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 FILM INFOS

 Titre original

 TORTURER, THE

 Année

 2006

 Nationalité

 Italie

 Réalisation

 Lamberto Bava

 Scénario

 Lamberto Bava
 Andrea Valentini
 Diego Cestino

 Musique

 Paolo Vivaldi

 Acteurs

 Elena Bouryka
 Simone Corrente
 Emilio de Marchi
 Carla Cassola
 Eleonora Sannibale
 Maria Blanco Fafian
 Valeria Cramerotti
 Martina Micozzi

 

 DVD INFOS

 

Editeur

Flamingo Video

Format Disque

Double Couche

Durée

95 minutes

Format Image

Format Sonore

Italian

Sous-titrages

Italian

 

 SUPPLEMENTS

 •Biographie de Lamberto Bava

 

 ON AIME

• Un film d’horreur aux effets spéciaux à l’ancienne
• Une bande sonore très réussie

 ON N'AIME PAS

• Une jaquette mensongère
• Des bonus inexistants

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 THE TORTURER

 

Un triple crochet qui arrache un sein dénudé... Un chalumeau qui brûle à vif une cuisse féminine au son de rifs violents de guitares... Pas de doute, le spectateur a ce qui lui a été promis par le titre de THE TORTURER, c'est-à-dire des tortures.

Photo : TORTURER, THE

Il s’agit du grand retour de Lamberto Bava au long métrage, quatorze ans après BODY PUZZLE, son dernier opus jusqu'ici. C’est aussi le résultat d’une nouvelle niche du marché du film en Italie, des sorties directes en DVD de films d’horreur. Le groupe Minerva s’en est d’ailleurs fait un des portes drapeaux avec par exemple le nouveau film d’Alex Infascelli, HATE 2 O, qui sortira lui aussi directement en vidéo. Sur coup, Minerva est rejoint par le groupe Surf Films, à l’initiative de THE TORTURER. Après la mort du cinéma de genre italien, voilà un sursaut vidéo qui s'avère être la dernière et nouvelle manière d’effectuer des films d’horreur de l’autre côté des Alpes.

Photo : TORTURER, THE

Ginette, une jeune étudiante (Elena Bouryka) vient passer une audition pour Alex (Simone Corrente), un metteur en scène de théâtre connu pour ses ambiances extrêmes et ses goûts pour la violence. Elle soupçonne aussi que son amie actrice n’ait été enlevée par Alex. Néanmoins séduite par la dangerosité du personnage, elle le suit dans son antre mais découvre plus qu’elle ne l’imaginait.

Photo : TORTURER, THE

Le scénario, qui sent le déjà-vu, se permet toutefois de proposer un film d’horreur et un suspens quant à l’identité du «Tortureur ». L’histoire se dévoile et s’étoffe au fur et à mesure qu’Alex emmène sa conquête dans son atelier de création : sa maison familiale. Lieu de tous les traumas et de tous les excès, elle y montre une mère (Carla Cassola) à moitié folle qui entend des voix et un père (Emilio de Marchi) producteur du fiston qui l’insulte sévèrement peu de temps auparavant.

Photo : TORTURER, THE

On retrouve pêle-mêle les thèmes chers à Lamberto Bava. A savoir, comme dans MACABRO, LA MAISON DE LA TERREUR ou DEMONS le goût des endroits clos. Ainsi, le film se passe quasi intégralement dans une maison bourgeoise au fond d’un parc. Autre thème souvent traité par Lamberto Bava, on retrouve le jeu sur la réalité et la fiction qui s’interpénètrent. Les images de torture qui ponctuent l’action le long du film sont-elles des images du passé ? Des fantasmes du metteur en scène ? Il est clair que le metteur en scène possède un rôle plus que prépondérant dans la succession d’horreurs qui défilent à l’écran. Seule la nature de ce rôle demeurera secret jusqu’au dénouement.

Photo : TORTURER, THE

Quelques scènes sortent du lot, comme une réminiscence d’oeuvre ayant aussi un attrait pour la théâtralisation de l’horreur corporelle. Ainsi à la séquence 29mn05, une jeune actrice entre dans le champ de la caméra à travers des rideaux rouges, baignée de lumière rouge, à l’instar de DEMONS avec la jeune nurse de l’aveugle rejoignant son amant. Deux scènes qui ont des conséquences identiques ! Car la mise en scène du cauchemar est aussi utilisée comme moteur narratif de THE TORTURER, qu’il s’agisse de la volonté du metteur en scène (Alex, tout comme Lamberto Bava), comme celui du meurtrier. Mise en scène et manipulation, même combat, et le pas est franchi car les jeunes candidates au métier d’actrice, et donc victime devant la caméra du tortionnaire, ne sont jamais forcées à faire ce qu’on leur demande. Seul l’appât de la célébrité leur font prendre les risques voulus.

Photo : TORTURER, THE

Cauchemars enfantins, résurgence du passé, ligne floue entre réalité et fiction… On nage en plein référentiel, comme un version modernisée de LA MAISON DE LA TERREUR. S’y est ajoutée une bonne dose de violences psycho-sexuelles afin de coller à la réalité du marché du film en 2006. Ainsi les scènes de tortures incluent-elles électrocutions, fouet à crochets, arrachage de piercings, égorgements... Un vrai catalogue du parfait petit inquisiteur.

Photo : TORTURER, THE

Toujours à l’affût de l’auto-parodie, et jamais dupe du produit qu’il propose, Bava se permet quelques commentaires bien sentis. On peut ainsi relever les vifs échanges verbaux entre Alex et son père, producteur, qui veut le forcer à «écrire des merdes pour les trentenaires». Les concernés apprécieront ! On retrouve le rapport de l’artiste à sa création, inspirée ou non de la réalité, qui se nourrit elle aussi des fantasmes et rêves de son créateur. Mais il s’agit aussi la relation aux contingences matérielles, et aux obligations du marché à qui se destine le produit. L’artiste, chez Lamberto Bava, n’est jamais libre de ses choix (comme Andrea Occhipinti dans LA MAISON DE LA TERREUR ou Tomas Arana dans IL MAESTRO DEL TERRORE) et doit composer avec une réalité plus complexe qu’elle n'y parait.

