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 FILM INFOS

 Titre original

 ASSASSINO E COSTRETTO AD UCCIDERE ANCORA, L'

 Autres titres

 KILLER MUST STRIKE AGAIN, THE
 KILLER MUST KILL AGAIN, THE
 DEATH IS DARK’S FRIEND

 Année

 1973

 Nationalité

 Italie /  France

 Réalisation

 Luigi Cozzi

 Scénario

 Luigi Cozzi
 Daniele Del Guidice
 Adriano Bolzoni

 Musique

 Nando De Luca

 Acteurs

 George Hilton
 Antoine Saint-John
 Cristina Galbo
 Alessio Orano
 Femi Benussi
 Teresa Velázquez
 Eduardo Fajardo
 Dario Griachi
 Carla Mancini

 

 DVD INFOS

 

Editeur

Mondo Macabro

Format Disque

Simple Couche

Durée

90 minutes

Format Image

Format Sonore

Italian

English

Sous-titrages

English

 

 SUPPLEMENTS

 •Ã¹2Commentaire audio de Luigi Cozzi
 • Featurettes£
 • The Road to the Killer (16mn20)
 • Initials D.A / Cozzi On Argento (9mn46)
 • Death Walks At Midnight and the Giallo genre (17mn22)§
 • Bande Annonce d’époque
 • Générique de début d’origine
 • Biographies£
 • Luigi Cozzi
 • George Hilton
 • Cristina Galbo
 • Femi Benussi§
 • Photos de tournage
 • Affiches & photos d’exploitation
 • Teaser des autres produits Mondo Macabro (2mn30)

 

 ON AIME

• Un DVD superbement réalisé, un suspense hitchockien réussi

 ON N'AIME PAS

• Des bonus non sous-titrés

 THE KILLER MUST KILL AGAIN

 L'ASSASSINO E COSTRETTO AD UCCIDERE ANCORA

Prsent abusivement comme un Giallo, THE KILLER MUST KILL AGAIN est la traduction quasi littrale du second titre italien de ce thriller de Luigi Cozzi L'ASSASSINO E COSTRETTO AD UCCIDERE ANCORA. Second car le destin de ce film demeure particulier. Tourn en 1973 sous le titre IL RAGNO (L'Araigne), il ne fut distribu que deux ans plus tard et ce la sauvette sous un titre plus accrocheur. Un des nombreux autres titres est DEATH IS DARK'S FRIEND.

Photo : KILLER MUST KILL AGAIN, THE (L\'ASSASSINO E COSTRETTO AD UCCIDERE ANCORA)

Cette coproduction italo-franaise demeurera cependant indite de ce ct des Alpes? et c'est bien dommage car elle se rvle tre le film le plus russi de Luigi Cozzi. Le ralisateur de STARCRASH et de CONTAMINATION a runi l'cran un casting de choix : George Hilton, alors star du Giallo (LA QUEUE DU SCORPON, L'ETRANGE VICE DE MME WARDH) mais galement Cristina Galbo (MAIS?QU'AVEZ-VOUS FAIT A SOLANGE ?, LE MASSACRE DES MORTS VIVANTS), la sexy Femi Benussi, Alessio Orano (LISA ET LE DIABLE, TESTIMONIO OCULARE) et, accords de coproduction oblige, l'inquitant Michel Antoine (Antoine Saint-John).

Photo : KILLER MUST KILL AGAIN, THE (L\'ASSASSINO E COSTRETTO AD UCCIDERE ANCORA)

L'architecte Mainardi (George Hilton) assiste par hasard une scne o un tueur sans nom (Michel Antoine) prcipite un corps dans une voiture dans un canal. Avec un peu de chantage il passe un accord avec le tueur afin de se dbarrasser de sa trop jalouse et trs riche femme (Teresa Velasquez). Les dtails rgls, sa femme est tue mais au moment o le tueur met le cadavre dans une voiture, celle-ci disparat au profit de deux voleurs (Cristina Galbo et Alessio Orano). Dcidant de voir la mer et trouver une vieille maison o abriter leurs bats, ils se voient pris en chasse sans le savoir par le tueur.

Photo : KILLER MUST KILL AGAIN, THE (L\'ASSASSINO E COSTRETTO AD UCCIDERE ANCORA)

Le film est en effet beaucoup plus un suspense la Hitchcock qu'un Giallo. La structure narrative rvlant le tueur ds la premire image, on se trouve mille lieues du traditionnel Giallo qui dferlait sur les crans italiens cette poque. THE KILLER MUST KILL AGAIN joue principalement sur deux aspects. D'abord l'humour noir, qui joue sur l'ironie des situations et la mise en danger constante des protagonistes. Monte crescendo du suspense (vont-ils se faire prendre par la police ? vont-ils se faire tuer ?) puis retombe de la pression afin de reprendre leurs routes respectives. Ensuite, la peur de l'enlvement car il s'agissait d'un vnement courant en Italie dans les annes 70. Le film exploite cette peur et il est crucial, concernant ces lments sociologiques, de bien replacer le film dans son contexte de l'poque.

