Don Camillo (1983)
Posté le 2010-04-21 00:20:28

En 1982, après une succession de films avec Bud Spencer, Terence Hill cherche un sujet de comédie avec un peu de profondeur. Son épouse, Lori Hill (rencontrée sur le tournage de Dieu pardonne, moi pas où elle lui servait de coach pour le dialogue anglais) tombe sur la série de romans de Don Camillo écrits par Giovanni Guareschi et déjà immortalisés à l’écran par Fernandel. Il les lit à son tour et y voit matière à un film intéressant. "Ces livres ont d’abord le mérite rare de parler de l’Italie correctement – de façon optimiste et non cynique. (…) J’ai simplement essayé de faire mon Don Camillo honnêtement, aussi bien que possible, en restant fidèle aux livres. J’ai simplement atténué l’importance des querelles politiques, et j’ai gardé de préférence les épisodes qui pourraient mieux toucher un public contemporain. L’opposition entre l’Eglise et le Parti Communiste existe toujours aujourd’hui, mais elle n’a plus la violence qu’elle pouvait avoir dans les années cinquante. Les oppositions, c’est dans le football ou dans le loto qu’on continue à les trouver dans la période présente."

Mais malgré son statut, Terence Hill peine à trouver des financements. Personne ne croit au potentiel commercial d’un Don Camillo contemporain, alors que tout le monde se battrait pour produire un nouveau "Hill-Spencer". Et justement, l’acteur, même s’il y a songé, ne veut pas engager son ami pour jouer le rôle de Peppone. "Le public se serait attendu à un film semblable aux précédents, et comme ce n’était pas le cas, il aurait été déçu."

Il doit alors se transformer en producteur et crée la compagnie Paloma Films. Il devient également réalisateur, un pas qu’il se décide à franchir, dix ans après une proposition de Sergio Leone ("J’avais beaucoup trop peur pour accepter"). Don Camillo sera dédié à Giuseppe Colizzi, qui l’a dirigé dans quatre films, dont Dieu pardonne, moi pas, qui marqua sa rencontre avec Bud Spencer.

Seul maître à bord, il est donc libre de choisir ses partenaires et s’oriente vers un casting anglo-saxon afin de donner une dimension internationale au film. Après huit mois de recherches, il donne le rôle de Peppone, le maire communiste, à l’irlandais Colin Blakely (La Vie privée de Sherlock Holmes, Les Chiens de guerre…) et engage Mimsy Farmer (Quatre mouches de velours gris, Deux Hommes dans la ville…) et Cyril Cusak (Fahrenheit 451).

Un rôle est également très important : la voix de Jésus. "Le dialogue de l’homme avec Dieu est une chose passionnante. À travers les personnages imaginés par Guareschi , ce sont deux conceptions morales qui s’affrontent. Don Camillo veut faire le bien à la manière humaine ; c’est un pragmatique, face à Dieu qui cherche à élever le débat de façon plus métaphysique. Camillo veut l’efficacité. D’une certaine façon, il tente d’être plus fort que Dieu." Il attribue le "personnage" à Allan Arbus, dont on se souvient de la prestation en ignoble caïd dans Coffy la panthère noire de Harlem face à Pam Grier!

Terence Hill, de son vrai nom Mario Girotti, est donc le seul acteur italien parmi les rôles principaux et le deuxième à incarner Don Camillo, après Gastone Moschine dans Don Camillo et les contestataires (réalisé en 1972 par Mario Camerini après les graves problèmes de santé de Fernandel).

Le décorateur Mario Garbuglia découvre le village de Pomponesco, près de Mantoue sur le Pô (les films avec Fernandel avaient été réalisés à Brescello) et le tournage s’y déroule à partir d’avril 1983. L’intérieur de l’église est en revanche complètement reconstitué en studio, à Cinecittà. C’est là que Terence Hill tourne les scènes en roller, une idée qui n’est bien sûr pas dans les romans originaux. Ne sachant pas patiner, il prend des cours pendant un mois auprès de Lorenza Residori, entraîneuse de l’équipe de Pomponesco. Sur le plateau, il casse un banc en arrivant trop fort dessus, puis tombe sur la tête, tandis que la jeune patineuse se foule la cheville. Pour les scènes d’affrontement au football (aussi féroces que les matches de hockey de La Castagne de George Roy Hill), Terence Hill fait appel à un "coach", l’ex-footballeur professionnel Roberto Boninsegna (attaquant de l’Inter Milan puis de la Juventus)

En 1994, Hill se rendra à Marseille à une première de Petit Papa Baston à laquelle assiste Franck Fernandel, venu accompagner son fils Vincent. "Lorsqu’on a dit à Terence Hill que le fils de Fernandel était présent, raconte ce dernier, il se jeta sur mon père, un grand sourire aux lèvres, et murmura timidement : "Franco, Scusate mi !" (Franck, excusez-moi)"…

Philippe Lombard

[Sources : "Starfix" n°13, "Le Matin" du 11 février 1984, www.terencehill.com, "Fernandel mon grand-père" de Vincent Fernandel (Taillandier, 2003)]

Titre Original :
DON CAMILLO

Année : 1983

Nationalité : Italie

Réalisé par :
Terence Hill

Ecrit par :
Lori Hill & Giovanni Guareschi

Musique de :
Pino Donaggio

Interprété par :
Terence Hill, Colin Blakely, Mimsy Farmer, Cyril Cusack, Andy Luotto, Lew Ayres, Sam Whipple, Joseph Ragno, Jennifer Hingel & Franco Diogene


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