La lumière d'Orion - 2007 - Valerio Evangelisti

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Manolito
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La lumière d'Orion - 2007 - Valerio Evangelisti

Message par Manolito » dim. avr. 17, 2016 10:57 am

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En 1366, l'inquisiteur dominicain Nicolas Eymerich, en délicatesse avec sa hiérarchie, rejoint en cachette une croisade partant de Venise pour Constantinople, capitale de l'empire chrétien d'Orient menacée par l'armée turque. Eymerich comprend vite que le péril mahométan n'est qu'un prétexte, la ville étant en fait harcelée par des démons d'origine bien plus obscure.

Neuvième et avant-dernière aventure de l'inquisiteur Eymerich rédigée par Valerio Evangelisti (dans leur ordre de rédaction, qui n'est pas l'ordre chronologique des aventures vécues par le dominicain), elle confronte cet anti-héros aux mystères de Byzance, comme il enquête au sein d'un empire d'orient ruiné et déliquescent.

Une des caractéristiques des aventures d'Eymerich est de se dérouler en parallèle à des récits ayant lieu de nos jours et dans un futur uchronique, où s'affrontent les états capitalistes américano-européens et les forces néofascistes de la RACHE, née de la chute des états communistes, désormais alliées aux jihadistes du moyen orient. Ces petites histoires parallèles tendaient à devenir sérieusement envahissantes dans les Eymerich des années 90, rendant difficile le suivi des enquêtes de l'inquisiteur sans cesse interrompues par des petits chapitres intercalaires. Heureusement, dans les ouvrages des années 2000, ces histoires prennent moins de place et la priorité est laissé aux aventures historiques d'Eymerich, qui sont quand même le plus réussi de ces romans.

Cet investigateur du surnaturel, anti-héros bigot, phobique, intolérant, ruminant à longueur de pages sa haine des femmes, des faibles et des hérétiques, avait dans les précédents ouvrages exploré les terres musulmanes d'Andalousie ("Picatrix") ou baigné dans les légendes juives des ghettos espagnols ("Le château d'Eymerich", peut-être mon préféré du cycle). Ici, il fraie avec les mystères de la chrétienté orthodoxe, au sein d'une capitale décadente, assiégée par d'étranges géants. Nous avons un récit ésotérique, basé sur des théories scientifico-paranormales, où cette fois le fantastique est présent de manière concrète et monstrueuse (contrairement à certaines de ses autres aventures où il se manifeste par le biais de suggestion collective, comme l'emploi de drogues ou de péri-télépathie).

Comme "Le château d'Eymerich", nous avons un des meilleurs romans de la série, plein de détails et de surprises, mélange d'horreur, d'ésotérisme, de science-fiction et de roman historique unique. Certes, nous n'échappons pas à l'aspect un peu fumeux et confus de certains écrits d'Evangelisti, mais nous sommes quand même dans le haut du panier de la production de ce romancier italien à très forte personnalité.

Paru en France chez la Volte en 2014.

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