Evil Dead : The Musical Acte II
Retour dans la cabane où Ash, ensanglanté, essaie de convaincre Annie, Ed et Jake que la cabane est possédée par des forces de ténèbres. La possession soudaine de Ed donne un crédit soudain à l'histoire rocambolesque de Ash. " Oui, mais qu'est-il advenu de mon père ? ", s'inquiète Annie. Pendant que Ash tente de la réconforter, le pauvre Ed grommelle en espérant terroriser l'auditoire. Las de n'inspirer aucun frisson, il se lance dans une triste chanson, " Bit Part Demon " (" Je suis le gars que l'on oublie dans tous les films d'horreur car je n'ai même pas trois lignes, si le héros tue une centaine de méchants, je ne suis que l'oubliable numéro 39 "). Une complainte qui attendrit tout le monde, sauf Ash qui achève prématurément la chanson en tirant un coup de fusil sur son interprète. " Maintenant tu as un grand rôle En enfer !!! ", fanfaronne-t-il en levant le sourcil face à la scène. Le comédien est maintenant possédé par l'esprit du Bruce Campbell de L'ARMEE DES TENEBRES. " Quand même, vous n'êtes pas très gentil de lui avoir tiré dessus ", rétorque Annie. " Gentil Méchant Je suis le gars avec le fusil !! ", rajoute Ash sous l'hystérie de la salle. Si EVIL DEAD THE MUSICAL n'adapte pas le troisième opus, cette échange montre que les lignes mémorables du dernier film sont ajoutées quand bien même au spectacle. Une initiative particulièrement prisée par la salle, qui ne manquera pas de reprendre en cur les célèbres " This is my Boomstick " et autres tirades qui s'inviteront dans la bouche des acteurs. Alors qu'Annie semble troublée par la subite virilité de notre fier héros, elle se ressaisit à quelques millimètres d'un baiser. Elle n'ose pas céder à la romance car - la musique commence - " All the men in my life keep getting killed by Candarian Demons " (" Mon cur est systématiquement ca-ca-cassé, car tous les hommes de ma vie sont toujours tué par des démons Candariens "). La fin de la musique est marquée par l'une des séquences les plus hilarantes du show : l'arrivée du fantôme du père d'Annie ! Comment reproduire la spectaculaire surimpression du film ? En mettant un drap blanc sur la tête d'un figurant, une lampe torche lui éclairant le visage par en dessous ! Perché à la fenêtre de la cabane, il a à peine le temps de délivrer son message (les nouvelles pages du Necronomicon que possède Annie les sauvera) que le morceau de décor auquel il est accroché cède pour l'envoyer se viander au fin fond des coulisses. La salle hurle de rire et applaudit à tout rompre ! Mais l'heure est grave : Ash est maintenant possédé ! Un combat avec Jake s'engage alors, et se poursuit à l'extérieur de la cabane, laissant Annie seule et apeurée. Elle empoigne le poignard d'os traînant par terre, et plante accidentellement le pauvre Jake. Ce dernier explose de colère dans une nouvelle chanson " Ode to an accidental stabbing " (" Nom de dieu de putain de bonne femme, est-ce que j'ai l'air d'un putain de zombi !?! "). Gisant finalement à terre, Annie (qui n'a décidemment que de bonnes idées) le glisse près de la trappe où Cheryl possédée végète. Jake est englouti par cette dernière, qui libère alors un gigantesque jet de sang. Celui-ci arrose, entre rires et hurlements, tout le côté gauche de la salle, et ce jusqu'au dernier rang. Ash, toujours possédé, entre dans la cabane et redevient normal " juste en regardant le médaillon de sa copine !! ". Ok, il est maintenant temps de mettre un terme à ce délire démoniaque en lisant les deux formules du livre : la première pour déchaîner le mal, la deuxième pour ouvrir un tunnel à travers l'espace temps pour y renvoyer les démons. Mais avant cela, un peu de bricolage Ash s'équipe enfin de sa tronçonneuse/poignet tandis que les spectateurs provoquent une vague d'applaudissements sans précédent au son du fameux " Groovy " !...
La dernière scène du spectacle adapte la fin alternative de L'ARMEE DES TENEBRES. Ash, redevenu employé de superette, tente de convaincre une petite cour de ses exploits de tueur de démon. Pour briser le cynisme de ses concitoyens, Ash devra tuer un dernier monstre invoqué entre deux allées du magasin. L'ultime chanson retentit, " Blew that bitch away " (" Est-ce que vous autres têtes de nuds me croyez quand je vous dit que je peux vous sauvez des démons Candariens ? "). Comme tout bon " musical ", tout est bien qui finit bien. Le rideau tombe sous les applaudissements dithyrambiques des spectateurs, nous compris. Les lumières rallumées, les prévoyants quittent leurs ponchos en plastique, tandis que les téméraires se demandent comment prendre les transports en commun tandis qu'ils sont couverts de faux sang.
Dossier réalisé par Eric Dinkian.
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