Break : Interviews

  Interview Marina Anna Eich

Durant le Marché du Film à Cannes 2010, nous avons eu l'opportunité de rencontrer la comédienne de BREAK, un survival allemand. Elle a accepté très gentiment de répondre à nos questions sur la plage. Vous pouvez retrouver cet entretien mais aussi une interview avec le réalisateur du film dans la suite de cet article qui vient en support de notre chronique du film…

Eric Dinkian : Avant que nous parlions de BREAK, pourriez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

Marina Anna Eich : Mon nom est Marina Anna Eich, je suis une actrice allemande. Je me suis lancée dans la production de films et je suis également distributeur. Donc je suis aussi à Cannes pour rechercher des films indépendants intéressants pour en acheter les droits et les sortir en Allemagne en salles et en DVD. Car nous avons également un label DVD. Bref, je fais un peu de tout.

Depuis combien de temps faîtes-vous de la comédie ?

J'ai commencé quand j'avais 16 ans, à temps partiel et à l'école. Je pouvais ainsi gagner ma vie d'étudiante avec les petits rôles que je tenais au cinéma et dans des séries télévisées. J'ai toujours aimé l'art, donc je suis devenu productrice en 2000 avec WTP International. Mais j'étais toujours actrice. Par exemple, j'ai interprété Eva Braun dans un film documentaire pour la télévision japonaise appelée HITLER. Mais aussi beaucoup de séries télévisées allemandes. Ca fait donc longtemps que je suis actrice. Mais je n'aime pas faire que ça. J'aime voir comment ça se passe derrière, l'organisation, la production, pour voir comment on fait un film. J'aime également dire des choses à travers les films.

Et vous n'avez pas essayez la réalisation ?

Non, je pense que c'est la seule chose que je n'ai pas faîte (rires)

Est-ce que vous aimez les films d'horreur ? Comment êtes-vous arrivé sur un projet comme BREAK qui est un peu dur ?

En tant que producteur et distributeur, je suis davantage focalisé sur les films d'arts, avec des concepts provocants et plus profonds. Mais pour mon plaisir, j'aime vraiment les bons films d'horreur. J'ai une collection énorme de DVDs de films d'horreurs. J'ai toujours voulu en faire un, mais pas avec ma compagnie de production car ce n'est pas notre rayon. C'était donc une heureuse coïncidence que mon cousin Matthias Olof Eich m'appelle et me dise : "Marina, ça fait des années que tu es dans le cinéma, j'ai un rôle pour toi. Est-ce que je peux t'envoyer mon scénario ?". J'ai dit : "Je ne sais pas si j'aurais le temps mais oui, envoi moi ton scénario et je dirais ce que j'en pense."

J'ai lu le scénario et j'ai dit "Ok, j'aime vraiment l'idée que vous allez le produire par vos propres moyens, sans aide au financement, parce que c'est comme ça que nous même travaillons. Je te donnerai toute mon aide, caméra, dolly, tout ce dont vous aurez besoin techniquement et je peux me rendre libre pour jouer ce rôle parce que je voudrais vous aider ". C'est pourquoi je me suis associée au projet avec ce rôle. Pour leur donner un coup de main mais aussi parce que j'aime les films d'horreurs.

Vous nous avez dit que vous produisiez des films "arty" dérangeants. De votre point de vue, pensez-vous que BREAK soit dérangeant ?

Pour moi, non, ce n'est pas dérangeant. C'est plutôt amusant d'une certaine manière et c'est quelque chose de nouveau en Allemagne parce qu'il n'y a pas tellement des films d'horreurs qui y sont produit. C'est quelque chose d'un peu unique que j'aime vraiment. Le film vous a paru dérangeant ?

Le film est amusant et divertissant mais il possède quelques scènes qui sont dérangeantes. Comme la scène de viol.

C'est parce que vous êtes français ! (rire général)

Peut-être… Devant le film, les spectateurs riaient, réagissaient très bien et quand la scène de viol est arrivée, plus personne n'a pipé mot.

