Deux Super Flics (1977)
Posté le 2008-03-18 10:01:14

«Deux Super Flics» est le dixième film interprété par le duo Terence Hill-Bud Spencer. La recette est désormais rôdée : le petit blond sort le gros barbu de sa torpeur pour l’embarquer dans une aventure rocambolesque et très morale, qui se termine par une bagarre homérique. Du vrai spectacle familial. Ce film marque les retrouvailles du duo avec Enzo Barboni (dit E.B. Clucher). Aux yeux de Bud Spencer lui-même, il est le réalisateur «le plus important car il a découvert le couple. Terence Hill et moi avions déjà tourné trois westerns, mais nous ne formions pas encore un véritable duo. Clucher l’a formé grâce aux Trinita».

Depuis quatre ans, Barboni a tenté de surfer sur la vague du succès qu’il avait engendré en formant le duo Giuliano Gemma-Bud Spencer dans «Les anges mangent aussi des fayots», puis Gemma-Ricky Bruch dans «Même les anges tirent à droite», mais avec beaucoup moins de bonheur. Avec «Deux Super Flics», il revient aux sources, en quelque sorte, et réalise l’un des meilleurs films de Hill et Spencer.

«On retrouve par moments l’inspiration de la série B des années cinquante», écrit Dominique Rabourdin dans la revue «Cinéma». «Même décontraction, même efficacité. Les gags et les surprises s’enchaînent, et Terence Hill et Bud Spencer ont un impact certain». Avec un point de départ qui rappelle «Charlot Policeman» de Chaplin (1917), le film ne souffre d’aucune baisse de rythme et débute ce que l’on pourrait appeler l’âge d’or des deux compères, qui se prolongera ensuite avec «Pair et Impair» et «Cul et Chemise».

«Deux Super Flics» est le premier film italien à être réalisé en Floride. Par la suite, Terence Hill et Bud Spencer y reviendront fréquemment tourner des films ou des séries télévisées. Au Miami Orange Bowl, Barboni met en scène une joyeuse parodie de football américain dans laquelle les têtes des méchants font office de ballons. La grande bagarre finale dans le bowling, quant à elle, n’a pas été tournée à Miami mais à Milan. En effet, après de longues recherches aux Etats-Unis et en Europe, la production est parvenue à trouver l’établissement idéal, qui soit suffisamment spacieux pour pouvoir y effectuer des mouvements de caméras. Pendant une semaine (en octobre 1976), Enzo Barboni filme les cascades réglées par Giorgio Ubaldi et Riccardo Pizzuti, alors qu’à l’extérieur, se regroupent des centaines de fans !

Durant le tournage, la réalisation de certains gags rencontre quelques petits problèmes techniques. Ainsi, les fausses quilles en polystyrène que Terence Hill lance sur ses adversaires sont trop légères pour rendre la scène crédible. Il faut donc les lester avec de petits morceaux de métal. Le plan où Bud Spencer lance un des hommes comme une boule de bowling nécessite également un réajustement, car le réalisateur n’est pas satisfait du résultat. Le propriétaire du bowling conseille de huiler la rampe et d’accrocher le cascadeur à un fil invisible. La séquence demande beaucoup de préparation mais est mise en boîte en une seule prise. Terence Hill se blesse sans gravité à la tête en sautant sur le comptoir mais est tout de même envoyé à l’hôpital.

Il est étonnant de trouver ici Laura Gemser (qui interprète la jeune Chinoise). Après un rôle de masseuse dans «Emmanuelle 2», cet ancien mannequin d’origine indonésienne a marché sur les traces de Sylvia Kristel en étant la vedette d’une série «parallèle» (et forcément italienne), qui compte des titres comme «Black Emmanuelle», «Emmanuelle et les Filles de Madame Claude» ou «Les Secrets Erotiques d’Emmanuelle». Grand second rôle du cinéma italien, Luciano Catenacci s’était fait tabasser par Bud Spencer dans «Amigo !... mon Colt a deux mots à te dire» et avait joué les pirates dans «Le Corsaire Noir». On le retrouvera dans «Pair et Impair». Emilio Delle Piane, le majordome, était le méchant Mr Parker dans «On continue à l’appeler Trinita».

A noter enfin une discrète auto-référence d’Enzo Barboni, puisque l’on entend au snack-bar, où Hill et Spencer discutent avec des motards de la police, la chanson «Angels and Beans» composée par Guido et Maurizio de Angelis pour «Les anges mangent aussi des fayots».

Philippe Lombard

[Sources : «Starfix» n°22, «Cinéma 78» n°229, www.terencehill.com]

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