HOMME DE LA PLAINE, L' (THE MAN FROM LARAMIE) - Chronique/Critique/Review Film & DVD (http://www.devildead.com)

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 FILM INFOS

 Titre original

 MAN FROM LARAMIE, THE

 Autres titres

 HOMME DE LA PLAINE, L'
 

 Année

 1955

 Nationalité

 Etats-Unis

 Réalisation

 Anthony Mann

 Scénario

 Philip Yordan
 Frank Burt

 Musique

 George Duning

 Acteurs

 James Stewart
 Arthur Kennedy
 Donald Crisp
 Cathy O'Donnell
 Alex Nicol
 Aline MacMahon
 Wallace Ford
 Jack Elam

 Adapté d'une oeuvre originale de :

 Thomas T. Flynn

 

 DVD INFOS

 

Editeur

Format Disque

Double Couche

Durée

98 minutes

Format Image

Format Sonore

English

Francais

German

Italian

Spanish

Sous-titrages

English
Francais
Arabic, Bulgarian, Czech, Danish, Dutch, Finnish, German, Greek, Hebrew, Hindi, Hungarian, Icelandic, Italian, Norwegian, Polish, Portuguese, Spanish, Swedish & Turkish

 

 SUPPLEMENTS

 •Bandes-annonces
  • L'homme de la plaine
  • L'or des McKenna
  • Alvarez Kelly
 • Affiche du film

 

 ON AIME

• Le film

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• Edition chiche en supplément

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 L'HOMME DE LA PLAINE

 THE MAN FROM LARAMIE

Coronado, bourgade paisible du Nouveau Mexique, voit arriver une livraison de produits conduite par Will Lockhart. Les interrogations concernant l’étranger grossissent alors qu’il subit violemment la colère de Dave Waggoman, le fils d’Alec Waggoman, dont le Barb Ranch et ses propriétés gigantesques lui assurent la mainmise sur la ville. Lockhart, malmené, mais épaulé par la belle Barbara Waggoman (nièce d’Alec), doit démêler l’écheveau de Coronado pour assouvir la vengeance qui l’a conduit ici.

Photo : HOMME DE LA PLAINE, L\' (THE MAN FROM LARAMIE)

Un désert de sel, aride, qui sèche la gorge. Des hommes. Au loin, surgissent des cavaliers, soulevant un nuage de poussière. C’est sur cette séquence que commençait le roman de Thomas T. Flynn. Cette séquence, premier conflit entre le Jeune Dave et Will Lockhart (incarné par James Stewart), avait le défaut de planter le héros dans le territoire, d’en faire un composant ; c’est sans doute pour cela que les scénaristes du film ont préféré commencer sur un autre désert, tout aussi aride, que la caravane de Lockhart perce au début du film. Cette séquence inaugurale, hors du lieu (on n’est pas encore entré dans Coronado) est aussi hors du temps : elle fait un lien habile entre le passé — la mort du frère, et le futur — la vengeance. Belle entrée en matière que ce prologue, lui même précédé du générique, zébré en longueur d’une cicatrice (un fil barbelé ?) et soutenu par la chanson composée par Ned Washington et Lester Lee. Avec elle, Anthony Mann sacrifie au rituel du western, qui veut qu’une chanson imprègne le film. Et le choix a été bon puisque ce morceau devient un hit à la sortie du film (quatre semaines n° 1 des charts britanniques en 1965 !). Elle permet en plus de pointer d’emblée le héros (elle reprend simplement le titre original du film) et de souligner son origine : il vient de loin, il est mystérieux.

Photo : HOMME DE LA PLAINE, L\' (THE MAN FROM LARAMIE)

Will Lockhart (will= volonté, lock / heart = cœur fermé ?), est le personnage type des westerns d’Anthony Mann. Oui, il conserve des attributs du héros de western classique, trop souvent incarné par John Wayne : il est grand, il a de la volonté, et s’assoie sur des valeurs profondément américaines. Mais Mann décale ce héros : de sa taille ne ressort plus la puissance mais un aspect maladroit.

