Banco à Bangkok pour OSS 117 (1964)
Posté le 2008-03-21 06:21:59

Pour la deuxième aventure de OSS 117, les producteurs revoient le budget à la hausse : pellicule couleur, tournage en extérieurs (en Thaïlande), décors imposants (construits par René Moulaert aux studios de Boulogne), vedettes (Robert Hossein, Dominique Wilms). C’est finalement dans «Banco à Bangkok pour OSS 117» qu’Hubert Bonisseur de la Bath se déchaîne ! Inspiré de «Lila de Calcutta», le film lance l’agent de la CIA sur les traces d’une mystérieuse organisation, dirigée par le Dr Sinn («Le rôle était génial !», se souvient Robert Hossein), spécialiste des maladies psychiatriques et «chouchou» de la jet set de Bangkok. Celui-ci se prépare à répandre le virus de la peste à travers le monde.

Son discours apocalyptique devant ses fidèles est mémorable : «L’heure est venue où, pour la dignité de l’Homme, des millions d’hommes doivent périr. Des nations peu évoluées, aux philosophies primaires, risquent à tout moment par leurs criminelles expériences atomiques de provoquer la désagrégation de notre planète. Notre devoir est de les détruire, pour que demeure seule la spiritualité d’une civilisation millénaire. Alors, et alors seulement, nous aurons atteint notre but. La victoire de ceux qui ont le courage de cesser d’être humain pour que triomphe la cause de la race élue».

Il semble évident que les auteurs avaient en tête «James Bond contre Dr No» en écrivant l’histoire. L’enchaînement des premières scènes rappelle en effet beaucoup le film de Terence Young : l’élimination d’un agent, la présence d’un photographe à l’aéroport, la secrétaire qui écoute aux portes, l’homme de main qui choisit de se tuer pour ne pas parler… Parmi les scénaristes de «Banco à Bangkok pour OSS 117» se trouve Richard Caron, auteur de nombreux romans d’espionnage (parus notamment aux Presses de la Cité dans la collection «Jean Bruce») et créateur du héros TTX 75.

Il est agréable de retrouver Dominique Wilms, qui avait «vampé» Lemmy Caution dans «La Môme Vert-de-gris» de Bernard Borderie, dix ans auparavant. Robert Hossein, qui tourne la même année «Angélique, Marquise des Anges», reviendra dans «Pas de roses pour OSS 117» en 1968. Quant à Henri Virlojeux, qui joue ici le contact d’Hubert à Bangkok, il prêtera sa voix à Colin Drake dans «Atout Cœur à Tokyo pour OSS 117».

Philippe Lombard

[Texte écrit à l’origine, et remanié depuis dans cette version, pour un livre sur OSS 117 devant paraître chez DLM en 1996 et finalement inséré dans le coffret DVD édité par Gaumont en 2005.]

[Sources : Témoignage de Jean-Pierre Desagnat, «Archives 007» n°3, «Télérama» n°969, «Robert Hossein, le Diable Boiteux» de Henry-Jean Servat (éd. du Rocher, 1991), «A l’Ombre des Stars» d’Yvan Chiffre (Denoël, 1992), «When the Snow Melts» de Cubby Broccoli et Donald Zec (Boxtree, Londres, 1998), «Tiroirs Secrets» de Mylène Demongeot (Le Pré aux Clercs, 2001), livret du CD «Fantômas» (Universal, 2001)]


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