Oui, je pense que cette scène marque une cassure dans le film. Une cassure parce que la scène vous touche. Elle m'a également touchée parce qu'elle est vraiment très brutale, très "honnêtement" brutale.

Comment c'est passé le tournage de la scène ?

Très bien parce que j'avais une très bonne relation avec mon partenaire. Nous nous sommes assis ensemble. Nous nous sommes dit : "Ok, jusqu'où voulons nous aller ?". Puis je lui ai dit ce qu'il pouvait faire et ce qu'il ne pouvait pas faire. Il m'a dit ce qu'il aimerait faire, si c'était possible. Ainsi nous l'avons répété dans notre tête et ce n'était plus un problème parce que si, en tant qu'actrice, vous avez des restrictions ce n'est pas bon. Je dis toujours qu'en tant qu'actrice, vous jouer un rôle. Cela n'est pas vous, c'est un rôle. Et si vous avez des réserves en jouant un rôle, il ne sera pas interprété de la bonne manière. Par exemple, quelqu'un m'a dit "Pourquoi n'avez pas honte de vous montrer nue" ! Je répond "Pourquoi ? Etre nue est une chose normale !". Pas le viol, mais être nue est normal et des choses comme ça se produisent vraiment. Pourquoi ne devrait-on pas le faire en tant qu'actrice ?. Pour moi, en tant que comédienne, c'est très intéressant de faire des choses particulières, même si ça doit être des scènes violentes.

Une chose qui nous a marquée, c'est la relation entre les quatre filles qui fonctionne plutôt bien.

Oui parce qu'elles sont très différentes. Je pense que beaucoup de spectateurs peuvent s'identifier à l'une des quatre grâce à cette différence. Nous avons fait seulement une ou deux répétitions avec les autres comédiennes parce que nous n'avions que peu de temps, seulement 21 jours de tournage. La scène de viol n'a pas été répétée. Elle a été tournée du premier coup.

Vous avez dit que le budget était minuscule mais, à l'image, il semble plus important ?

Oui, c'est exact. Je pense que le travail sur l'image est très bon et Matthias s'est bien débrouillé en tant que réalisateur. Il avait de bonnes idées quant au rendu final et a beaucoup travaillé la post-production. Je pense qu'ils ont dépensé beaucoup d'argent sur ça. C'est pourquoi le résultat semble avoir coûté plus cher.

Le film a été montré dans Sitges. Comment le public a-t-il réagi ?

Très bien, parce que le public de Sitges est génial. Ils aiment les films "arty" mais aussi les films de science-fiction ou d'horreur. La salle était pleine, quatre cent personnes à peu prêt, et les réactions étaient très bonnes.

Et maintenant, quelle est l'étape suivante pour BREAK ?

Le film va être vendu dans beaucoup de pays parce que les films d'horreur ont toujours une bonne côte marchande.

Pourriez vous nous parler du film que vous avez produit, ANGEL WITH DIRTY WINGS, qui n'est pas fantastique ?

ANGEL WITH DIRTY WINGS est un drame érotique, très provocateur, qui parle de morale à deux vitesses, de sexualité, de se libérer du regard moral de la société. D'être juste vous-même et ne pas vous laissez guider par le choix des autres. Le film a été proclamé "le film scandale de 2010 en Allemagne". Donc nous avons plus de 500 articles de presse et beaucoup de programmations en festivals. Il a été projeté à Sitges d'ailleurs. Il a été également projeté en Inde, même s'il était classé X (interdit au moins de 18 ans) à cause de son contenu explicite. Je suis très impliquée dans ce film. Il est complètement différent de BREAK mais cette différence est justement intéressante en tant qu'actrice.

SUITE

 Dossier réalisé par Eric Dinkian & Sandrine Ahson.

 Remerciements à Marina Anna Eich, Matthias Olof Eich & Ivo Scheloske.

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