Marseille Contrat (1974)
Posté le 2008-11-03 19:20:16

Le succès de French Connection de William Friedkin en 1971 inspire de nombreux producteurs et réalisateurs. Des films comme Hit ! de Sidney J. Furie ou Le Témoin à abattre de Enzo Castellari surfent sur la vague du polar dur et réaliste centré sur la plaque tournante de l’héroïne : Marseille. En 1974, c’est une coproduction franco-britannique (Kettledrum Films et PECF) distribuée par la Warner qui décline une fois de plus le sujet. Sur un scénario de Judd Bernard, le cinéaste américain Robert Parrish (L’Enfer des tropiques, Casino Royale) tourne Marseille Contrat à Paris et Marseille.

Anthony Quinn joue Steve Ventura, du Bureau des Narcotiques de l’ambassade des Etats-Unis à Paris, dont le but est de faire tuer le caïd de la drogue à Marseille : Jacques Brizard (incarné par James Mason). Michael Caine est John Deray, une sorte de Brett Sinclair devenu tueur à gages. Le personnage et certains éléments du film font écho au Chacal de Fred Zinnemann, pour lequel Caine fut pressenti (avant que Edward Fox ne soit choisi) mais ses motivations sont tout autre. «J’ai pris le rôle car le tournage devait se dérouler dans l’incomparable chaleur du sud de la France et je voulais emmener ma famille (et surtout ma fille Natasha) loin d’Angleterre, où les mois d’hiver sont les pires de l’année».

Le reste du casting est constitué d’acteurs français comme Maurice Ronet, Georges Beller, Catherine Rouvel, Alexandra Stewart (canadienne francophone) et un rescapé de French Connection, Marcel Bozzuffi. Le franco-américain Pierre Salinger (ex-sénateur et porte-parole de la Maison Blanche) fait également une apparition.

Robert Parrish tourne de nombreuses séquences à Paris (boulevard de la chapelle, ambassade des Etats-Unis, Institut médico-légal, passerelle Debilly, avenue de Breteuil) et met en scène une poursuite particulièrement réussie dans la gare d’Orsay (où fut tourné aussi Le Procès de Orson Welles et qui est depuis devenue un musée). Il se rend ensuite à Marseille, Nice et Cannes.

Un des représentants de la société de production anglaise agace autant qu’il amuse Robert Parrish par son incompétence et son indifférence à ce qui est tourné. «Il s’intéressait de près à certains aspects de la production et beaucoup moins à d’autres. Par exemple, il ne semblait pas se soucier du scénario, de la photographie ou du jeu des acteurs ; en revanche, il prêtait une grande attention à certains détails, insistant sur le fait que le personnage de James Mason devait avoir les mêmes initiales que les siennes et qu’il soit toujours impeccablement vêtu avec des chemises monogrammées de chez Sulka et qu’il possède un ensemble lui aussi monogrammé de neuf valises de chez Louis Vuitton. Ainsi, quand le film fut terminé, il hérita d’une partie de la garde-robe et des accessoires de Mason à ses initiales…».

Un problème se pose au cascadeur Rémy Julienne : «Michael Caine ne veut absolument pas conduire. Chaque fois qu’il est censé tenir un volant dans ce film, je dois tracter sa voiture à l’aide d’un montage attelé que nous fabriquons». Et le personnage de Deray ne conduit pas seulement sa voiture : il échappe à la police au volant d’une estafette et descend des escaliers à moto ! Il est alors amusant de repérer dans le film ses doublures et les gros plans où il est censé conduire lui-même.

Pour la scène de «duel automobile» entre l’Alfa Romeo Montreal de Michael Caine et la Porsche 911 de Maureen Kerwin, Julienne utilise un tourniquet pour tourner les gros plans de la jeune femme lors de son tête-à-queue. «Nous plaçons la voiture sur le tourniquet et dirigeons sur elle un jet d’air comprimé, tandis que les machinistes agitent des branchages devant les projecteurs pour restituer l’éclairage mouvant d’un tête-à-queue». Il semble évident que le cascadeur a repris toute la scène (effet du tourniquet compris) pour celle de GoldenEyePierce Brosnan et Famke Janssen s’affrontent sur la route.

Intitulé un temps What are friends for ? (une des répliques du film, À quoi servent les amis ?), le film devient The Marseille Contract en Grande-Bretagne et The Destructors aux Etats-Unis.

Philippe Lombard

[Sources : «Silence… on casse !» de Rémy Julienne (Flammarion, 1978), «Hollywood doesn’t live here anymore» de Robert Parrish (Little, Brown & Company, 1988), «What’s it all about ?» de Michael Caine (Arrow, 1992)]

Titre Original :
MARSEILLE CONTRACT, THE

Titre français :
MARSEILLE CONTRAT
Titre anglais :
DESTRUCTORS, THE

Année : 1974

Nationalité : Angleterre / France

Réalisé par :
Robert Parrish

Ecrit par :
Judd Bernard

Musique de :
Roy Budd

Interprété par :
Michael Caine, Anthony Quinn, James Mason, Maurice Ronet, Alexandra Stewart, Maureen Kerwin, Catherine Rouvel, Marcel Bozzuffi, Patrick Floersheim, André Oumansky, Georges Beller, Jean-Louis Fortuit, Georges Lycan, Pierre Salinger & Vernon Dobtcheff


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