Photo : TORTURER, THE

La mise en scène, fonctionnelle, ne permet pas de miracle quant au produit proposé, dédiée uniquement à la mise en avant de scènes obligatoires au cahier des charges (tortures, gore, sexe et rebelote). La mise en images des tortures y demeure cependant adroite, et grâce à un montage agressif et une photographie baroque rappelant le style de DELIRUM, une certaine répulsion gagne parfois le spectateur. Le summum étant atteint avec la scène de la victime du fouet à crochets. On retrouve une prédilection pour les éclairages rougeoyants ou bleutés nuit pour les scènes choc. Une tentative curieuse de retour au gothique pour un film tourné en DV, une espèce de contradictions dans les termes. La photographie est en tout cas très léchée, il s’agit d’ailleurs de l’un des meilleurs atouts du film.

Photo : TORTURER, THE

Il ne faut toutefois pas espérer d’avantage qu’une série B tournée rapidement à faible prix pour le marché de la video et qui parle de sévices infligés à de pauvres suppliciées. Même si quelques idées extrêmes transparaissent ça et là, (comme cette mini caméra placée dans le cercueil d’une torturée bâillonnée encore vivante et enterrée afin de traquer la moindre parcelle de peur sur son visage), cela ne sera rien de plus. Malgré quelques effets numériques au rendu médiocre, les effets spéciaux retrouvent le goût du latex et des prothèses, ce qui est grandement appréciable !

Photo : TORTURER, THE

Dommage que l’interprétation laisse à désirer. Le bellâtre qui joue Alex est certainement bien balancé, mais ses grimaces supposées laisser transparaître ses démons intérieurs sombrent dans le ridicule. Dans le rôle principal, Elena fera tourner le spectateur hétérosexuel et nos amies lesbiennes en Bouryka, joli minois prompt à perdre la robe et subir moult assauts sexuels sauvages du bellâtre (car la sexualité n’est jamais simple). Mais sa carrière d’actrice ne semble pas prendre un bon départ. Seule Carla Cassola (dont le physique inquiétant a servi dans LA SETTA et DEMONIA), hallucinante en mère dépressive et folle, semble donner un peu d’épaisseur à son personnage pourtant secondaire et peu écrit.

Photo : TORTURER, THE

THE TORTURER évoque ainsi une époque révolue, adaptée aux lois du marché du film en 2006. C'est à dire la vague de films à petit budget, tendance érotico malsaine de la fin des années 70 en Italie, de Renato Polselli à Joe d’Amato. Cependant mieux réalisé et visuellement beaucoup plus soigné, alliant violence et sexe, mais toujours terriblement misogyne. Les jeunes femmes dénudées y sont légion, sans oublier la sempiternelle scène de saphisme supposée satisfaire la cible recherchée. La violence, totalement gratuite, est uniquement subie par les personnages féminins, et elle s’avère extrême. Il y a d’ailleurs quelque chose de dérangeant dans cette représentation de chairs violentées et tuméfiées, qui renvoient justement aux excès de la fin des 70’s entre faux snuff (dont le marché est évoqué à la fin du film) et vraie bande d’exploitation.

Photo : TORTURER, THE

Contrairement à ce qu’annonce la jaquette du DVD, on ne trouve aucune version anglaise, aucune présentation par le réalisateur, aucune featurette, aucune galerie de photographies. Seule une courte biographie du réalisateur est proposée ainsi qu’une menu animé sur 16 chapitres. Une vraie tromperie sur la marchandise !

Photo : TORTURER, THE

De ce fait, seule une version italienne mixée en Dolby Digital 5.1 est disponible. Le film fut tourné en anglais et il est d'ailleurs clair que THE TORTURER louche fort vers le marché anglophone. C'est donc le doublage italien que l'on retrouve ici. Des sous-titres italiens (amovibles) sont également proposés en sus. Le mixage sonore est d’évidence très réussi. Tous les canaux sont utilisés de manière unilatérale, créant un champ d’effets sonores enveloppant le spectateur avec, par exemple, les scènes d’orage à la 39ème minute. La copie bénéficie d’une excellente compression, présentant un riche contraste, des couleurs vives et clairement définies. Cela s'avère un vrai plus dans les scènes d’intérieur aux éclairages pourtant violents. Ce DVD tire tous les avantages visuels d’un film tourné spécifiquement pour ce medium. Notons tout de même que ce côté lisse de l’image risquera de braquer les amateurs de films tournés à l’origine en 35mm.

Photo : TORTURER, THE

Pour devenir un maître du théâtre de la mort, il faut ainsi occire son créateur. Ceci semble être la finalité de THE TORTURER. Mais c’est aussi l’érotisation de la torture, la fascination macabre du corps disjoint et le plaisir qu’il procure. THE TORTURER est un peu tout ça, mais surtout un genre qui se cherche encore et toujours en Italie. Car le spectateur obtient bien ce qu’il voit : des tortures (parfois au rabais), mais surtout une petite bande produite directement pour la vidéo qui ne cherche pas à aller plus loin que ce qu’elle offre. A savoir des sensations rapides et un peu de malaise pour un tout produit un peu à l’emporte-pièce. Les candidats au nirvana celluloïdal feront, comme à l’habitude, leur fine bouche. Les amateurs éclairés de bisseries italiennes seront aux anges.

Francis Barbier

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