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 Andreas Marschall

 

 MASKS : Interview Andreas Marschall

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Nous avions découvert le réalisateur allemand Andreas Marschall avec l'excellent TEARS OF KALI, un film daté de 2004 et sorti chez nous en DVD en 2009 ! Nous n'avions depuis plus de nouvelles du cineaste, jusqu'à ce que nous le croisions dans les allées du Marché du Film du Festival de Cannes 2011. Bonne nouvelle, le réalisateur est sur le point de terminer son nouvel opus, un étrange film nommé MASKS.

Eric Dinkian : Sur quoi avez-vous travaillé après TEARS OF KALI ?

Andreas Marschall : J'ai écrit des scénarios pour des sociétés de production et pour nourrir mes propres projets. J'ai écrit environ 3 ou 4 scénarios de films d'horreurs. Il était prévu que ce soit des budgets plus importants. L'un d'entre eux était TEARS OF KALI 2. J'ai essayé d'obtenir le budget, mais ça n'a pas fonctionné en Allemagne parce que vous n'avez jamais de financement pour des films d'horreur. J'ai toujours deux projets en développement avec une grande société de production. L'un est un film de cannibales et l'autre est un film d'atmosphère basé en Italie. Ces deux films n'ont encore aucun financement. Pour cette raison, et parce qu'il s'est passé pas mal de temps depuis mon dernier film, j'ai décidé de tourner un autre projet dans l'intervalle. Ca s'appelle MASKS.

Est-il fini ?

Il est presque fini, nous avons terminé le montage et les effets sonores. Le mixage n'est pas encore achevé. Je pense qu'il sera complètement terminé vers la fin juin. J'ai voulu le montrer à Cannes mais le son n'était pas prêt à temps. Il sera à Cannes l'année prochaine. C'est un hommage aux giallos. J'ai tourné ce film avec un budget zéro. Je suis juste allé dans une école de comédie en Allemagne. J'ai dit : "donnez-moi votre école pour les vacances (rires). J'ai besoin de vos acteurs, actrices et j'ai besoin de vous pour construire mes décors". Et ils ont dit : "OK". Nous avons commencé à tourner pendant les vacances d'été.

Comment pouvez-vous réaliser un film sans budget ?

Les giallos contiennent énormément de petites scènes. Ce n'est pas une histoire linéaire. Vous avez besoin de nombreux décors, de figurants. Heureusement, avec l'école, je pouvais y aller autant que nécessaire. J'ai tourné pendant deux périodes de vacances, en été et en hiver. J'ai tourné en plusieurs fois des petites scènes et les ai assemblées comme un puzzle (rires). C'était vraiment l'aventure !

La mode est plutôt aux films de zombies, à la violence hardcore. Pourquoi le giallo ?

Presque tout le monde à l'heure actuelle fait du "torture porn". J'aime ces films, j'aime les regarder mais pour mon propre film je ne voulais pas faire ça. J'ai pensé qu'il vaudrait mieux faire quelque chose de spécial, de différent. Je rends hommage au giallo parce que ce n'est pas vraiment à la mode en ce moment chez les films à plus gros budget. Comme mon film est autoproduit, j'en ai le contrôle complet. J'ai également bénéficié de cette école où j'ai pu faire ce que je voulais. C'était ma chance de rendre hommage au giallo. Quand nous avons diffusé la bande-annonce, tout le monde disait: "oh je veux le voir". Je me suis alors dit "peut-être avons-nous quelque chose que les gens attendent…"

La bande-annonce est très efficace. Très dérangeante, non pas à cause de scènes violentes mais vis-à-vis de ces masques étranges.

Il a quelques scènes sanglantes mais moins que dans TEARS OF KALI. Le film joue plus sur l'atmosphère, le mystère et l'ambiance des thrillers des années 70. Il est peut-être plus glauque aussi. Nous parlons des techniques particulières de comédie lorsqu'un acteur porte un masque. Quand quelqu'un met un masque, il change sa personnalité. C'est un ressort que nous développons dans le film.

Quelle accueil espérez-vous des spectateurs ?

Ce qui me rendrait fier serait de voir les spectateurs fascinés par l'atmosphère. L'aspect numéro un du film est l'atmosphère. Quand j'étais jeune, j'ai vu tous ces giallos, surtout les films de Sergio Martino. C'était toujours comme dans un rêve. Ce n'était pas des histoires linéaires et logiques mais plus comme des songes avec des décors, des espaces et de la musique. J'étais vraiment fasciné et j'ai essayé de recréer cette ambiance.

Vous avez dit plus tôt que l'industrie allemande ne soutient pas les films d'horreur. Que pensez-vous de la France ?

Et bien, je pense que la France est le paradis (rires). A chaque fois qu'il y a un film d'horreur français, nous courons le voir, comme HAUTE TENSION ou MARTYRS. MARTYRS est mon film préféré. Je pense qu'il y a beaucoup de liberté en France pour faire ce genre de films. En Allemagne, il est presque impossible de lever un budget pour un projet comme MARTYRS. En Allemagne, vous ne pouvez pas dire que vous tournez un film d'horreur. Vous dites à la place que vous tournez un "drame mystérieux". Quoi qu'il en soit c'est très difficile.

Y a-t-il autre chose que vous voulez dire à nos lecteurs ?

J'espère que les gens auront la chance de voir mon film, de l'apprécier et d'avoir le même engouement que moi lorsque je regardais les giallos des années 70. C'est un voyage dans le temps, j'espère que cela fonctionne. J'espère venir dans un festival en France avec mes belles actrices ! La France est actuellement LE pays en Europe pour les films d'horreur.

Site officiel : www.masks-themovie.de

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 Dossier réalisé par Eric Dinkian & Sandrine Ah-son.

 Remerciements à Andreas Marschall, Ivo Scheloske & Anolis Entertainement.

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