Eaters : Interview

  Marco Ristori & Luca Boni (Interview)

Xavier Desbarats : Marco and Luca, vous êtes les réalisateurs de EATERS dont la sortie est prévue pour 2011. Qu'avez vous fait auparavant et quel est votre parcours professionnel ?

Marco Ristori & Luca Boni : Salut les gars et, avant tout, merci pour cette interview. Nous avons monté en 2005 un studio de production et de post-production nommé Extreme Video. Nous avons fait à peu près tout... Promo musicale, documentaires, publicités et même des vidéos de mariage au début de notre carrière mais S'IL VOUS PLAIT ne nous demandez pas de parler de cette période...!!! Blague à part, nous avons pas mal bossé dans le milieu indépendant du vidéo-clip.

Comment vous est venue l'idée de produire un long-métrage tel que EATERS ?

La vérité, c'est que nous étions un peu fatigués de faire toujours la même chose tout le temps. Nous voulions faire quelque chose de plus personnel. Un jour, nous étions dans les locaux d'Extreme Video et nous discutions de ce que nous pourrions faire. A la fin, nous nous sommes dit "Pourquoi ne pas faire un long métrage ?". C'était au début de l'année 2008...

Quel fut le budget de EATERS ?

Nous avons essayé, assez difficilement, de trouver des financiers ou des producteurs. Mais, ici, en Italie, il semble impossible de mettre sur pied un projet comme EATERS. Personne n'a envie de mettre de l'argent dans ce type de films donc nous avons décidé de le produire nous même, avec notre studio et notre propre argent. Cela semble fou mais c'était vraiment le seul moyen pour nous d'y arriver. Heureusement, nous nous sommes fait des amis qui nous ont aidé et le film est donc devenu une coproduction. Mais, croyez nous, vous ne pourrez jamais imaginer combien nous dépensé sur ce film !

Le premier Teaser de EATERS a été diffusé il y a un an environ. Sur combien de temps s'est déroulé le tournage de EATERS ?

Nous avons écrit le premier script en 2007 et nous avons décidé de le faire il y a un peu plus de deux ans de cela. Mais la pré-production n'a débuté que l'année dernière, en septembre. La pré-production nous a pris plus de six mois car il est très difficile de faire quoi que ce soit sans argent... Nous avons donc passé plus de trois mois à trouver les lieux de tournages, obtenir les permissions et tout un tas de démarches de ce type. Nous avons tourné le film en un mois mais sans la période assez délirante de pré-production, cela n'aurait jamais été possible dans un laps de temps aussi court ! Nous avions en gros dix lieux de tournage très différents... Ce fut un vrai massacre !

Avant et après la production de EATERS, vous avez fait des clips vidéo. Certains sont d'ailleurs sur internet. D'après vous, quel est la différence entre réaliser un court-métrage, un clip vidéo ou un long ?

Lorsque vous faites un long métrage, tout le reste semble vraiment très petit ! Nous avons fait plus de vingt vidéo clips, et on continue à en faire. Mais à présent ça semble bien plus facile car RIEN n'est comparable à la création d'un long métrage à petit budget tel que EATERS... Vous pouvez très facilement tourner un vidéo clip en quelques jours avec pas plus d'une semaine de pré-production et post-production. Un long métrage prend largement plus de temps que cela. Tu vis pour ça, tu manges pour ça et tu dors (pas beaucoup) rien que pour ça !

Visuellement, EATERS donne l'impression d'avoir été très soigné et vous avez apparemment une excellente équipe pour les effets spéciaux et les maquillages. Vous pouvez nous présenter les personnes qui ont travaillé avec vous sur les effets ?

La plus grande force de EATERS vient sans doute de ses maquillages de zombies. Nous avions une excellente équipe pour les effets spéciaux (Carlo Diamantini, David Bracci, Enrico Galli) et elle a réalisé des choses impossibles, juste pour nous satisfaire. Plus on en demandait et plus ils en faisaient ! Nous voulions avoir des zombies ainsi que des effets que personne n'avait jamais vu auparavant dans un film italien. Donc nous avons choisi d'avoir moins de zombies mais de les doter tous de prothèses et de maquillages très élaborés. Nous avons notamment quelques zombies qui vont vous laisser sans voix !

Luca, j'ai vu que tu avais un certain talent pour la gravure. Ton travail est d'ailleurs assez sombre, contrasté et tourmenté. Est-ce que tu as amené ce type d'influence dans EATERS, particulièrement en ce qui concerne la compostition des plans ?

J'ai été étudiant à l'Académie des Beaux Arts de Florence et j'y ai obtenu un diplôme. J'aime peindre mais il n'y a pas de vraies connexions entre mon travail et EATERS. Mes gravures sont bien plus sombres alors que EATERS est en réalité un film plutôt amusant et décontracté ! Reste que nous avons tourné une séquence où l'on peut effectivement voir quelques unes de mes peintures en arrière plan.

Avez-vous utilisé des effets digitaux et pour quels types de scènes ?