Photo : KILLER MUST KILL AGAIN, THE (L\'ASSASSINO E COSTRETTO AD UCCIDERE ANCORA)

Le scnario s'avre plus complexe qu' l'accoutume. Il s'inspire d'abord dlibrment du tlfilm IL VICINO DI CASA que Cozzi tourna peu de temps avant pour la srie produite par Dario Argento LA PORTA SUL BUIO. Une scne s'y retrouve pratiquement de manire similaire, lorsque l'une des victimes se trouve billonne et ligote et essayant d'chapper au tueur qui rode dans la maison o elle se trouve enferme. Luigi Cozzi cde aussi une nouvelle fois l'auto-citation en reprenant un extrait de son premier film exprimental IL TUNELLO SOTTO IL MONDO (1969) qui se trouve projet dans le cinma o se rendent George Hilton et Michel Antoine. A noter que le hros de ce film exprimental n'est autre que Alberto Moro, le monteur du film chroniqu ici-mme. Une affaire de famille, en somme.

Photo : KILLER MUST KILL AGAIN, THE (L\'ASSASSINO E COSTRETTO AD UCCIDERE ANCORA)

Ensuite, les influences Hitchcockiennes ( on songe L'INCONNU DU NORD EXPRESS, immanquablement) ne s'arrtent pas l pour autant. La construction renvoie un peu celle de PSYCHOSE, o le rcit se concentre pendant un tiers du film sur l'hrone pour la voir disparatre elle et l'argument de base (le vol). Ici, c'est la prparation du meurtre de Teresa Velasquez et la relation entre le mari et le tueur qui s'vanouissent pour mieux se concentrer pendant le reste du mtrage sur la chasse des deux voleurs de voiture par l'assassin. Dommage que le script patine au bout d'une heure et, cherchant un nouveau souffle, apporte un personnage secondaire inintressant (Femi Benussi) et se dirige vers une fin contrainte la mollesse. D'autres rfrences et hommages se retrouvent a et l, notamment lorsque le tueur montre son briquet marqu des initiales D.A? comme Dario Argento. Le mentor sert de catalyseur indirect l'histoire.

Photo : KILLER MUST KILL AGAIN, THE (L\'ASSASSINO E COSTRETTO AD UCCIDERE ANCORA)

Ct mise en scne, Luigi Cozzi s'avre tre quelqu'un de trs classique. Citant dans son commentaire John Ford ou Raoul Walsh comme ses influences, il argue qu'un cadre classique passe mieux les affres du temps. C'est en effet le cas ici : le cadre est trs soign, les couleurs naturelles et la ralisation ne cde pas la facilit ni au tape l'œil. Malgr des plans de coupes inutiles qui ralentissent l'action et des flash-backs insistants et trop dmonstratifs, il existe une grande cohrence entre le script et les images. Le film grne les scnes se rpondant les unes aux autres, soit par opposition ou par compltude. Les lieux o se droulent les meurtres : la maison ultra-moderne barde de jaune ?giallo- des Rainardi versus la baraque de bord de mer abandonne et dlabre. Ensuite, le meurtre de Mme Rainardi est constamment interrompu par des images de la fte o se trouve son mari et sa mort culmine avec un toast gnral de l'assemble. Le classicisme vole cependant en clat pour rappeler au spectateur mle moyen qu'il se trouve bien dans un film d'exploitation qui lui est destin. Ainsi le viol de Cristina Galbo est-il mont en parallle avec une scne d'amour trs dshabille entre Femi Benussi (qui trouve toujours un moyen pour se retrouver nue devant la camra !) et Alessio Orano. Ainsi le quota de chair fminine aura-t-il t respect pour le cahier des charges.

Photo : KILLER MUST KILL AGAIN, THE (L\'ASSASSINO E COSTRETTO AD UCCIDERE ANCORA)

Il n'existe aucun personnage pour rattraper l'autre. Les hommes restent tous des : violeurs meurtriers (Michel Antoine), sexistes de base (Alessio Orano), manipulateurs sans morale (George Hilton). On n'y croise pas mieux chez les femmes, entre la jalouse hystrique, la nymphette cervele et la stupide blonde obsde. Cette galerie peu reluisante est nanmoins la plus intressante du lot, les autres acteurs demeurant sans relief, Eduardo Fajardo en tte, avec son rle d'inspecteur de police sr de son fait.

