LIVRE INFOS

 

 Titre

 RIDLEY SCOTT, LE CINEMA AU COEUR DES TENEBRES

 Auteur

 Claude Monnier

 Editeur

 L'Harmattan

 Format

  24 x 15,5 cm

 Pages

 250

 Illustrations

 Aucune

 Prix

 26 Euros

 Parution

  Fev. 2014


 AUTRES CHRONIQUES LIVRE

 RIDLEY SCOTT, LE CINEMA AU COEUR DES TEN…

Alors que son travail est régulièrement salué par la critique, et particulièrement en Europe, Ridley Scott n’a pas fait l’objet d’une foule d’ouvrages francophones que ce soit à propos de sa carrière ou de ses aspirations en tant qu’artiste. Pourtant, début 2014 et à seulement un mois d’écart, nos linéaires s’alourdissent d’un bouquin nommé RIDLEY SCOTT ET LE CINEMA RETROFUTURISTE, puis d’un autre intitulé RIDLEY SCOTT, LE CINEMA AU CŒUR DES TENEBRES. Soyons tout à fait honnêtes et avouons que nous sommes passés à côté du premier, et que c’est donc au second qu’est dédiée cette chronique.

RIDLEY SCOTT, LE CINEMA AU CŒUR DES TENEBRES est un ouvrage de 250 pages au format 24 x 15,5 centimètres plutôt agréable. La qualité d’impression est bonne et le papier très correct. La couverture souple se pare d’une splendide photographie de Roy Batty (Rutger Hauer), figure christique sacrifiée en fin de BLADE RUNNER. Précisons enfin que le livre est dénué de coquilles ou fautes d’orthographe, ce qui n’a rien de surprenant pour une parution des Editions l’Harmattan, gages d’une qualité éditoriale aussi appréciable qu’indiscutable…

Dès l’ouverture du bouquin, nous reconnaissons sans peine le style de son auteur, Claude Monnier, dont nous avions déjà parlé dans nos colonnes à l’occasion de la sortie de son JOHN MCTIERNAN, LE MAÎTRE DU CINEMA D’ACTION. L’ensemble est très bien écrit sans être jamais pompeux, offrant une lecture agréable et parfaitement fluide. L’introduction se montre à ce titre parfaitement claire quant aux ambitions de l’auteur : nous avons entre les mains le fruit d’une analyse assez minutieuse de la filmographie de Sir Ridley Scott, dont le but est de faire rejaillir des obsessions et ambitions, une imagerie aussi bien qu’une sensibilité, et un tempérament cinématographique sur plusieurs décennies de carrière... Le lecteur comprendra donc rapidement que s’il cherche une accumulation d’anecdotes quant aux tournages, ou artistes ayant gravité autour de Scott, il s’est sans doute trompé d’ouvrage. Du moins dans une certaine mesure car au fil de son analyse, Claude Monnier distille tout de même quantité de détails, de références et d’allusions à des travaux moins connus du réalisateur. Nous noterons également que l’ouvrage nous ramène en de nombreuses occasions à différents textes parus dans la presse, dont la plupart s’avèrent des compléments de lectures très pertinents.

Passée la lecture de l’agréable avant-propos d’une quinzaine de pages, nous attaquons une section deux fois plus volumineuse sobrement intitulée «Univers de Scott». Elle-même subdivisée par thématiques, cette copieuse partie évoque comme nous l’avons dit les différentes facettes du travail de Scott, avec notamment sa vision du futur, son regard sur le passé, son propos social et politique mais aussi et surtout la forte influence judéo-chrétienne qui tapisse son œuvre. Le propos est pertinent et argumenté, enrichi de quelques références et du ciblage précis de films et séquences. Dans JOHN MCTIERNAN, LE MAÎTRE DU CINEMA D’ACTION, Claude Monnier secondait son propos d’une importante iconographie qui, en plus d’être de mauvaise qualité, ne s’avérait pas nécessaire. Au contraire, elle donnait même une impression de «remplissage» assez désagréable. Point de cela ici et force est de constater que le propos de l’auteur se suffit amplement à lui-même. Le lecteur, pour peu qu’il connaisse les films, remettra immédiatement les dires dans leur contexte et assurera de lui-même le lien entre la description et le souvenir.

La section suivante, intitulée «Esthétique du cinéaste» est construite de la même manière, et aborde «L’art pictural», «les « Formes» et les «Motifs récurrents» dans l’œuvre de Scott. De part sa formation, l’esthétique prend une place très importante au sein de son travail et l’on aurait sans doute apprécié qu’il occupe davantage que les vingt-cinq pages de lecture proposées. Peut-être en allant chercher davantage parmi la masse foisonnante de spots publicitaires réalisés par le Maître ? En outre et si le propos s’avère très intéressant, on reprochera tout de même à cette section, ainsi qu’à la précédente, une organisation un peu «brouillonne». Le sentiment à la lecture est d’enchainer plusieurs mini-articles thématiques, sans fluidité ou véritable liant entre eux. Reste que ce n’est là qu’une critique mineure qui n’affecte en rien la qualité de l’analyse…

Le gros du pavé est, nous nous en doutions, accordé aux longs métrages de Scott qui sont abordés un par un dans une section de cent quarante pages intitulée «Au cœur des ténèbres». L’auteur nous fait partager sa vision analytique des films, ainsi que son inévitable enthousiasme face à certaines œuvres. On pourrait pointer du doigt cet attachement peu raisonnable pour certains films (KINGDOM OF HEAVEN ?) mais en réalité, ces élans positifs sont plutôt plaisants et invitent au re-visionnage ! On pourrait également regretter le faible nombre de pages consacrées à des chefs-d’œuvre comme ALIEN ou BLADE RUNNER. Mais pour le coup, RIDLEY SCOTT, LE CINEMA AU CŒUR DES TENEBRES va dans le bon sens en accordant autant d’importance aux métrages majeurs qu’à d’autres, plus anecdotiques. Car tous sont nourris de la passion et des obsessions de leur réalisateur, et tous offrent en définitive un étonnant potentiel de réflexion et de mise en parallèle. Même BLACK RAIN ! Et oui !

Sans que l’on ne voit le temps passer et les pages défiler, Claude Monnier nous porte en bout d’ouvrage, jusqu’à une filmographie sobre, et surtout une passionnante bibliographie. Nous y trouverons des revues, livres ou articles dédiés à Scott, mais également des ouvrages ou écrits focalisés plus précisément sur certains films. De quoi prolonger d’une belle manière une lecture globalement enrichissante, fluide et agréable. RIDLEY SCOTT, LE CINEMA AU CŒUR DES TENEBRES se montre donc recommandable à plus d’un titre, et ce malgré une construction un peu déroutante dans son premier tiers.

Xavier Desbarats

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