Oui, il y a en ! Il y a même beaucoup d'effets digitaux dans le film. Ils sont vraiment très utiles lorsque vous travaillez sans argent... Nous avons fait tous les effets visuels par nous même, au sein de Extreme Studios. Cela nous a permis d'économiser ENORMEMENT d'argent (mais aussi de perdre ENORMEMENT de neurones !). Dans EATERS, nous avons donc beaucoup d'effets numériques, impacts de balles, giclées de sang et autres qui sont tous réalisés en post-production.

Lorsque l'on parle de zombies italiens, on pense le plus souvent à Lucio Fulci mais aussi Umberto Lenzi, Bruno Mattei ou encore Claudio Fragasso. Essentiellement des réalisateurs qui ont ramené les morts à la vie durant les années 70 et 80. Quelle est votre opinion vis à vis de cet héritage du cinéma horrifique italien ?

Et bien...Nous connaissons et nous apprécions ce cinéma mais, en même temps, nous avons essayé de nous écarter de cette approche "old school". Nous préférons aller de l'avant. D'après nous, l'une des raisons qui a mené au déclin du cinéma de genre, c'est que de trop nombreux cinéastes italiens se réfèrent justement trop aux années 70 et 80. Avec EATERS, nous avons préféré suivre la recette américaine du film de morts-vivants et du cinéma d'action des années 80 et 90, mais en y ajoutant notre point de vue. Nous avons mixé ensemble l'horreur, la comédie et l'action. Les films italiens sont bien trop sérieux...

C'est ce que la bande annonce laissait supposer...
Est-ce que vous pensez que la culture des cinéastes d'aujourd'hui tire ses racines des influences de leurs pays d'origines ou plutôt d'un mélange plus cosmopolite, plus uniformisé ?

Comme déjà dit, nous avons préféré donner une âme internationale à EATERS. Nous aimons le cinéma américain et européen, davantage que les métrages italiens du genre. Nous apprécions vraiment les films de morts-vivants récents comme DOGHOUSE, ZOMBIELAND, LA HORDE. EATERS est bien plus proche de ces films que de ceux de la tradition italienne. N'oubliez pas que nous venons d'univers du vidéo clips...

Pourquoi avoir choisi de faire un film de morts-vivants ? N'avez vous pas peur que votre métrage se noie parmi dans la multitude d'autres films du genre qui fleurit en ce moment ? Quels sont, d'après vous, les atouts et qualités qui permettront à EATERS de faire la différence ?

Nous adorons les films de morts-vivants ! C'est la première raison pour laquelle nous avons décidé de faire EATERS. Nous ne savons pas du tout si EATERS pourra faire la différence mais nous avons essayé de construire une histoire solide avec de bons personnages. De plus, nos zombies parlent...

Comment Uwe Boll, un Allemand, s'est retrouvé à collaborer sur EATERS, un métrage italien ? Lorsque la bande-annonce a été diffusée sur internet, Uwe Boll a très rapidement communiqué à ce sujet, par le biais des réseaux sociaux. Il semble très impliqué dans le projet, quel fut son rôle dans la création d'un film comme EATERS ?

Nous avons eu de la chance ! Non, sérieusement, nous sommes fier d'avoir Uwe et son équipe à nos côtés. Sans lui, nous n'aurions pas pu faire le film. Malgré tout ce que ses détracteurs peuvent dire à propos de ses films, c'est un gentleman, très malin et très intéressé par des projets indépendant du genre de EATERS. D'ailleurs on recommande chaudement à tous ces gens qui le traînent dans la boue de regarder ce qu'il a fait comme TUNNEL RATS, STOIC, SEED, POSTAL, IN THE NAME OF THE KING, BLOODRAYNE... Uwe aime notre style et a suivi le projet depuis le tout début. Il nous a toujours dit qu'il distribuerait le film et, maintenant, après plus de deux ans, EATERS fait partie du catalogue de Boll World Sales... C'est la preuve que Boll est un gars sincère et un businessman sérieux. On se fout complètement de ce que les gens peuvent dire sur lui car nous savons qui il est et c'est suffisant... Sans son aide, nous ne serions pas là aujourd'hui.

Vous avez déjà conclu des deals pour la distribution de EATERS à travers le monde ? Des pays en particuliers ?

Oui, c'est le cas. Au Japon, au Benelux, en Allemagne, en Grande Bretagne, en Australie et en Russie. Pour tous ces pays, le film a déjà été vendu par Boll... A côté de ça, EATERS sera aussi présent à l'AFM 2010 de Los Angeles et nous serons bien évidemment representés par Boll AG.

Comment voyez vous l'après EATERS ? Avez vous d'autres projets en cours ? Est ce que vous allez toujours travailler ensemble ou bien vous pensez réaliser des projets en solo ?

Et bien... EATERS n'est pas encore terminé... Nous devons finir la post-production mais nous pensons déjà au futur... Nous aimerions produire d'autres films l'année prochaine mais la seule chose dont nous sommes sûr, c'est que nous continuerons à travailler ensemble.

SUITE

 Dossier réalisé par Xavier Desbarats, Christophe Lemonnier & Emmanuel Denis.

 Remerciements à Marco Ristori, Luca Boni & Federico Caddeo.

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