Les Aventures du Jeune Indiana Jones

  Partie 1

En 1991, George Lucas propose à la chaîne télévisée ABC le concept de la série des AVENTURES DU JEUNE INDIANA JONES (THE YOUNG INDIANA JONES CHRONICLES). Le dernier film de l'archéologue, INDIANA JONES ET LA DERNIERE CROISADE, a connu deux ans plus tôt un véritable triomphe. Les dirigeants de la chaîne, qui se souviennent des téléfilms des EWOKS (en 1984 et 1985) inspirés de l'univers de STAR WARS, se frottent les mains, convaincus de faire du "Indiana Jones" à moindres frais. "George leur répétait inlassablement, et je l’ai entendu dire des millions de fois "cela ne ressemblera pas aux films de cinéma", se souvient le producteur Rick McCallum. Ils acquiesçaient d’un signe de tête mais espéraient néanmoins que ce serait comme les films."

Le projet de George Lucas est autrement plus ambitieux qu'une simple adaptation de films à succès. "Je voulais créer une série qui déclencherait chez les téléspectateurs un intérêt pour l’Histoire". Son héros n'est finalement qu'un prétexte, il lui permet de relater les grands événements politiques et historiques du début du XXème siècle. L'idée lui a sans doute été inspirée par deux éléments de LA DERNIERE CROISADE : l'ouverture du film se déroulant dans la jeunesse d'Indy, et la rencontre à Berlin avec Adolf Hitler.

Pendant plusieurs semaines, Lucas se réunit avec sept scénaristes (Rosemary Anne Sisson, Reg Gadney, Gavin Scott, Frank Darabont, Jonathan Hensleigh, Jonathan Hales et Matthew Jacobs) au Skywalker Ranch, pour établir la structure des épisodes, dont il a écrit lui-même les trames. La série est divisée en deux périodes : de 1908 à 1910, Indy parcourt le monde avec ses parents ; de 1916 à 1920, il devient adulte. Du premier congrès de psychanalyse à la bataille de Verdun, de la révolution mexicaine au traité de Versailles, le début du siècle est suffisamment riche pour permettre aux scénaristes d’intégrer Indiana Jones dans tous ces événements fondamentaux. Comme le rappelle le réalisateur René Manzor : "Il ne s’agit pas de faire Indiana Jones et le Triangle des Bermudes, Indiana Jones et l’Atlantide : c’est Indiana Jones dans l’Histoire."

La passion de T.E. Lawrence pour l’archéologie, les chasses organisées en Afrique par l’ancien président Théodore Roosevelt ou la participation d’Ernest Hemingway à la guerre de 14 sont autant d'événements dans lesquels Indiana Jones est intelligemment intégré. La gigantesque bibliothèque du département "Documentation" de Lucasfilm est mise à contribution pour reconstituer avec exactitude non seulement les faits mais aussi les décors et les costumes. "J’ai appris énormément de choses en les écrivant, se souvient Frank Darabont. J’ai fait beaucoup de recherches, c’était comme retourner à l’école..." Mais, comme le précise un carton à la fin de chaque épisode, "bien que de véritables personnages et événements historiques y soient dépeints, parfois la chronologie et les faits ont été modifiés pour les besoins du scénario." Ainsi, le premier congrès de psychanalyse, qui s’est tenu à Salzbourg en 1908, a été transposé à Vienne. Mais dans l’ensemble, la série ne prend que peu de libertés avec l’Histoire.

Indiana Jones est interprété par trois acteurs différents. Corey Carrier joue avec spontanéité le futur archéologue, entre 9 et 11 ans, dans neuf épisodes. Le défi est sans doute plus difficile à relever pour Sean Patrick Flanery qui incarne le personnage de 17 à 21 ans. "Personne ne m’a vraiment dit : "On veut que tu imites Harrison Ford" mais, bon, il est Indiana Jones. C’est la seule vision que nous ayons d’Indiana Jones, c’est pourquoi je voulais en tenir compte dans mon personnage" Flanery a accompli tout un travail au niveau de la gestuelle : sa façon de tirer au pistolet, de mettre son chapeau, de courir ou de tomber sont admirablement calquées sur celles d’Harrison Ford, rendant tout à fait crédible son interprétation d’Indiana Jones. George Lucas est également très pointilleux concernant son apparence physique : il le dote de la célèbre cicatrice au menton de Ford et de lentilles marrons (pour cacher ses yeux trop bleus).

Enfin, chaque épisode est introduit par un Indiana Jones de plus de quatre-vingt-dix ans, interprété par George Hall, visiblement ravi du rôle. "C’est une chance formidable. Je pense que l’idée de jouer le rôle d’un homme qui a été un héros pour le public, un homme au soir de sa vie, qui se souvient de sa jeunesse alors qu’il n’était pas encore connu, est fascinante. A quatre-vingt treize ans, Indy est un vieil homme fringant, et il n’hésite jamais à dire ce qu’il pense du comportement de quelqu’un de manifestement mal intentionné. Il est héroïque au sens où il a dépassé l’âge à partir duquel on ne se soucie plus de savoir si les gens apprécient ce qu’on dit ou pas. Il est assez vieux pour savoir que les évidences sont les évidences, et qu’on devrait les croire parce qu’elles sont vraies. C’est un bon raconteur d’histoires, et il donne envie aux autres de l’écouter et par là même d’apprendre. Alors on l’écoute encore, on apprend quelque chose d’autre, et l’apprentissage continue."

La plupart des réalisateurs viennent du cinéma : Simon Wincer, Mike Newell, Terry Jones, Bille August, Nicolas Roeg, Dick Maas, René Manzor, Peter MacDonald... Passent également derrière la caméra le cascadeur Vic Armstrong, le responsable des effets visuels Joe Johnston et l'ingénieur du son Ben Burtt, qui ont travaillé sur la trilogie des Indiana Jones. Plus étonnant encore, l'actrice Carrie Fisher, éternelle Princesse Leia et scénariste à ses heures, est contactée par George Lucas. Il fait appel à elle pour l'épisode Paris, octobre 1916, en raison de son embarras à écrire une histoire d’amour. "On n’a pas arrêté de se quereller, se souvient-elle. (...) Il a gagné. Il m’a laissé prendre le dessus sur le papier, puis il est allé le tourner et a tout changé. Je suis devenue folle ! Je ne voulais surtout pas trop de romantisme, les trucs du genre les cheveux flottants aux reflets du clair de lune." Tu es si jolie. Tu es la rose magique de ma vie.." C’est dedans !"

Bénéficiant du même budget qu’une série "classique", LES AVENTURES DU JEUNE INDIANA JONES nécessite des tournages trois fois plus longs, se déroulant à l’étranger. Pour faire face aux inévitables problèmes de coût, il est d’abord décidé de réduire les cachets (habituellement généreux) attribués aux vedettes, aux scénaristes et aux créateurs. Puis, l’ensemble des scripts ayant été préparés avant de commencer la production, tout peut être planifié. "Nous avons également tourné la série sur pellicule 16mm, alors que la plupart des gens ne l’utilise pas pour la télévision, explique George Lucas. En tournant avec du 16mm, nous étions capables d’économiser de l’argent sur le matériel et pouvions ainsi nous permettre d’avoir plus de jours de tournage. Ce sont ces jours supplémentaires qui nous ont rendu plus performants."

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 Dossier réalisé par Philippe Lombard.

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