LIVRE INFOS

 

 Titre

 JOHN McTIERNAN, LE MAITRE DU CINEMA D'ACTION

 Auteur

 Claude Monnier

 Editeur

 Bazaar&Co

 Format

 16 x 24 cm

 Pages

 170

 Illustrations

 Couleurs

 Prix

 20 Euros

 Parution

  Avr. 2010


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 JOHN McTIERNAN, LE MAITRE DU CINEMA D'AC…
Avec onze longs métrages à ce jour, John McTiernan n’est pas le plus productif des réalisateurs. En revanche, il est sans aucun doute l’un des plus intéressants de sa génération, marquant ses œuvres d’un sceau inimitable et, bien que souvent plagié, jamais égalé. L’empreinte laissée par PREDATOR ou PIEGE DE CRISTAL sur le cinéma de divertissement ne saurait aujourd’hui être niée et il était sans doute temps, après tant d’années, que quelqu’un se décide à décortiquer la filmographie du bonhomme dans un ouvrage francophone.

C’est le pari que s’est lancé Claude Monnier, auteur du bouquin intitulé «JOHN McTIERNAN, LE MAÎTRE DU CINÉMA D'ACTION» paru il y a quelques mois chez Bazaar&Co. Le livre reprend le gabarit d’autres titres de l’éditeur tels que BLAXPLOITATION ou VIGILANTE, c'est-à-dire un format 16 x 24 centimètres agréable, pour environ cent soixante pages. La reliure carrée est assurée par le biais d’une couverture souple plutôt sobre, et le papier est de qualité…

Dès son introduction, Claude Monnier se montre clair et annonce la couleur d’un livre qui n’a pas vocation à être une biographie, mais plutôt à proposer une analyse séquentielle de chacun des films de McTiernan. Si vous comptiez en apprendre davantage sur l’existence du réalisateur, trouver une interview ou quelques anecdotes croustillantes, passer donc votre chemin. Après une première partie survolant rapidement la filmographie de McTiernan dans sa globalité, le livre sera sans surprise chapitré par métrage, de NOMADS (1986) à BASIC (2003). L’analyse du premier film, sans doute le plus tortueux et méconnu de son auteur, n’est guère enthousiasmante. L’auteur décrit le métrage plus qu’il ne le décortique, n’apporte finalement que peu de «billes» au lecteur et semble esquiver volontairement la complexité du métrage. Le constat sera peu ou prou le même en ce qui concerne le chapitre suivant, bien évidemment dédié au monument viril qu’est PREDATOR. Claude Monnier semble toutefois plus à l’aise et commence à distiller les «pistes» autour desquelles s’articulera sa réflexion.

Passé ce démarrage que nous qualifierons de «poussif», l’auteur semble trouver ses marques et se livre à des remarques dont la pertinence ira crescendo. L’homme s’attarde sur le cadrage, la force de l’imagerie et parvient à faire émerger quelques unes des thématiques chères à McTiernan. La lecture est d’autant plus agréable que le style de Monnier est alors parfaitement fluide et ses mots choisis avec un certain soin. Nous n’en attendions cependant pas moins de ce professeur de français qui nous livre un ouvrage par ailleurs dénué de fautes d’orthographe (défaut constaté sur d’autres livres de la collection)… La lecture de JOHN McTIERNAN, LE MAÎTRE DU CINÉMA D'ACTION se fait donc sans heurt et c’est avec grand plaisir que nous redécouvrons les véritables perles que sont A LA POURSUITE D’OCTOBRE ROUGE, MEDICINE MAN ou encore LAST ACTION HERO.

Dans les chapitres suivants, l’auteur poursuit avec enthousiasme son travail analytique et son découpage allant parfois jusqu’au plan à plan. Le chapitre dédié au magnifique L’AFFAIRE THOMAS CROWN est l’un des meilleurs du bouquin mais il est aussi source d’une certaine frustration. Centré qu’il est sur la version de McTiernan, Claude Monnier en oublie qu’il aurait pu parler plus longuement du film original, et par là même faire ressortir davantage la personnalité bien particulière de la version de 1999. Il en sera de même sur ROLLERBALL qui nous confronte pour sa part à une autre petite déception : Pourquoi n’avoir pas creusé la genèse tumultueuse de ce métrage ? Même constat pour le TREIZIEME GUERRIER, œuvre charcutée et aujourd’hui bancale… Certes, l’auteur maintient la barre dans la direction qu’il s’est fixé, mais il n’en provoque pas moins un sentiment de manque chez le lecteur. Un manque qui ne sera que partiellement comblé par la petite bibliographie proposée en fin de pavé…

Notons pour finir que la lecture sera rendue rapide (trois ou quatre heures tout au plus) par l’abondance de photogrammes commentés étayant le propos. Ceux-ci souffrent malheureusement d’un gros défaut lié à une impression numérique de mauvaise qualité, altérant largement la colorimétrie, et donc l’impact des scènes exposées…

Pour peu que l’on accepte le postulat purement (et simplement) analytique que propose Claude Monnier, JOHN McTIERNAN, LE MAÎTRE DU CINÉMA D'ACTION pourra être perçu comme un ouvrage agréable, nous donnant l’envie de nous replonger (encore une fois) au cœur des œuvres de McTiernan. Il reste cependant évident que nous ne tenons pas là le bouquin «ultime» tant espéré et que l’envers du décors reste donc à explorer…

Xavier Desbarats

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