Jeremy Bulloch, de Boba Fett à James Bond
Posté le 2009-05-29 13:34:20

Bien que masqué, Jeremy Bullochest resté marqué par le rôle de Boba Fett dans "L’Empire contre-attaque" et "Le Retour du Jedi". On sait moins qu’il a participé à trois James Bond. Interview express.

Aujourd’hui, comment expliquez-vous l’énorme popularité de Boba Fett ?

Jeremy Bulloch : Je pense qu’il y a trois raisons à cela :

1/ Il a un costume formidable avec un réacteur sur le dos, etc. C’est une armée à lui tout-seul 2/ Il inspire le respect car il tient tête à Darth Vader et il a capturé Han Solo

3/ C’est un anti-héros. Certains pensent que c’est un grand méchant, mais ce n’est pas le cas. Les enfants le trouvent cool.

C’est presque un personnage de western…

Oui et d’ailleurs, mon modèle pour ce rôle a été Clint Eastwood dans Pour une poignée de dollars. Il est toujours calme, roule sa cigarette (il le mime), l’allume très doucement, puis tire "Bang, Bang !" avant de repartir avec la même impassibilité. Boba Fett est un chasseur de primes, comme le personnage de Clint Eastwood. Il se tient droit, on ne sait pas vers qui ses yeux sont tournés mais il est constamment à l’affût. Il est comme un serpent, qui attend son heure pour vous mordre avant de s’enfuir.

Quelle est l’atmosphère sur le plateau d’un film de Star Wars ?

C’est tellement technique avec tous les effets spéciaux, que vous ne pouvez pas vous déplacer comme vous le voulez. La pression n’est pas la même que sur un film classique. Sur Le Retour du Jedi, pour les scènes du palais de Jabba, il y avait des centaines de techniciens, des acteurs avec des masques bizarres, des maquilleurs partout. Il faut alors vous relaxer et attendre tout en restant en alerte, car on peut venir vous chercher à tout moment pour faire la prochaine scène.

Comment vous êtes-vous retrouvé dans "Rien que pour vos yeux" et "Octopussy" ?

En fait, j’avais commencé sur L’espion qui m’aimait. Je jouais dans la toute première scène du film dans le sous-marin, quand tout commence à trembler. Sur Rien que pour vos yeux, on m’a demandé de faire l’assistant de "Q", Smithers, et ensuite sur "Octopussy". Le personnage aurait pu continuer ainsi mais mes scènes ne me prenaient qu’un jour ou deux. Et en tant qu’acteur, je ne pouvais me bloquer pour aussi peu de temps et rater des rôles plus importants. La production aurait pu dire "Attendons que Jeremy soit libre" mais cela ne s’est évidemment pas produit (sourire). J’ai cependant passé des moments très agréables.

Dans "Rien que pour vos yeux", vous expérimentez le gadget du faux bras dans le plâtre…

Oui. L’idée, c’était que Bond arrive dans le laboratoire de " Q " et me salue :

-Smithers !

-Commander Bond !

-Oh, formidable ! 

C’était juste un gag. Et Desmond Llewelyn (l’interprète de "Q") était merveilleux. "Prêtez-moi un peu d’attention, 007 !" Il avait le dialogue le plus difficile et Roger Moore, qui était toujours très drôle, lui disait parfois en pleine scène : " Je ne comprends rien à tout ce que vous dites, pourriez-vous recommencer ? " (rires)

Parfois même, Roger Moore donnait la veille du tournage à Desmond Llewelyn de faux dialogues extrêmement techniques…

Oui, oui, il faisait ça aussi. C’est vraiment un plaisantin. Mais il le fait avec une telle élégance, qu’il met chaque acteur à l’aise. Quand vous arrivez pour seulement un jour de tournage et deux ou trois répliques à dire et que l’équipe filme déjà depuis des semaines, vous avez peur de commettre un impair. Mais Roger vous rassure tout de suite et il n’y a aucune pression.

Le personnage de Smithers était déjà dans le scénario ?

Oui. Vous savez, Smithers, c’est un vieux nom anglais, que l’on imagine porté par un maître d’hôtel ou un fonctionnaire du MI-5. J’aurais aimé jouer Smithers plus longtemps et avoir un vrai échange avec "Q", du genre "Q, je crois que nous avons un problème, ne pourrions-nous pas…" Cela pourrait être sympa de contacter Eon pour leur demander si je pourrais être l’assistant de John Cleese. (Ndla : John Cleese a joué l’assistant de Q dans "Le monde ne suffit pas" (1999) puis Q dans "Meurs un autre jour" (2002). Le personnage est absent dans "Casino Royale" (2006) et "Quantum of Solace" (2008).)

Entretien réalisé par Philippe Lombard

[Propos recueillis par François Justamand et Philippe Lombard en 2002 pour "Archives 007", la revue du Club James Bond France.]

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