Au lendemain de la présentation en avant-première mondiale de
KAYDARA, nous avons cuisiné les deux cinéastes
français à l'origine du projet, Raphaël Hernandez et Savitri Joly-Gonfard. Il nous tardait d'en apprendre
un peu plus sur un spectacle incroyable et pourtant confectionné avec
une volonté de fer durant six ans, à l'écart des circuits
de production traditionnels. Une rencontre avec deux perfectionnistes qui ont
avant tout l'envie de faire rêver les spectateurs en leur racontant des
histoires...
DeVilDead : Hier soir, sur scène,
nous vous avons vu présenter votre film au public du Festival Mauvais
Genre et… vous n’avez pas dit grand chose si ce n'est que vous n'aimiez
pas parler et que c'est pour cela que vous faisiez des films ! Vous êtes
timides ?
Savitri Joly-Gonfard : Disons qu’on a passé six
ans sans sortir de notre garage et qu’on s’est un peu coupé socialement,
c’est évident. Et puis les interviews, ça ne fait pas trop partie
de notre personnalité. On sait qu’il faut qu’on y passe c’est sûr…
Raphaël Hernandez : Et puis clairement nous n’avons
pas l’habitude, on n’a pas donné beaucoup d’interviews jusqu’à
présent… On n’est pas des stars !
Ça ne va pas nous empêcher de
vous questionner ! Donc qu’est-ce qui vous a décidé à
faire un film basé sur l’univers de MATRIX ?
Vous êtes "fans" ?
Savitri Joly-Gonfard : Justement, non. C’est un film
de fans réalisé par des non-fans. Sans prétention.
Raphaël Hernandez : Alors oui, on n’est pas "fan"
et on n’aime pas trop l’idée que ça véhicule. C’est assez
paradoxal de dire ça puisqu’on a pris un univers qui ne nous appartenait
pas mais c’est vrai qu’aujourd’hui, on constate que beaucoup de films sont
avant tout des films de cinéphiles, et non plus des films de cinéastes.
Nous, on pense avant tout qu’un film doit être une œuvre "artistique"
avec quelque chose à dire. Donc nous dire qu’on fait "un film
de Fans", on le respecte, on ne le prend pas mal, mais ça n’a
jamais été notre intention de refaire pour seulement refaire.
Donc, modestement, notre première démarche a été
de créer nos propres personnages, notre histoire, puis de l’insérer
dans cet univers déjà existant. On a respecté les codes
de cet univers tout en essayant de faire quelque chose de personnel.
On vient justement de parler de ça
avec Steve Johnson. Du fait qu’aujourd’hui, on reproduit beaucoup ce qui a déjà
été fait, sans pour autant apporter son propre vécu ou
sa propre sensibilité.
Raphaël Hernandez : C’est ça. Je pense que
la génération d’aujourd’hui a grandi avec les années
80 et l’émergence de nombreux films "de genre". Maintenant
les gens analysent ce pan d’histoire du cinéma et comme je le disais,
c’est un comportement cinéphile. Reste qu’à l’époque,
les réalisateurs avaient quelque chose à dire. Des gens comme
Steven Spielberg
faisaient à mon sens du cinéma d’auteur avec un propos, comme
c’est le cas dans E.T., avec ce personnage imaginaire qu’un enfant se recrée
quand ses parents divorcent. Aujourd’hui, on va penser avant tout à
faire un film d’extraterrestres et ça s’arrêtera là.
KAYDARA, c’est un peu un projet hybride
de ce point de vue. Il a été pensé assez rapidement,
réalisé pendant très longtemps, mais quoi qu’il en soit,
on a essayé de ne pas se renier totalement et ce même si on prenait
un univers qui ne nous appartenait pas.
Parlez-nous de votre intérêt
pour le cinéma. Qu’est-ce qui vous a donné l’envie de faire des
films ? Ce n’est pas quelque chose qui naît du jour au lendemain…
Savitri Joly-Gonfard : On aime le cinéma, bien
évidemment. Le fait est que nous ne sommes pas de fans Hardcore de
MATRIX. Nous ne sommes pas la Ligue MATRIX
des Hautes-Alpes. On voyait plus ce projet comme un exercice de style. On
avait des amis qui faisaient du combat... C'était une idée sympa,
on l’a écrit en deux jours… A la base, c’était un petit projet,
un petit film et rien d’autre.