Photo : KILLER MUST KILL AGAIN, THE (L\'ASSASSINO E COSTRETTO AD UCCIDERE ANCORA)

L'un des aspects les plus russi de cette histoire est sans conteste le tueur sans nom. Michel Antoine, au facis dur et anguleux, donne dans l'inquitude perverse. Mais rvle au fur et mesure une facette plus humaine, presque empreinte de compassion aprs le viol de Cristina Galbo. Une tincelle dans le regard, une hsitation et il apparat comme choqu et horrifi de ses propres crimes, comme apeur par sa nature vritable. La violence du film se trouve la plupart du temps hors de l'cran car l'important est ailleurs. Cozzi indique avoir voulu faire un film violent mais sans reprsentation graphique . Il dtestait le mythe du tueur gant de noir dont l'identit est connue la fin. En effet, le seul meurtre o le sang apparat demeure trs en retrait de ce que le thriller transalpin a fait jusque l. Difficile ainsi de croire l'argument avanc que la censure rejeta le film en 1973 pour cause de violence et de nudit. Elle sont toutes deux en quantit bien moindre par rapport d'autres films de la mme poque.

Photo : KILLER MUST KILL AGAIN, THE (L\'ASSASSINO E COSTRETTO AD UCCIDERE ANCORA)

Dommage que Cozzi ne sache pas terminer son film et se sente obliger de coller un final mou, improbable et d'une facilit morale dconcertante. Ce qui tranche avec le suspense noir qu'il a su pratiquement maintenir tout du long. Le gnrique final offre enfin le titre d'origine IL RAGNO (L'araigne tissant sa toile autour de ses victimes) et on y remarque Patrick Jamain, ralisateur de LUNE DE MIEL, crdit comme co-scnariste pour la version franaise, si cela veut bien dire quelque chose? Ce qui semblerait logique, Patrick Jamain ayant travaill sur L'AFFAIRE CRAZY CAPO la mme anne, aussi produit par la socit de Sergio Gobbi (qui coproduisit le film de Cozzi)? moins qu'il ne s'agisse que d'obscures raisons de coproduction, les mmes qui virent crditer Bertrand Tavernier au gnrique d'ORGASMO alors que celui-ci n'y participa jamais !

Photo : KILLER MUST KILL AGAIN, THE (L\'ASSASSINO E COSTRETTO AD UCCIDERE ANCORA)

La copie prsente comme complte, et venant du ngatif original, offre le respect du format anamorphique d'poque (le film fut tourn en Techniscope 2.35:1) avec un transfert 16/9. Force est de reconnatre la beaut du tlcinma opr, sans grain apparent ni griffure aucune. Les scnes intrieures sont lumineuses, avec des couleurs chaudes. On remarquera les gros plans sur les yeux bleus d'Alessio Orano, la manire dont Sergio Corbucci demanda d'illuminer ceux de Franco Nero dans COMPANEROS : on ne voit qu'eux, hypnotisant le spectateur de leur lumire iridescente, ajoutant une pierre d'angle leur personnalit vnneuse. Au contraire, les scnes d'extrieurs paraissent bien fades, comme surexposes par moments. On y dcle mme un peu de flou (20mn58) et parfois une zone plus sombre sur le ct droit de l'cran.

Le DVD offre une piste sonore italienne (Mono sur un canal) qui se rvle la plus dynamique et la plus claire. La piste anglaise stro sur deux canaux n'apporte rien de plus sinon une tonalit dcevante et une faiblesse en intensit. Le film offrant des sous-titres anglais, il est recommand de s'attacher la piste italienne.

Photo : KILLER MUST KILL AGAIN, THE (L\'ASSASSINO E COSTRETTO AD UCCIDERE ANCORA)

Du ct des bonus, c'est mieux que chez Swann. Outre le commentaire trs instructif du ralisateur et les anecdotes sur le tournage et les conditions parfois dlicates, Mondo macabro frise l'overdose en prsentant trois documentaires (Featurettes). Le premier The Road to the killer voit Luigi Cozzi retracer sa carrire jusqu'au film. Le deuxime Initials D.A / Cozzi On Argento hsite entre la redite du premier mais Cozzi y approfondit ce qu'il doit Argento et ajoute quelques anecdotes sur les trois premiers gialli qu'il tourna, jusqu' sa collaboration sur 4 MOUCHES DE VELOURS GRIS. Enfin ? Le troisime Death Walks at Midnight and The Giallo genre se trouvait dj sur le DVD Zone 2 du film DEATH WALKS AT MIDNIGHT de Luciano Ercoli. Il s'agit d'une vision globale du Giallo par Adam Smith, auteur du livre Blood and Black Lace. Ces trois documentaires sont en anglais non sous-titrs.

Viennent ensuite quelques biographies trs (trop) rapides du ralisateur et des principaux protagonistes, la bande annonce originale, 27 photographies de tournage et 11 affiches/lobby cards.?puis enfin un teaser prsentant les produits Mondo Macabro dj disponibles (ASWANG, THE LIVING CORPSE?).

Photo : KILLER MUST KILL AGAIN, THE (L\'ASSASSINO E COSTRETTO AD UCCIDERE ANCORA)

Mondo Macabro a ralis un trs bel objet minemment complet qui plaira sans aucun doute aux amoureux du cinma de genre italien. Le choix de sortir une copie uncut de cet excellent film de Luigi Cozzi est judicieux, de par la raret du film mais galement par sa qualit jusque l insouponne. Ce DVD lui rend justice

Francis Barbier

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