Photo : HOMME DE LA PLAINE, L\' (THE MAN FROM LARAMIE)

Maladroit, mal dans son corps car son corps devient un objet de souffrance, de blessures qui terrassent le héros. Des valeurs communes à l’Amérique, bien sûr (c’est James Stewart tout de même !) mais qui trouvent un fondement intime plus sombre (la vengeance, la rédemption…). Will Lockhart n’est pas venu pour décharger sa marchandise devant la belle Barbara Waggoman comme il l’annonce dans la séquence de la rencontre, mais bien pour assouvir la vengeance qui le torture intérieurement, douleur symbolisée par la carcasse calcinée du convoi dans lequel se trouvait son frère. C’est alors que Anthony Mann se plait à replacer son héros dans des situations qui ne lui appartiennent pas ; boire le thé avec Barbara, entouré de femmes qui soignent ses blessures, égaré dans un mariage d’indiens pueblos… Ces situations sociales évoquent tout un monde par lequel le héros voudrait se laisser rattraper, mais qui entre en conflit avec sa mission vengeresse qu’il s’est imposé. Le western d’Anthony Mann touche alors quasiment à une dimension tragique, illustrant à merveille la dichotomie entre la société et l’individu. L’apport de la carrure de James Stewart aux westerns d’Anthony Mann est évidente et a été très fréquemment évoquée : dégingandé, Stewart l’est encore plus dans L’HOMME DE LA PLAINE, premier western de Mann en cinémascope. Contraint par le cadre en hauteur, isolé en largeur, perdu et à la merci des cavaliers du ranch Barb, Stewart avance d’étape en étape, comme si chacune de ses rencontres, de ses dialogues avec tous les autres personnages un à un devenait une quête vengeresse. C’est au fur et à mesure de ces dialogues que les personnages, y compris les indiens (par Frank Darrah, l’intendant de Barbara), révèlent une personnalité généralement éloignée du manichéisme des débuts du genre.

Photo : HOMME DE LA PLAINE, L\' (THE MAN FROM LARAMIE)

La collaboration entre Mann et James Stewart a longuement été rodée avant L’HOMME DE LA PLAINE : les deux hommes avaient collaboré lors de l’épisode théâtral qui marquait les débuts d’Anthony Mann dans le milieu artistique. Au début des années cinquante, Mann se lance dans le western (LES FURIES, LA PORTE DU DIABLE) et accepte alors de mettre en scène Stewart dans WINCHESTER 73. Cette première collaboration cinématographique se poursuivra durant sept films dont cinq fameux westerns, mais aussi dans un autre registre (ROMANCE INACHEVÉE, racontant la vie de Glen Miller).

Photo : HOMME DE LA PLAINE, L\' (THE MAN FROM LARAMIE)

Dans la bande annonce du film (présente sur le DVD), James Stewart montre au spectateur le Saturday Evening Post, dans lequel l’histoire L’Homme de Laramie avait été publié en 1954 en feuilleton. Ce roman a succès écrit par Thomas T. Flynn fut édité la même année en poche et les scénaristes et Mann l’adaptèrent dans la foulée. Pour cette tâche, Mann fait confiance à Philip Yordan (et Frank Burt) avec qui il avait déjà collaboré sur LE LIVRE NOIR et qui scénariserait par la suite LE PETIT ARPENT DU BON DIEU, CÔTE 465 et LA CHARGE DES TUNIQUES BLEUES.

Photo : HOMME DE LA PLAINE, L\' (THE MAN FROM LARAMIE)

Malgré quelques changements, le film reste fidèle à l’esprit du roman, même s’il s’agit tout de même de resserrer les lieux et les personnages ; par exemple, le personnage de Frank Darrah, le cerveau du trafic d’armes dans le roman est reporté sur l’intendant indien du magasin de Barbara. Il fallait alors donner une plus grande place au contremaître du Ranch Barb, et le rôle est confié à Arthur Kennedy (LA SENTINELLE DES MAUDITS) qui avait déjà incarné la face sombre de James Stewart, son frère ennemi dans LES AFFAMEURS. Barbara Waggoman est interprétée par Cathy O’Donnell (LES AMANTS DE LA NUIT). On retrouve aussi dans L’HOMME DE LA PLAINE deux figures d’Hollywood, l’une dans un rôle très secondaire (Wallace Ford, le compagnon de route de Will, qui avait tourné pour Mann dans LA BRIGADE DU SUICIDE et LES FURIES) et l’autre dans le rôle du vieux fermier Alec Waggoman : Donald Crisp (DR JEKYLL ET MR HYDE de 1941).