Raphaël Hernandez : Mais comme on est cons, on
s’est dit qu’on allait essayer de bien faire. On pourrait dire qu’on s’est
retrouvé prisonnier de notre propre connerie ! On voit le cinéma
comme un support nous permettant de nous exprimer. Depuis toujours, Savitri
dessine et faisait déjà des BD quand il était gosse.
Tu avais même récupéré une caméra 8mm…
Savitri Joly-Gonfard : …oui enfin je ne l’avais pas
"récupérée", je l’avais achetée et j’avais
économisé pendant cinq ans pour ça !
Raphaël Hernandez : Exact. Tout ça pour
dire qu’on est surtout des raconteurs d’histoires.
Qu’est-ce que tu faisais avec cette caméra
8mm ?
Savitri Joly-Gonfard : Des films avec la cousine, avec
les amis, des dessins animés également puisque je dessinais
énormément. Reste que c’est venu d’un coup le cinéma,
comme la suite logique du dessin. Je faisais des films dans mon coin, tout
comme Raphaël et un beau jour, c’est sa cousine qui nous a présenté.
Du coup, je ne suis plus ami avec sa cousine mais je suis ami avec lui !
(rire) Faut voir aussi que dans les Hautes-Alpes, on est bien seuls, tout
le monde fait du ski ! Alors bien sûr c’est un cliché mais
c’est la réalité. Et nous ça ne nous intéressait
pas, on n’était pas dans notre élément. Moi j’étais
dans mon coin, je ne connaissais personne, alors quand je l’ai rencontré,
lui bossait déjà dans une boite d’audio-visuel et on ne s’est
plus quitté. On a commencé par réaliser un premier film
et puis…
C’était quoi ce premier film ?
Savitri Joly-Gonfard : Non mais faut oublier ça…
Alors oui, on a réalisé un premier film mais c’est comme tous
les premiers trucs, on les renie… (rire)
Et la boite d’audio-visuel, tu y faisais quoi
Raphaël ?
Raphaël Hernandez : C’était juste après
mon Bac, je suis rentré dans une société qui était
assez petite mais qui bossait beaucoup. Elle était spécialisée
dans les images de sport et, à Paris, il n’y avait pas forcément
de société dédiée à ce domaine. Donc cette
boite, c’était un peu la cellule consacrée à ce genre
d’images. Bon moi je n’aime pas le sport mais indépendamment de ça,
cela m’a appris tout un tas de choses comme le montage, le cadrage, etc...
Et comme j’étais quelqu’un de passionné, ils ont rapidement
vu en moi quelqu’un à "exploiter". Mais j’en étais
très content ! Je n’étais pas cher et heureux d’apprendre !
Mais encore une fois, ce n’est pas ce qui m’intéressait. Moi je voulais
avant tout raconter des histoires et même si KAYDARA
a certaines limites, nous en sommes conscients, nous sommes assez satisfaits
du résultat. Maintenant, ce qu’il nous reste à faire, c’est
développer un univers personnel…
Justement puisque tu dis que vous êtes
conscients des limites de votre film, qu'est ce que vous diriez si vous deviez
faire la critique du métrage terminé ?
Savitri Joly-Gonfard : Non mais ça ce n’est pas
possible, c’est donner le bâton pour se faire battre ! (rire) Les
gens verront suffisamment vite les défauts par eux-mêmes. Ce
qu’il faut se dire, c’est que vu la manière dont ça a été
fait, on ne pouvait pas faire autre chose. On a juste passé un temps
fou à tenter de corriger nos erreurs et si on devait tout refaire,
on n’aurait pas du tout procédé comme on l’a fait. On n’avait
aucun moyen, c’était de la démerde, la base était mauvaise
et on a essayé de tout refaire, tranquillement devant nos ordinateurs…
Il faut voir qu’un tournage amateur, ce n’est pas évident, que les
mecs sont là pour rendre service et qu’ils n’y sont pas toujours enclins…
Raphaël Hernandez : Et même techniquement,
on a perdu beaucoup d’années parce qu’on a appris sur le tas, c’était
comme un brouillon, un moyen de s’auto-former… Après pour en revenir
à la critique, je dirais qu’il est très bien ce film ! (rires)
Non mais plus sérieusement, pour nous tout doit être parfait
dans un film. C’était notre but mais on savait très bien qu’en
ne travaillant qu’entre amateurs, il y avait des limites. Donc les acteurs,
on les aime et on a aimé travailler avec eux, les pousser dans leurs
retranchements, ça nous a intéressés. Vous savez quand
on parle d’un film, ce qui revient régulièrement dans les critiques,
ce sont des appréciations comme "Le film est nul mais les acteurs
sont bien". Pour nous, ça n’a pas de sens parce que si les
acteurs sont bons, c’est forcément que le metteur en scène a
fait preuve d’une bonne direction d’acteur et qu’il a réussi une part
de son contrat. Inversement quand les acteurs jouent mal... Donc de notre
côté, on a fait au mieux mais encore une fois, nous n’avions
pas du tout de professionnels, comme par exemple le maçon du coin,
et il y avait forcément des limites. Donc on a fonctionné en
s’amusant à mettre des notes à notre film et aux différentes
séquences. Par instant, certains plans avaient juste la moyenne mais
à un moment, il faut aller de l’avant et passer à autre chose.
