’offrira par ailleurs pas le regain d’intérêt nécessaire à l’entreprise qui, faute de consistance réelle, sombre dans l’ennui et parfois même le ridicule… Un métrage mineur dans la filmographie d’un réalisateur possédant pourtant à son actif quelques pièces dignes d’intérêt.

Xavier Desbarats

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