Photo : HOMME DE LA PLAINE, L\' (THE MAN FROM LARAMIE)

Inscrit au programme des lycées en 2004, L’HOMME DE LA PLAINE génère cette année une nombreuse littérature. Les lycéens qui pourront voir le film en copies neuves dans les salles se jetteront peut-être, pour peaufiner leur travaux, sur les éditions DVD disponibles du film.

Photo : HOMME DE LA PLAINE, L\' (THE MAN FROM LARAMIE)

Columbia propose L’HOMME DE LA PLAINE au format du cinémascope, 2.35:1 (avec option 16/9ème). On pourra regretter le traitement de la couleur et des ombres dans les séquences en "nuit américaine" (la sortie de la messe, l’embuscade de Chris Boldt) qui souffre d’un rendu très clair, comme si l’action se déroulait en plein jour. La copie choisie souffre de plusieurs défauts mineurs, taches ou griffures : ainsi, dans la séquence où Will Lockhart se rend pour la première fois au Barb Ranch, on peut percevoir une tâche qui défile sur la pellicule (sur la gauche de l’écran) durant une minute (au chapitre 8). La même séquence souffre de quelques griffures. La couleur, outre l’effet de nuit américaine évoqué plus haut, est rendue proprement, même si deux ou trois plans sont plus fades ou ternes que le reste (par exemple, l’un des derniers plans de l’affrontement final). Rien de tout cela cependant n’est gênant à la vision du film.

Photo : HOMME DE LA PLAINE, L\' (THE MAN FROM LARAMIE)

Les différentes pistes sons de l’édition zone 2 sont toutes proposées en mono, plus ou moins clair selon les langues (la plus efficace étant la piste italienne), sauf pour la piste anglaise qui bénéficie d’un traitement en 3.0. La piste française mono est assez claire, mais n’a bien sûr pas l’éclat ni l’ampleur de la piste anglaise. Détail plus gênant, certains éléments sonores sont même gommés par le mixage de la piste française. Mais encore une fois, rien qui perturbe la vision du film. L’édition zone 2 de L’HOMME DE LA PLAINE bénéficie donc de nombreuses options de langue, mais aussi de sous titrage (21 possibilités au total), ce qui atteste de sa portée internationale, et qui la démarque nettement de l’édition proposée en zone 1, qui ne proposait que les versions anglaises et espagnoles et les sous titres en français, anglais, espagnol, chinois, coréen et thaïlandais.

Photo : HOMME DE LA PLAINE, L\' (THE MAN FROM LARAMIE)
<- DVD Z1 1.33
Photo : HOMME DE LA PLAINE, L\' (THE MAN FROM LARAMIE) Photo : HOMME DE LA PLAINE, L\' (THE MAN FROM LARAMIE)
DVD Z1 2.35
DVD Z2 2.35

Une pauvreté relative pour l’édition zone 1, qui est "compensée" par la présence, sur une deuxième face (que ne possède pas l’édition zone 2) d’une version recadrée destinée à remplir les écrans des téléviseurs classiques. A noter quelques différences entre les sous-titrages français des deux éditions, l’édition zone 1 proposant un sous-titrage des paroles de la chanson de générique, contrairement à l’édition zone 2. En ce qui concerne les suppléments, les deux éditions sont quasiment identiques par leur dénuement, mais l’éditeur a cru bon d’ajouter deux bandes annonces d’autres westerns à l’édition zone 2 (ALVAREZ KELLY et L’OR DE Mc KENNA). La bande annonce de L’HOMME DE LA PLAINE est extrêmement intéressante car elle décale totalement le propos d’Anthony Mann sur son personnage pour faire de James Stewart le cowboy héroïque qu’il ne sera jamais. En revanche, l’affiche du film, proposée en définition bien médiocre, n’est que d’un piètre intérêt, et elle souligne l’indigence de ces suppléments comparés à la somme de documents disponibles qui auraient dû figurer sur le disque.

Photo : HOMME DE LA PLAINE, L\' (THE MAN FROM LARAMIE)

Le DVD de L’HOMME DE LA PLAINE édité par Columbia dans sa collection western classics laisse un goût d’inachevé. Certes, la qualité du film est excellente mais la quasi absence de suppléments pour un film de cette stature est décevante. Il sera cependant un appui indispensable pour les lycéens appelés à plancher (les bienheureux !) sur Anthony Mann.

Jérôme Peyrel

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