Donc quand on était d’accord pour un 10/20, on validait le plan et
on passait au suivant. Aussi quand je dis en plaisantant que notre prochain
film sera meilleur, c’est aussi parce qu’on espère pouvoir s’entourer
de gens plus professionnels qui nous apporteront leur énergie pour
aller plus loin.
De notre côté, nous ne donnons
pas de notes aux films mais c’est vrai qu’à la vision de votre film,
ce n’est pas du tout les effets spéciaux qui seraient à remettre
en question, ils sont superbes… A la limite, c’est justement l’histoire qui
nous pose plus de soucis.
Raphaël Hernandez : Je ne suis pas d’accord avec
vous ! Alors oui, l’histoire de KAYDARA est limitée
mais elle a un sens, y compris de la symbolique du "film de fans".
On trouvait intéressant de créer un personnage qui se mette
dans notre position et désigne comme son pire ennemi le personnage
le plus emblématique de l’univers dans lequel il évolue. Ce
qui nous gênait dans MATRIX, c’est justement ce
personnage de l’Elu, qui est désigné, tout puissant, c’est la
Prophétie, etc... Bref non, si tu crois en toi, il y a peut-être
en réalité les moyens d’atteindre cette même force… C’était
aussi un peu notre ambition en tant qu’amateurs, je ne sais pas si on y est
arrivé mais l’idée était de s’opposer au film Hollywoodien.
C’est quelque chose qu’on retrouve partout dans notre métrage, comme
dans la musique où on intègre un aspect un peu plus "rock",
chaleureux et sympathique tout en conservant les types de morceaux qui font
l’univers de MATRIX. On va dire que notre film est instinctif
et finalement très simple mais qu’il véhicule quand même
cette idée-là. Et ça marche parce que les gens regardent
KAYDARA comme un vrai film, suivent son histoire et s’y
intéressent. Si on n’avait pas intégré ça à
notre film, on aurait fait une démo technique sans se prendre la tête.
Je pense qu’on a gardé cette ambition qu’avait déjà MATRIX
d’être à la fois visuel et philosophique.
Alors bien sûr, pour les effets spéciaux, les
maquettes et tout le reste, les problèmes étaient différents
mais on faisait ce qu’on voulait et on pouvait tenter d’aller au bout des
choses. C’est essentiellement le rapport humain qui était un souci
parce que les gens acceptent de rendre service mais ils s’en foutent… C’était
horrible et certaines personnes nous ont même mis des bâtons dans
les roues, donc on a fait au mieux.
On vous a vraiment mis des bâtons dans
les roues ? Comment ça ?
Savitri Joly-Gonfard : Oui enfin quand il dit ça,
il parle des sept jours de tournage. Après le reste, les six ans qui
ont suivi, c’était de la post-prod et là, le challenge était
juste pour nous de nous supporter l’un l’autre. Mais après le tournage,
personne ne nous a bloqués, tout le monde s’en foutait, on était
dans notre garage et on nous avait oubliés !
Raphaël Hernandez : L’expérience du tournage
a été très intense, extrêmement vivante et passionnante,
avec autant d’énergies négatives que positives. Mais du coup
on a tout de même passé six ans à restaurer d’une manière
ou d’une autre ce qu’on n’avait pas réussi sur le tournage. Donc ces
"bâtons dans les roues" nous ont suivis tout au long des années.
Si on avait eu une base avec des images propres, une bonne caméra et
des acteurs excellents du premier coup, on aurait peut-être fait le
film bien plus vite…
Mais au-delà de ces sept jours de tournage,
vous n’avez pas fait de re-shots ?
