A mon tour...
D'abord compte-rendu du séjour hors films.
Si certains d'entre vous faisaient partie du jury jeunes qu'ils me fassent signe et n'oublient pas de me donner leur adresse ainsi que celles de tous les membres de leur famille. J'ai un pote qui manie bien la tronçonneuse, il me fera un prix de groupe...

Bon résumons : j'ai une putain de poisse. Non mais c'est dingue ; il doit y avoir des dizaines d'hôtels à Gerardmer et dans les environs et il a fallu que je réserve une piaule dans le même qui hébergeait le "jury jeunes"...

C'est injuste d'avoir autant la pêche quant on est ados, et d'être aussi mou une fois vieux, ouais, injuste. Pour ma femme et moi ça a été l'enfer. Pas moyen de pioncer, jamais vu un tel bordel dans les piaules voisines. Cavalcades débridées toute la nuit, chants paillards et vagissements post pubères incessants au menu. Merci le jury jeunes ! Mon seul soulagement aura été de voir vos tronches de déterrés le dimanche matin, lorsque vous descendiez les escaliers, livides, les mains pleines de bouteilles de smirnofff vides.
Pas cool puisque j'avais plus de 300 bornes à faire pour rentrer ce jour là et je ne compte pas le nombre de scéances où j'ai failli m'endormir.
Ma journée au ski : voilà, je suis vosgien de souche, et j'aime le ski de fond. Ma femme, elle, en bonne parisienne, n'apprécie que le ski alpin. J'ai voulu lui faire plaisir. Je me suis fait mal. Faut dire que j'en avais jamais fait. 10 minutes après avoir réussi à enfiler ces putains d'énormes bottes dures comme de la pierre qui pèsent 1 tonne, me suis cassé la gueule, me défonçant le genoux gauche et le coude droit (j'en souffre encore). Sans compter le môme que j'ai manqué de décapiter.
La bouffe : à Paris c'est sushi, couscous et nems à volonté. Lorsque je viens dans les vosges il est temps de faire une cure de vraie bouffe. Direction le Grizzly pour un traitement à base de brochettes flambées au sky et de tartiflettes. Lardons, crème, mirabelle, patates chaudes, fromage et charcuterie de pays : de quoi me faire oublier le bazaar du jury jeunes !!
Les films : je n'en ai vu aucun de primé. En fait j'ai vu tous les films en compétition sauf ceux là.
J'ai adoré "la peau blanche", malgré 5 minutes de trouble devant ce film en québécois sous titré anglais.
Ma préférence va à "Bubba ho Tep", qui n'était pas en compétition. Revoir Bruce campbell dansle rôle d'elvis décrépi c'était bonnard. Je suis content qu'une sortie en salles soit prévue, enfin.
Me suis fait chier grave devant "Trauma" même si je reconnais une certaine habileté du éralisateur à nous plonger dans un climat de folie glauque. Idem pour "Hypnos".
"Bunshinsaba" : le cinéma fantastique asiatique va devoir songer à se renouveler si vous voulez mon avis. Et c'est un peu facile de créer l'épouvante en collant un grand coup de vilon aigu sur n'importe quelle image. Montrez une paire de chaussons accompagnée d'un son bien aggressif et strident et vous verrez tout le monde sursauter dans la salle et prendre ça pour du vrai flippe. Le réalisateur use et abuse de ce truc naze, ce qui en dit long sur sa façon d'aborder le fantastique. Malgré de nombreuses longueurs le film se rattrape avec un assez bon scénario et quelques plans bien fichus...
Pour la bonne bouche : "Decoys" (Soeurs de Glace). Dans la lignée des college-horror genre "Faculty", le film sera pris au premier degré par les ados qui passeront sans nul doute un bon moment. Les grands, eux, sourient devant le décor planté et les personnages pleins de tics maintes fois revus. Tout y est : musique rock alterno US, jeunes mecs baraqués faisant partie de l'épquipe de hockey, jeunes filles plantureuses, scènes de Q raccoleuses... La bonne vieille recette du genre, quoi ! Devant cette avalanche de clichés on se demande toutefois si le parti-pris n'est pas celui du pastiche volontairement caricatural ; si c'est le cas ça aurait mérité d'être plus clair. Cela dit certaines scènes sont excellentes et l'intrigue, si elle utilise des synopsis maintes fois usés, garde un soupçon d'originalité. On se console à la fin avec le clin d'oeil à "Alien", lorsque le héros, muni d'un lance-flamme, part dans les couloirs de l'internat chasser une créature qui rappele étrangement celle de Giger...
Roger Corman à Gerardmer : respect. A cette occasion une rétrospective était proposée, j'ai vu avec plaisir "The Raven", regrettant toutefois que des films plus récents de ce réalisateur ne soient pas projetés. Ces derniers sont nettement plus dérangeants avec ce mélange de cul et de gore permanent.