Savitri Joly-Gonfard : Oui, bien sûr. Durant les
six années, on a refait de temps en temps quelques prises. L’acteur
principal par exemple est revenu, pour jouer quelques séquences, des
gros plans, etc... Moi, vu que je joue également dans le film, c’était
plus facile puisqu’à n’importe quel moment on pouvait retourner. Par
contre, tout ce qui était combats par exemple, nous ne pouvions pas
refaire quoi que ce soit. Comme c’était tourné dans de vrais
décors, c’était techniquement compliqué et nous avons
dû détourer les personnages pour les isoler… C’était soit
ça, soit tirer un trait sur les scènes puisque nous ne pouvions
vraiment pas retourner ces plans-là.
Vous voulez dire que vous ne les aviez pas tournées
sur fond vert ou bleu ?
Savitri Joly-Gonfard : A la base, ce n’était
pas sur fond bleu, mis à part deux ou trois plans. C’est pour ça
qu’on a eu un gros boulot de post-prod, avec des choses difficiles comme l’ajout
du métro. Il nous a fallu retravailler toutes ces scènes qui
ne pouvaient pas être refaites, isoler les personnages, créer
un environnement, une atmosphère. L’image brute, telle que tournée,
n’était pas intéressante ou du moins pas à la hauteur
de ce qu’on attendait…
Parlez-nous un peu plus des acteurs parce
qu’hier sur scène il a été question d’un curé…
Savitri Joly-Gonfard : Effectivement, c’est le prêtre
de notre village et il joue le personnage français du film. Il a une
bonne gueule, un super charisme, il est humain et il sait très bien
parler via son… métier !
Raphaël Hernandez : Donc oui là on est en
plein dans la philosophie du film. Il nous est arrivé d’avoir de bonnes
surprises, comme avec lui. Bien sûr, nous n’avions pas d’acteurs professionnels
et nous avons essayé quand même d’aller dans le sens de ce que
nous pensions qu’ils pourraient faire, puis de les pousser un peu. Lui, quand
on le voyait dans la vie, on savait qu’il avait plus que son physique, qu’il
avait effectivement du charisme et qu’il avait des qualités d’orateur.
Donc on savait qu’en le mettant dans des conditions où il se sentirait
bien, il arriverait à être lui-même et à jouer ce
que nous voulions. Bon ça restait limité, notamment dans les
nuances, parce qu’on est assez loin de son occupation habituelle mais quoi qu’il
en soit, il nous a livré immédiatement une prestation qui sonnait
juste. Et ça c’était déjà incroyable parce qu’on
n'a jamais eu ça par ailleurs ! En réalité, on a passé
plus de temps à expliquer le métier aux gens qu’à ce
que eux nous présentent quelque chose de correct. Reste que lui, le
prêtre, il était cool et c’est d’ailleurs le seul dont on n’a
pas changé la voix, et pour laquelle on a gardé son français
parfait.
Mais le doublage en anglais, ce n’est pas
uniquement pour cacher la mauvaise prestation des acteurs, il y a aussi une
volonté de toucher un public international, non ? Ou au moins de
masquer les origines alpines du métrage ?
Savitri Joly-Gonfard : Tout à fait ! Mais
c’est vrai que c’est venu assez tard. En fait on n’avait qu’une seule voix.
Moi par exemple je devais m’enregistrer mais on s’est vite rendu compte que
ça n’a avait pas de sens de faire le film en français parce
qu’on se la jouait gros film de science-fiction à l’américaine
et qu’en français, ça allait être ridicule. On a vu des
fan-films espagnols par exemple et tout de suite, les voix nous faisaient décrocher…
Raphaël Hernandez : Et puis l’exercice de style
était de faire un film à l’américaine, même si
effectivement il y avait une volonté internationale. Entre nous, en
rigolant, on se disait qu’on avait fait notre film américain !
Mais il faut savoir qu’on n’a fait aucune prise de son directe sur le film.
C’était compliqué, ça rendait mal, ça prenait
du temps et comme on prônait la rapidité sur le tournage, on
n’a rien enregistré. Reste qu’on savait qu’avec nos personnages, si
on avait la gestuelle qu’on voulait pour eux, on aurait tout. A mon sens,
la voix c’est ce qu’il y a de plus difficile et on savait qu’on ne pourrait
pas avoir une vraie crédibilité avec nos acteurs. Nous en étions
conscients dès le départ. Mais là encore, c’est tout
un stratagème pour que ça fonctionne alors qu’à la base,
on tourne avec un prêtre et une chèvre ! De ce point de
vue, le film est intéressant parce que tout n’est qu’illusion et à
ce titre, il faut voir le making-of. Il dure plus de deux heures et on espère
également pouvoir le mettre sur le net. Il permet de se rendre compte
d’où on est parti, du fait que les décors sont moches, les acteurs
sont nazes, la caméra est pourrie… tout est nul ! C’était
une expérience riche et intéressante, on a dû tout réinterpréter
et reconstruire pour que ça fonctionne…
Savitri Joly-Gonfard : Notons quand même qu’on
n’a pas fait exprès de tout faire pourri à la base pour avoir
le loisir de se faire chier ensuite ! (rires)
Et vous vous voyez repartir sur un projet
comme celui-là, avec une gestation aussi longue ?
Raphaël Hernandez : Non attends, un film ce n’est
pas comme ça que ça se fait ! Nous on était deux,
on a fait une post-prod de six ans. Même sur un blockbuster, on est
loin d’une telle durée. Reste qu’on s’en fout : Si on se lance
dans un projet et qu’on sait qu’à l’issue, il y aura un résultat,
on se lancera. Mais l’idée est de progresser et d’aller plus loin.
Si c’est pour faire la même chose, on ne fait pas.
Savitri Joly-Gonfard : Là on a fait un film qui
n’était constitué que de contraintes. Donc maintenant, si on
arrive à avoir un peu de sous, on essayera de faire mieux et d’aller
plus loin…
Venons-en à vos projets. Vous avez quelque chose
de prévu ?
Savitri Joly-Gonfard : Oui bien sûr. Ce soir on
rentre chez nous, on va dormir ! (rires) Plus sérieusement nous
sommes sur un projet et nous en sommes actuellement à l’écriture.
On essaye, ou du moins nous avons la prétention de vouloir enchaîner
sur un long métrage.
Hier soir, sur scène, Erwan Chaffiot
a parlé du fait que Sam
Raimi vous aurait contactés ?
Raphaël Hernandez : Il ne faut jamais rien dire
aux journalistes ! (rires) Donc rétablissons la vérité.
Il n’y a rien d’exceptionnel et il n’est pas question de Sam
Raimi directement. Ce sont des gens qui travaillent avec Sam
Raimi... Des chasseurs de têtes qui ont vu la bande annonce de KAYDARA
et nous ont envoyé un mail. L’idée c’était de nous féliciter
et de nous dire que si on passait à Los Angeles, ils seraient contents
de nous rencontrer, ou alors de discuter sur Skype, etc... Reste que, pour
l'instant, cela n’est pas allé très loin mais ça reste
des contacts. Peut-être que maintenant, c’est le moment d’envoyer quelque
chose de plus solide mais c’est vrai que dès qu’on s’attaque à
des "grands", on se heurte vite aux avocats et à la paperasse…
Nous on n’est pas vraiment du genre à s’emballer et, en réalité,
on trouve surtout ça amusant, quand on pense qu’on a fait tout ça
dans notre garage ! Donc dans l’immédiat, on pense à petite
échelle. Comme disait Savitri, nous sommes actuellement en train d’écrire
et quand ça sera fait, on commencera à réfléchir
sur la manière de financer ça, comment s’entourer de professionnels,
faire en sorte que les gens soient emballés et veuillent aller plus
loin…
Pour terminer, pouvez-vous nous en donner
une idée des films ou des personnalités qui ont pu vous inspirer ?
Raphaël Hernandez : Dans le cas de KAYDARA,
il est évident que MATRIX était une influence,
notamment en tant qu’exercice de style. Mais ce film est lui-même une
synthèse de tout un tas d’influences liées au cinéma
de genre, qui nous parlaient et nous plaisaient. Là encore on retrouve
les années 80 et avec Savitri, on s’est dit effectivement qu’on allait
pouvoir "exorciser" tout ça en faisant un peu de TERMINATOR,
un peu d’ALIEN, etc... Maintenant que c’est fait, on va
essayer de passer à autre chose. Mais si tu veux des influences, c’est
plutôt des réalisateurs que l’on va citer. Pour nous, les plus
populaires sont souvent les meilleurs. Les plus critiqués aussi. Mais
à nos yeux, un cinéaste qui arrive à parler au plus grand
nombre et qui a en plus quelque chose à dire, il a forcément
toute notre sympathie ! Donc c’est convenu mais on va citer Spielberg,
Kubrick, etc...
C’est des réalisateurs qui nous parlent, qui cherchent à nous
emmener quelque part…